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Art & Culture

L’avenir du cinéma après la crise de Covid-19 au centre du débat

30.11.2020 - 19:09

Lors du premier webinaire organisé en marge du Festival maghrébin du film d’Oujda

Quel avenir pour l’industrie cinématographique après la Covid-19 ? Telle est la question débattue lors du premier webinaire organisé en marge du Festival maghrébin du film d’Oujda, tenu en version digitale, du 25 au 29 novembre 2020. Cette rencontre qui a réuni plusieurs professionnels du secteur était une occasion pour soulever le rôle de la culture et sa participation à l’animation sociale. Les intervenants se sont focalisés d’abord sur l’impact de la crise sur le cinéma et les perspectives d’avenir.

Trouver un chemin d’invention du nouveau cinéma

Pour Mohamed Mbarki, directeur de l’Agence pour la promotion et le développement de l’Oriental, le secteur de la culture est durement impacté par la crise. Ainsi les répercussions sont palpables sur son potentiel de production mais également sur ses ressources humaines. Il a indiqué en effet que la crise de Covid-19 a révélé le rôle primordial du cinéma. «Le cinéma est un indicateur de démocratie, de liberté, une façon de créer et de s’exprimer. Le cinéma est une industrie, un secteur économique à part entière, il est soumis à une loi de marché», indique-t-il. Pour lui, la reprise du secteur cinématographique sera difficile sauf qu’il faut trouver un chemin d’invention du nouveau cinéma et de la culture au Maroc. «Il faut remplacer la puissance financière par l’intelligence, par la sensibilité et la richesse culturelle. Je crois que cela fait une richesse d’avoir de la résilience». M. Mbarki a appelé en effet à s’ouvrir sur l’Afrique en tant que champ culturel.

Il reconnaît que «le Maroc a pu développer son cinéma d’une façon importante et il possède une structure qui lui permet de retrouver le cinéma». Le cinéaste et musicien Kamal Kamal a livré pour sa part sa réflexion par rapport aux perspectives du cinéma. Il a noté dans ce sens que le cinéma a beaucoup souffert lors de cette pandémie, mais beaucoup de professionnels ont développé un autre créneau de travail (à distance). «Je crois que cela aura un impact sur l’avenir du cinéma. Il faut penser à travailler les effets spéciaux, faire jouer les acteurs à distance, mais le problème qui se pose est quelle serait la perception de ce produit réalisé avec des moyens très développés ?», s’interroge-t-il.

Revoir le secteur du cinéma dans le modèle économique prochain

Pour Khalid Zairi, réalisateur et membre de la Chambre marocaine des producteurs de films, faire un bilan sur les dégâts causés par la pandémie sur l’axe culturel, c’est encore trop tôt. Il a indiqué en effet que la crise est ressentie plus au niveau de la réception, de l’exploitation des salles de cinéma, l’impossibilité d’aller au théâtre et d’organiser des concerts. «Nous ne connaissons pas le vrai impact. Cela va se sentir d’ici 2 ans ou trois ans voire plus. Nous ne sommes pas capables d’analyser l’impact esthétique de cette pandémie sur les productions culturelles. Ce sont là juste des éléments de réflexion», dit-il. Selon lui, il y a un chamboulement dans la majorité de la production cinématographique et audiovisuel. «Aujourd’hui, la prédominance revient aux acteurs de streaming qui eux-mêmes deviennent des producteurs au niveau international.

Quant au niveau national, nous avons senti cette crise pendant la période de confinement, nous avions vu encore une fois que nous sommes dans un secteur non structuré». Quant au modèle économique de production marocain, M. Zairi pense qu’il n’y a pas de changement dans le sens où 99% des productions se font à l’aide des avances sur recettes. «Nous avons craint que ne soient supprimés les fonds d’aide, mais il n’y a eu aucun changement grâce aux efforts du Centre cinématographique marocain et des professionnels». Il a ajouté en effet que l’incidence du cinéma «se ressent par la fréquentation des salles qui est elle-même très minime, et que le modèle essentiel de la production n’a pas été affecté.

Pour ce professionnel, il faut essayer de convaincre les pouvoirs publics de l’importance du cinéma dans le modèle économique prochain. M. Zairi a par ailleurs noté que les productions étrangères étaient à l’arrêt total sauf quelques exceptions. Ainsi les coûts de production sont majorés de 30% à cause de la Covid-19. «Les coûts de production sont devenus plus chers, ils ont augmenté de 25 à 30%», conclut-il.

 

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