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Art & Culture

Abdelghani Sannak : «La pédophilie reste encore un tabou»

09.06.2020 - 11:01

Entretien avec Abdelghani Sannak, acteur

Dans cet entretien, l’artiste Abdelghani Sannak nous parle de son rôle de pédophile dans la série télévisée «Salamat Abou Al Banat» de Hicham Jbari, qui a été diffusée durant le mois de Ramadan sur MBC5.

ALM : Qu’est-ce que vous a poussé à jouer le rôle d’un pédophile, l’un des personnages les plus détestés, dans le feuilleton «Salamat Abou Al Banat» ?

Abdelghani Sannak : Avant tout nouveau tournage, le directeur de casting discute avec nous tous les points concernant les rôles à jouer.
Mais «Salamat Abou Al Banat», dont la réussite réside dans le travail de toute l’équipe de la série, m’a permis de me lancer dans un nouveau défi et de vivre une grande aventure à travers l’interprétation du rôle d’un pédophile. Je trouve que c’est une question sensible, qui est beaucoup abordée dans les journaux et le monde virtuel, à savoir les réseaux sociaux, mais en réalité elle reste encore un tabou dans notre société.

N’aviez-vous pas peur d’une réaction négative du public ?

Le personnage Azouz a pu marquer le public et le faire réagir. J’ai voulu à travers ce rôle faire la lumière sur la pédophile dont souffre la société, mais qui reste un tabou.
Toutes les réactions, qu’elles soient négatives ou positives, sont bien accueillies pour moi. L’essentiel pour moi c’était de réussir l’interprétation de ce rôle comme il le faut et avec beaucoup de professionnalisme.

Qu’est-ce qui différencie le personnage d’Azouz de vos autres rôles au cinéma ?

Aziz ne ressemble pas à ma vraie personnalité ni à d’autres personnages que j’ai déjà interprétés. Ce nouveau rôle constitue une plus-value pour mon parcours artistique. J’ai interprété déjà plusieurs personnages me permettant d’accumuler une expérience et de diversifier mon style de performance sur scène. Parmi mes derniers rôles, celui du douanier dans le long-métrage «Pour la cause» de Hassan Benjelloun. C’est un personnage que j’aime beaucoup et qui ne peut laisser le public indifférent. Mais je rêve toujours d’incarner de nouveaux autres rôles me permettant de me faire découvrir encore plus au public.

Comment arrivez-vous à réconcilier entre votre métier d’artiste et de cadre administratif responsable au ministère de culture ?

J’ai voulu, en tant qu’amateur et passionné du théâtre et du cinéma, développer ma passion en m’inscrivant à l’Institut supérieur d’art dramatique et d’animation culturelle (ISADAC) de Rabat. Par la suite, j’étais encore plus motivé de faire profiter autrui ma formation à l’Isadac et mon savoir-faire dans l’animation en intégrant le ministère de la culture. Je continue de donner le meilleur de moi-même pour vivre mieux ma passion dans tout ce que je fais.
L’essentiel pour moi est d’être utile et de bien contribuer à la scène culturelle et artistique et ce conformément à la stratégie menée par le ministère.

Quels sont vos prochains projets au théâtre et au cinéma ?

J’ai reçu de nouvelles propositions, qui sont encore à l’étude. Je travaille actuellement sur un projet de one-man-show «Malik Arassi», adapté de l’œuvre de dramaturge Saad Alah Abdelmajid et le zajjal Saïd Ghali et réalisé par Mohamed Khouyi. Ce qui va me permettre de présenter plusieurs personnages au public.

» Source de l'article: aujourdhui

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