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Les records de contaminations débouchent sur un durcissement des mesures

16.09.2020 - 16:09
Depuis quelques semaines, aux quatre coins du pays, les citoyennes et citoyens vivent avec une crainte lancinante. C’est comme s’ils avaient une épée au-dessus de leurs têtes, matérialisée par les mesures restrictives instaurées par l’Exécutif en cas d’évolution négative de la situation épidémiologique. Une crainte somme toute logique, d’autant que les derniers chiffres n’incitent guère à l’optimisme. Après le record de 2.430 nouveaux cas Covid+ recensés sur l’ensemble du territoire national vendredi, samedi et dimanche, la barre des 2000 cas quotidiens a encore une fois été largement franchie avec respectivement 2.238 et 2.251 nouveaux cas. Pis, le ministère de la Santé dénombre 17.580 cas actifs, dimanche, 266 cas sévères ou critiques et 48 intubés. Si, comme d’habitude, la situation à Casablanca inquiète au plus haut point, avec 702 nouveaux cas dans l’agglomération (dimanche), 863 dans la région et 12 décès dans la ville ce week-end, la situation de la région de Rabat-Salé-Kénitra est tout aussi préoccupante (229 cas). SoussMassa n’est pas en reste non plus. En enregistrant 242 nouvelles contaminations dont 120 à Agadir-Ida Ou Tanane et 103 à Inezgane-Ait-Melloul, la région est plus que jamais sous les radars des autorités sanitaires. Forcément, l’épée de Damoclès a fini par s’abattre sur la tête des habitants de la région, et en particulier ceux d’Agadir. En effet, le comité chargé du suivi de l’évolution de la situation épidémiologique au niveau de la préfecture d’Agadir-Ida Ou Tanane a décidé d’intervenir afin d’enrayer la propagation de la pandémie du Covid-19. Pour commencer, il a été décidé de fermer le complexe commercial “Souk Al-Ahad” pour une durée de deux semaines, à partir de ce mardi 15 septembre 2020, conséquence de « l’apparition de foyers de contamination », comme le précise un communiqué de la préfecture. De plus, les cafés, commerces de proximité et grandes surfaces doivent aussi fermer à 22h00 et les restaurants à partir de 23h00. Les jardins publics seront, quant à eux, interdits du matin au soir. Autant les habitants de la préfecture ont accueilli ces décisions avec fatalisme mais compréhension, autant celle prise par les autorités de fermer l’accès à l’ensemble des plages d’Agadir, à partir de samedi dernier, a été vécue comme un véritable crève-cœur. Dans le coin, les plages sont de véritables moteurs économiques. Entre les vendeurs ambulants, les cafés et surtout les écoles de surf, nul doute que cette mise sous cloche des plages représente un manque à gagner dont les conséquences peuvent être désastreuses. Pour les gérants des écoles de surf en particulier, ils disent ne pas être convaincus de la nécessité d’une telle mesure restrictive alors que des scientifiques du monde entier affirment que le Covid-19 ne résiste pas à la salinité des eaux de mer. Mais ces études ne révèlent pas si fréquenter des plages souvent bondées est tout aussi inoffensif que de piquer une tête dans l’eau. A défaut d’être réservé aux surfeurs, le rafraîchissement en cet été caniculaire va profiter à la liste des laboratoires autorisés à réaliser des tests aux non-voyageurs. L’information a été diffusée via une circulaire par le ministère de la Santé. Le but étant de désengorger les laboratoires d’ores et déjà autorisés pour un résultat encore plus rapide (24h au plus tard). Ainsi, les laboratoires privés ont la possibilité de signer le nouveau cahier des charges, puis de faire une demande d’obtention d’une autorisation ministérielle. Autre élément important, la liste des bénéficiaires des tests s’est élargie pour s’étendre aux voyageurs, aux étudiants, au personnel des entreprises et des administrations. Mais l’intérêt d’une telle démarche et surtout son efficacité sont enveloppés d’un sérieux doute. Et pour cause, il s’agit exclusivement de tests sérologiques. Or, comme nous vous l’expliquions dans notre édition du mardi 8 septembre, les tests sérologiques ne sont pas utiles dans le dépistage du coronavirus mais pour savoir si la personne infectée est guérie, grâce notamment à la présence d’anticorps. Mais depuis le temps, nous ne sommes pas à une contradiction et un non-sens près, pour le plus grand bonheur de Damoclès qui est en passe de faire une mauvaise surprise aux pays européen. L’augmentation du nombre de contaminations instille la crainte outre-Méditerranée. En Espagne, le pire est envisagé. Le risque d’un reconfinement se fait de plus en plus pressant. En France aussi où la barre des 7000 nouveaux cas a été franchi en 24h de samedi à dimanche. Une réalité corroborée par les inquiétudes de l’OMS. « Cela va devenir plus dur. En octobre et en novembre, on va voir une mortalité plus élevée», a annoncé le directeur de la branche européenne de l’Organisation mondiale de la santé à l’AFP. Hans Kluge, n’est clairement pas optimiste pour les mois à venir. D’autant que le vaccin miracle attendu risque de décevoir plus d’un. «Nous ne savons même pas si le vaccin va être efficace dans toutes les parties de la population. Certains signes que nous recevons est qu’il sera efficace pour certains mais pas pour d’autres», a mis en garde le haut responsable onusien, basé à Copenhague. 
» Source de l'article: liberation

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