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Khalid Samadi assure que le gouvernement a accédé à la quasi-totalité des revendications des grévistes

18.06.2019 - 18:32
Pas d’accalmie entre le gouvernement et les étudiants en médecine sur le conflit qui les oppose. En effet, les étudiants grévistes comptent poursuivre le boycott des examens et d’entamer de nouvelles formes de lutte. «Nous comptons déposer une plainte auprès du ministère des droits de l’Homme, organiser une marche, boycotter les sessions de rattrapage et lancer une série d’actions de protestation au niveau local loin des Facultés de  médecine», a lancé d’emblée l’un des membres de la Coordination nationale des étudiants en médecine lors d’une conférence de presse organisée hier à Rabat.
Selon les membres de cette Coordination, le conflit avec le gouvernement a pris une autre tournure. Ils estiment qu’il fait aujourd’hui l’objet de désinformation de la part du gouvernement destinée à induire en erreur l’opinion publique nationale. D’après eux, l’Exécutif les accuse d’être derrière le blocage des pourparlers et de servir un agenda politique.
« C’est absurde», s’est insurgé l’un des membres de la Coordination. Et de poursuivre : « Nous avons toujours été ouverts à toute initiative de dialogue et nous avons été les derniers à proposer l’idée d’une réunion le 27 mai dernier avec les ministères concernés pour trouver une issue à ce dossier. Mais ces derniers ont jugé inutile de nous répondre. Les mêmes ministères n’ont pas jugé également judicieux de répondre à notre offre du 8 mai dernier pour trouver une solution équitable à ce dossier alors que le projet d’accord proposé le 12 mai par le gouvernement n’a été qu’une simple déclaration d’intention et ne répond pas à nos revendications ».
Pis, les membres de la Coordination accusent le gouvernement de refuser l’ensemble des tentatives de médiation menées par des groupes parlementaires et des professeurs. « L’indifférence et l’entêtement ont été les maîtres mots.  Les deux départements concernés ont écarté ces médiations et se sont contentés de publier des communiqués à l’opposé de la réalité comme c’est le cas des informations indiquant que l’Exécutif a répondu aux 14 points et qu’il reste uniquement deux points de désaccord. Mais, c’est faux puisque le conflit avec le gouvernement ne date pas seulement des trois derniers mois mais depuis des années et certains points discutés en 2015 ne sont pas encore concrétisés et sont de nouveau discutés en 2019».  
Concernant les accusations de servir un agenda politique, les médecins grévistes ont déclaré que leur Coordination défend des revendications purement académiques et qui sont des sujets de débat depuis des années à cause du déficit qui entache le système d’enseignement de la médecine au Maroc et qui a pris de l’ampleur avec la création des facultés privées. «Comment peut-on accuser 18.000 étudiants d’être manipulés politiquement et qu’ils servent de carte pour certains partis politiques ? », s’est demandé l’un des membres de la Coordination. Et de préciser : « La décision de boycotter les examens a été prise par les étudiants d’une manière démocratique après des votes lors des assemblées générales. Preuve en est la réussite totale du mouvement du boycott deux semaines après son lancement ».
Les membres de la Coordination sont unanimes à considérer que ce conflit a pris une direction plus risquée avec la politique des menaces et d’intimidation à l’égard des étudiants et de leurs familles.    En fait, les parents des étudiants qui ont organisé des sit-in devant certaines facultés comme à Casablanca et qui se montrent solidaires avec la décision de la Commission nationale en appuyant ses décisions et en appelant le gouvernement à trouver un accord avec les étudiants, font aujourd’hui l’objet de pression de la part des autorités. Selon le site Le Desk, « des agents d’autorité ont, de différentes manières, exercé des pressions sur les étudiants grévistes, soit en les contactant directement, soit en recourant à leurs parents pour les convaincre de mettre fin à leur mouvement ».
Un témoin a même affirmé que plusieurs membres de la Commission nationale subissent différentes pressions, genre appel de numéros privés ou visite des auxiliaires d’autorité (moqadems).
La même source a indiqué que le 13 juin, deux membres de la Commission nationale ont reçu, en lettre recommandée, des décisions à destination directe des parents des étudiants. La première concerne Aya G., dont le père s’est vu notifier la fermeture de son officine de pharmacie au sein de l’hôpital Cheikh Zayed de Rabat. Le document daté du 12 juin atteste que la décision émane directement du wali de la région Rabat-Salé-Kénitra, Mohamed Yacoubi. Ladite décision justifie d’une «irrégularité de contrat» liant le père d’Aya G. et l’hôpital Cheikh Zayed. Elle se fonde également sur une dénonciation déposée aux services de la collectivité, le 10 juin, sans que le plaignant ne soit identifié, ont précisé nos confrères du Desk.
«Les étudiants grévistes résidant dans les cités universitaires payent également fort leur engagement. Ils sont menacés d’être expulsés et souvent on fait appel à leurs parents pour qu’ils mettent fin au boycott. Nos professeurs sont aussi menacés comme en atteste la dernière décision de suspendre trois de nos professeurs de leurs fonctions pour avoir seulement affiché leur solidarité avec notre cause », a révélé l’un des membres de la Coordination. Et de conclure : «Nous nous acheminons vers une année blanche et je crois que c’est le gouvernement lui-même qui va annoncer cette information. En fait, les trois mois de grève sans dialogue en disent long sur l’intention des autorités et sur le sort de ce conflit».    
» Source de l'article: liberation

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