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Cherche masque désespérément

13.04.2020 - 17:16
Hier encore décrié, qualifié de nul et d’inutile, le masque a soudainement retrouvé toutes les lettres d’une noblesse supposée. Nombreux sont les pays qui, de par le monde, se sont mêlés à la danse d’une volteface qui ne dit pas son nom. Le Maroc en fait partie. Il n’y a pas de raison qu’il en soit autrement d’autant que notre pays a devancé bien d’autres dans la gestion de l’ex-épidémie avant qu’elle ne soit promue pandémie. A propos de cette réhabilitation du masque, force est de constater que notre Maroc ne fait pas dans la demi-mesure. Aussi, se sont-ils mis à quatre départements, et non des moindres, pour nous aviser, que dis-je, pour nous infliger le port trop brusquement obligatoire du masque (voir P 3) . Et là, nos valeureux responsables n’y sont pas allés avec le dos de la cuillère. Appréhension, amende et incarcération guetteront les « contrevenants ». Un futur qui n’est pas à sa place puisque l’injonction est effective illico presto ou presque. Elle est annoncée le soir et elle vous signifie que vous êtes en infraction à partir de minuit. Le ton est ferme, la détermination est manifeste et le verbe est … menaçant. A tel point que Zahra Ihel, la douce et charmante présentatrice du J.T, avait du mal à suivre la cadence. Qu’à cela ne tienne et, on ne le répétera jamais assez, à situation exceptionnelle, mesures exceptionnelles. Certes, mais là où le bât blesse, c’est que cette fermeté somme toute légitime, aura eu l’effet contraire. Les masques proposés et en nombre, soit dit en passant, ont dû subir le même sort, la même folie « boulimique » que celle qu’avait essuyée … le papier hygiénique. Résultat, bon nombre de citoyens ne savaient plus où donner de la tête pour protéger leurs cavités buccales et nasales. En ce mardi déclaré jour « J », ni grandes surfaces, ni, encore moins, épiceries n’ont été en mesure de répondre à une demande si exponentielle. Et, la peur au ventre, de braves et très débrouillards citoyens se sont vus contraints de recourir au système « D ». S’il y en a aujourd’hui qui, à moto, se font coiffer d’une espèce de couscoussier en guise de casque, on a vu hier dans la rue ceux qui se sont affublés d’un torchon avec deux bouts de ficelle de fortune et qu’ils enlevaient ou remettaient suivant l’humeur ou selon la présence ou non de quelques uniformes dans les parages. Sensibilisez, sensibilisez! Il en restera toujours quelque chose. Et après, sévissez tant que vous voulez, et ce, bien évidemment, dans le cadre du respect de la loi et l’état d’exception qui va avec. 
» Source de l'article: liberation

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