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Les voix de Biskra et de Djanet pour une veillée spirituelle

Publié le: 07/09/10

Photo : S. Zoheïr

Par Wafia Sifouane

Programmées presque à la fin du mois sacré de Ramadhan, le groupe El Inchad continue à égayer les soirées des Algérois à la salle Atlas. Organisées par l’Office national de la culture et de l’information (ONCI), ces soirées, qui se tiennent en parallèle à celle de la salle El Mouggar (concerts de variétés), drainent une masse de jeunes et de familles de Bab El Oued et de ses environs. «Nous sommes des habituées de cette salle vu que les spectacles commencent à 22 heures et que nous avons largement le temps de finir les tâches ménagères et venir se changer les idées», déclare une dame accompagnée de sa fille. A ses côtés, une famille qui vient pour la première fois. «Sincèrement, nous avons toujours cru que cette salle était fermée, mais en passant ce soir, nous avons constaté que nous avions tort. La salle semble confortable et puis c’est une très bonne initiative d’organiser des soirées dédiées aux chants religieux surtout durant ce mois sacré», dira la maman.Coïncidant avec le match Algérie-Tanzanie pour les éliminatoires de la Coupe d’Afrique 2012, qui était rediffusé sur les chaînes de télévision, le spectacle de vendredi dernier n’a pas drainé grand monde. À l’affiche ce soir-là, la troupe Angham Ezzibane, originaire de Biskra, avec onze membres, dont quatre percussionnistes à la derbouka et tar et quatre voix principales. C’est la troupe Angham Ezzibane de l’association El Mountada lil takafa oua el founoun, de la wilaya de Biskra. Elle a été créée en 1991 à l’initiative de jeunes volontaires ayant voulu booster l’activité culturelle dans la région. «Nous avons déjà trois albums. Le premier, nous l’avons dédié à la cause palestinienne ; quant au deuxième, il est intitulé Une lettre à son pays que nous avons sorti en 1995 en pleine décennie noire. Pour le troisième album, nous avons introduit des instruments de musique, mais hélas cela s’est fait uniquement en studio. Nous ne sommes pas contre l’utilisation d’instruments, cela est une question de moyens et nos membres ne maîtrisent aucun instrument, mais nous travaillons dans ce sens pour de futurs projets», déclare le leader de la troupe. En outre, la troupe s’est produite sur scène vers 23 heures pour dévoiler au public une panoplie de chants religieux écrits et composés par les membres de la troupe. Au menu, des louanges à Dieu et au Prophète. Après quatre titres, la troupe cédera la scène à celle de Djanet Imesslan ou «les voix du Tassili» en tamasheq qui créera une ambiance de folie tout en gardant un aspect spirituel. «Notre troupe a été créée en 1994 et compte quinze membres. Nous essayons de varier notre répertoire en mêlant les chants religieux du patrimoine local à nos compositions en anglais et en arabe classique», déclare le leader de la troupe vêtu d’un somptueux bazane (habit targui) et d’un turban bleu. Une fois sur scène, ils régaleront les présents avec des titres de medih en arabe interprété sur le rythme tindi propre aux Touareg. On notera que les percussionnistes de cette formation se distingueront par leur talent. Par ailleurs, la troupe Imesslan compte plusieurs participations dans divers festivals nationaux consacrés à El Inchad et a réussi à rafler un bon nombre de distinctions.

W. S.