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Avenir obscur pour le 7e art algérien

Publié le: 20/04/11

Photo : S. Zoheir

Synthèse de Wafia Sifouane

Quelques mois après son adoption par le Parlement, la nouvelle loi sur le cinéma peine à dévoiler ses fruits du moment qu’elle est otage du manque de financement du 7e art et du flou qui entoure le statut des salles de projection, que le ministère de la Culture tente de récupérer. Interrogés par l’APS à propos de l’application de cette nouvelle loi, certains professionnels du 7e art n’ont pas hésité à souligner les véritables problèmes qui planent sur le secteur de la production cinématographique. Pour le financement, les professionnels ont tenu à faire savoir que le seul pourvoyeur de fonds est toujours le Fonds de développement de l’art, de la technique et de l’industrie cinématographique (FDATIC), dont le budget ne dépasse pas 20 millions de dinars, tandis qu’il est connu de tous que la réalisation d’un long métrage coûterait entre 30 et 200 millions de dinars. C’est là qu’intervient la nécessité du retour vers la coproduction avec l’ENTV qui a nettement diminué ces dernières années. Le producteur Belkacem Hadjadj a, pour sa part, souligné qu’il «est impératif de promulguer un texte de loi qui pousserait la télévision à coproduire, à l’instar de ce qui se fait dans tous les pays du monde». Un point de vue soutenu par son homologue Bachir Derrais. De son côté, Lamine Merbah, réalisateur, producteur et président de l’Association des réalisateurs professionnels algériens (Arpa), appelle à renflouer les caisses du FDATIC pour, justifie-t-il, augmenter le nombre de films produits par année et améliorer la qualité. Ce dernier n’a pas hésité à faire des propositions comme «alimenter le Fonds par un apport supplémentaire du ministère des Finances ainsi que reverser une partie des recettes prélevées sur la facture d’électricité». «Ces taxes, payées par le contribuable et qui s’élèvent à des centaines de milliards de centimes, vont directement à la télévision qui en est, jusqu’à l’heure actuelle, le bénéficiaire exclusif», rappelle-t-il.Rappelons que, pour l’instant, le principal support de financement du cinéma n’est autre que les recettes des salles de projection. Ces dernières traversent une mauvaise passe due à la fermeture massive des salles durant les années 1980, un fait qui a marqué «la régression du cinéma algérien», selon Lamine Merbah. Dans ce sillage, les professionnels du 7e art ont estimé que les textes de loi nouvellement promulgués n’apportent pas de solutions concrètes. L’article 23 de la loi relative à la récupération et à l’exploitation par le ministère de la Culture des salles, gérées par les collectivités locales jusque-là, a suscité un tollé quasi général des professionnels qui y voient un «retour déguisé» au monopole de l’Etat. Tandis que certains considèrent que le débat doit se focaliser sur l’investissement du privé dans ce secteur à l’image de Bachir Derrais qui déclare que «les salles de quartier est un concept dépassé. Il s’agit de construire des multiplex avec parkings, cafés, restaurants», argue-t-il, en soulignant que «la production de films doit bénéficier, en guise d’encouragement, de suppressions de taxes sur le matériel de projection et les films importés ainsi que d’une exonération d’impôts, même temporaire, au profit des exploitants de salles». Par ailleurs, il est inconcevable d’aborder les problèmes du 7e art sans évoquer la formation professionnelle aujourd’hui confiée à l’Institut supérieur des métiers des arts de spectacle et de l’audiovisuel (Ismas) et à l’Institut national des métiers de l’audiovisuel et de la communication (INSFP), qui préparent aux métiers techniques du cinéma et offrent des formations médiocres. On soulignera

néanmoins l’existence de quelques bonnes volontés et efforts de bien faire, mais ils butent souvent sur des portes closes. On citera l’exemple de l’ambassadeur d’Algérie au Burkina Faso qui, lors de la tenue du 22e Fespaco, a exprimé sa volonté d’établir un partenariat entre l’Ismas et l’institut supérieur de cinéma du Burkina Faso.

W. S.

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