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Le Maroc au centre de la campagne présidentielle algérienne

02.12.2019 - 21:52
Il semble que le Maroc demeure un thème récurrent dans les débats internes en Algérie. En effet, plusieurs candidats à l’élection présidentielle qui aura lieu le 12 décembre prochain n’ont cessé d’évoquer les relations de leur pays avec le Royaume.
Selon Moussaoui Ajlaoui, chercheur à AMES-Center, il y a deux tendances diamétralement opposées.
La première souhaite un changement au niveau des relations bilatérales et l’ouverture des frontières entre les deux pays qui ne sont, en fait, fermées que du côté algérien. Cette tendance rejoint la position du Maroc qui ne cesse d’appeler à ouvrir une nouvelle page dans les relations avec ses voisins de l’Est.
Y figure le président du parti Talaie El Houriyet et candidat aux prochaines élections, Ali Benflis, qui prône l’amélioration des relations avec Rabat. Lors d’une interview accordée récemment au magazine «Jeune Afrique », il a, en effet, déclaré : « La politique étrangère que je souhaite est fondée sur le principe de « zéro problème avec les voisins». Je suis disposé à un assainissement et à une normalisation des relations algéro-marocaines, dans le respect mutuel, et avec le souci de satisfaire les intérêts réciproques de chaque pays ».
La deuxième tendance est défendue par la « bande » (la bande, c’est le terme que Gaid Saleh lui-même utilise, selon Moussaoui Ajlaoui) qui a gouverné l’Algérie durant ces dernières années. S’y range le candidat et ancien premier ministre sous Abdelaziz Bouteflika, Abdelmadjid Tebboune. Lequel ne s’oppose pas frontalement à la réouverture des frontières, mais il la conditionne à la présentation par  Rabat d’excuses au peuple algérien. «La réouverture de la frontière avec le Maroc est tout à fait possible, un jour ou l’autre, à condition que les autorités marocaines, pas le peuple, présentent leurs excuses au peuple algérien», a-t-il souligné récemment lors de son passage au Forum d’El Hiwar à Alger.
« En tout état de cause, le Maroc reste encore une carte qu’on utilise, positivement ou négativement, dans les luttes internes des hautes sphères de l’Etat algérien », a noté Moussaoui Ajlaoui dans une déclaration à Libé.
Dans l’attente du 12 décembre, les militaires aux commandes dont la volonté de faire taire les millions de manifestants qui investissent l’espace public tous les mardis et vendredis à travers le pays est inébranlable font accroire par médias inféodés interposés qu’il existe derrière le flux humain ininterrompu qui bat le pavé un «autre peuple» qui défend librement l’option des actuels tenants du pouvoir.
Ils font surtout accroire qu’il pourrait y avoir  danger en la demeure s’ils sont remerciés vu que l’Algérie continue à être encerclée par des pays malveillants qui ne la portent pas dans leur cœur.
Ils ne cessent de mettre à l’index le Maroc dont la contribution à la libération même de l’Algérie est attestée tant par les faits d’armes, que par les sacrifices et les liens de sang, de langue et de religion.
Depuis feu Boumediene, jusqu’à Bouteflika, tout a été fait pour faire oublier au peuple algérien le rôle que l’Oriental et la résistance marocaine ont joué dans cette libération que la junte militaire a confisquée. Et pas seulement, puisqu’elle a également confisqué le rêve unioniste que les peuples algérien et marocain ont embrassé dans le feu de leur lutte pour l’indépendance et durant l’historique conférence de Tanger puis lors du Sommet constitutif de l’UMA à Marrakech.
A tout cela, les tenants du pouvoir en Algérie font barrage, voire pis. Ils en font le liant qui cimente une théorie du complot qui n’a d’autre finalité que de maintenir une rente politique qu’alimente leur soutien inébranlable au Polisario qu’ils ont créé, abrité, armé et financé.
Pour que cette mayonnaise prenne, ils poussent ce dernier à faire de la surenchère chaque fois que l’occasion se présente. Et, de fait, elle se présentera avec le soi-disant prochain congrès que ces séparatistes veulent tenir à Tifariti.
A ce propos, Moussaoui Ajlaoui nous a précisé que le Royaume n’acceptera jamais  qu’ils le fassent dans la zone tampon.
Selon lui, si les séparatistes, appuyés par leur parrain algérien, s’entêtent et décident de l’y tenir, la situation s’aggravera davantage, et « il est difficile que les invités du Polisario, notamment ceux qui entretiennent de bonnes relations avec le Maroc, dont certains partis politiques mauritaniens, acceptent d’y prendre part».
Il convient de rappeler que le Maroc a fortement réagi en avril dernier en considérant toute modification de données dans la zone tampon comme une agression contre lui et, dans ce cas, il aura  le droit de prendre toutes les mesures qui lui sembleront nécessaires pour la défense de ses droits légitimes.

 

» Source de l'article: liberation

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