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Art & Culture

Malgré la pandémie, New York garde la fièvre du samedi soir

17.04.2020 - 16:09
Fêtards qui se trémoussent aux sons de DJ en ligne, portant cache-tétons ou masques en tissu façon boule disco: avec la fermeture des lieux de sortie nocturnes, les soirées dansantes virtuelles font rage à New York. La ville qui se targue de ne jamais dormir compte désormais plus de 90.000 personnes infectées du nouveau coronavirus, et les autorités ont prolongé au moins jusqu’à fin avril la fermeture de toutes les activités non essentielles. Mais les oiseaux de nuit ont trouvé d’autres façons de faire la fête. La queue est longue pour entrer, moyennant 10 dollars minimum — 80 dollars pour un espace privé —, au Club Quarantine, l’un des lieux les plus en vogue, où des célébrités comme la chanteuse britannique Charli XCX ont fait des apparitions. Le DJ D-Nice, chouchou des stars, attire aussi les foules pour ses sets “live” marathon — jusqu’à 10 heures de suite — sur Instagram. Parmi ses adeptes: des vedettes comme Rihanna et John Legend, voire des personnalités politiques comme Bernie Sanders et Joe Biden. Le club “House of Yes”, connu pour ses spectacles de drag-queens, son burlesque, ses acrobates et ses costumes très sophistiqués, a aussi basculé en ligne, organisant des soirées sur des plateformes comme Zoom, Twitch et Instagram. Pour l’une des fondatrices du club, Kae Burke, voir s’éteindre la vie nocturne new-yorkaise aura été “comme assister à un gigantesque carambolage au ralenti”. “On n’a pas vu l’imminence du désastre”, témoigne-t-elle. Pourtant, dès la première session virtuelle, le succès était au rendez-vous. “Je ne m’attendais pas à m’amuser autant. J’ai dansé, déguisée, trois heures de suite”, raconte-t-elle. “Ca m’a complètement sidérée… C’était comme si j’étais avec mes amis”.
Au début, “House of Yes” a maintenu sa sélection à l’entrée, exigeants des fêtards qu’ils soient costumés, avec une prime aux costumes les plus élaborés. Mais à l’heure de la pandémie, ils ont fini par assouplir les règles, afin d’accueillir le plus grand nombre et de permettre aux habitués coincés chez leurs parents de participer, même privés de leur garde-robe festive. Jacqui Rabkin, cerveau des soirées numériques du club, souligne néanmoins que les participants continuent à se mettre sur leur 31. “On a eu des gens déguisés en licornes géantes, d’autres avec leur équipement pour faire du pole-dancing ou des acrobaties aériennes”, dit-elle. Un groupe a même apporté sa machine à faire de la fumée, avec jeux de lumière et marionnettes. Ces soirées virtuelles permettent au club d’attirer des fans jusqu’en Europe et en Asie, relève-t-elle. “Je vois beaucoup de côtés positifs, ça étend le champ des possibles”.
Le club à la réputation sulfureuse a même vu son compte Twitch suspendu pour 24 heures, “car certains dansaient en sous-vêtements”, dit Jacqui Rabkin. Le virage numérique a donné une certaine normalité à ce lieu, dont les messages sur les réseaux sociaux étaient souvent censurés pour ses contenus jugés limite pornographiques. Le DJ new-yorkais Nickodemus est de ceux qui font tourner les vinyles dans ce monde virtuel, avec l’espoir d’offrir un antidote au stress ambiant. “C’est vraiment bizarre d’entendre les sirènes hurler toutes les cinq minutes près de mon bâtiment, de voir des gens emmenés sur des civières. C’est dur de penser à s’amuser et de mettre de la musique”, confie-il. “Mais on peut aussi se sortir de ça de temps en temps, pour garder l’âme propre et rester positif”, ajoute-t-il.
Weinstein

Harvey Weinstein a été inculpé vendredi pour une troisième affaire d’agression sexuelle dans un dossier que montent des procureurs de Los Angeles contre l’ex-magnat d’Hollywood. “Nous continuons à construire et à renforcer notre dossier”, a déclaré la procureure de Los Angeles, Jackie Lacey. Le producteur déchu, déjà emprisonné dans l’Etat de New York après avoir été reconnu coupable d’agression sexuelle et de viol, doit répondre à trois accusations d’agressions sexuelles devant la justice californienne, a fait savoir vendredi le bureau de la procureure de Los Angeles. M. Weinstein est accusé d’avoir agressé sexuellement une femme restée anonyme à Beverly Hills en mai 2010. Cette nouvelle accusation d’agression sexuelle dévoilée vendredi s’ajoute ainsi à deux inculpations annoncées en janvier. Il était déjà accusé d’être entré de force dans la chambre d’hôtel d’une femme pour la violer, le 18 février 2013, puis d’en avoir agressé une autre le lendemain dans une chambre d’hôtel de Beverly Hills. M. Weinstein nie les faits et assure que toutes ces relations étaient consenties.
“Si nous découvrons de nouvelles preuves de crimes qui n’étaient pas connus, comme ce fut le cas ici, nous enquêterons et déterminerons si de nouvelles inculpations seront nécessaires”, a ajouté Mme Lacey. On ne sait pas quand le procès commencera, mais le bureau de la procureure a confirmé vendredi avoir lancé une demande de transfert de M. Weinstein. “A son arrivée, il sera mis en accusation (…) Une fois la date du procès fixée, le public sera informé”, indique le communiqué. Dans ce dossier, Harvey Weinstein encourt jusqu’à 29 ans de prison. Près de 90 femmes ont, à ce jour, accusé publiquement Harvey Weinstein de harcèlement, d’agression sexuelle ou de viol. La plupart des faits allégués sont prescrits.

 

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