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Art & Culture

Zakaria Kassi Lahlou : «La littérature marocaine dans sa diversité n’est guère exploitée à ce jour»

27.04.2021 - 19:06

Entretien avec Zakaria Kassi Lahlou, auteur et acteur marocain

L’artiste marocain Zakaria Kassi Lahlou a récemment eu l’opportunité de collaborer avec MBC 1. Il parle de cette expérience en tant que directeur d’acteurs avec cette chaîne. L’acteur, qui livre également ses regards sur ce métier au Maroc, s’exprime sur ses projets intéressants.

ALM : Au moment où d’autres artistes marocains font le choix de collaborer avec MBC5, vous optez pour MBC1 notamment pour les œuvres «Indama Yaktamilou El Kamar» (En pleine lune) et «Wach tibi bass» (Que veux-tu au juste !?). Pourriez-vous nous expliquer les raisons de votre choix de cette deuxième chaîne ?

Zakaria Kassi Lahlou : J’ai eu la chance d’être contacté par MBC1 via «Assadaf», l’une des grandes sociétés de production au Moyen-Orient, qui m’a sollicité pour les deux projets que vous avez cités. J’en suis fier. C’était une expérience intéressante sur les plans professionnel, humain et artistique. En fait MBC1, c’est la maison-mère et l’une des plus grandes chaînes de divertissement au monde. D’autant plus qu’elle sollicite des experts internationaux divers. Je suis ouvert à l’idée de développer et travailler sur des projets avec MBC 5 qui est une nouvelle chaîne qui cherche encore ses repères au Maroc et s’installe à travers son réseau de connaissances dans le pays.

Qu’en est-il de ces deux œuvres ? Veuillez bien nous en donner un avant-goût ?

La première, «Indama Yaktamilou El Kamar», est un feuilleton qui raconte une histoire d’amour entre un homme et une «djinn». Un amour impossible qui provoque la colère des deux familles des amants. Une colère noire et une guerre atroce vont naître entre les deux mondes de l’humain et du djinn. Ce qui fera l’intrigue des épisodes pour alimenter le feuilleton. Le tout avec des effets spéciaux conçus pour cette œuvre réalisée par le Saoudien Omar Addaini qui s’est entouré d’un casting composé de Rim Abdellah, Fayçal El Amiri, Imad Youssef, Fares El Khaldi et Khalid Sakr. Pour rappel, cette œuvre, dont la deuxième saison a été diffusée en janvier dernier, est toujours sur la plate-forme «Shahid». Quant à «Wach tibi bass», c’est une comédie qui raconte la vie d’un groupe de jeunes chômeurs qui souffrent d’un manque de moyens et lancent une entreprise électronique pour proposer des services bizarres en visant une clientèle très spéciale. Elle est réalisée sous la direction artistique du réalisateur koweïtien Yaacoub El Mhenna, qui s’est entouré d’un casting composé de Faiçal El Aissa, Rimas Mansour, Aïda et d’autres. Pour l’heure, je ne peux pas en dire plus parce que la série n’est pas encore diffusée. Pour ma part, je suis directeur d’acteurs dans les deux projets.

A propos de ce métier, pourquoi n’y recourt pas-t-on assez au Maroc ?

Ici, comme de par le monde, sur les plateaux de productions de fictions télévisuelles, le besoin de la direction d’acteur est présent. Mais à mon sens, il faudrait d’abord commencer par travailler sur des scénarios bien élaborés, avec des histoires fortes et des personnages profonds. Cela nécessiterait plus de recherche et de maîtrise dans le processus de production et de mise en scène, et donc de faire appel à la direction d’acteur. Dans la majorité des projets qui se respectent, tout un travail de lecture, d’analyse et de composition est fait en préparation des tournages. Dans les deux projets auxquels j’ai participé, j’ai pris un mois de préparation en amont avec les acteurs. Je crois que cela viendra au Maroc. Plus nous travaillerons sur des textes bien structurés qui nécessitent cet effort de composition, plus nous chercherons à intégrer ce genre d’expertise.
C’est une industrie à part entière et nous pouvons avoir les meilleurs acteurs au monde, sans un bon scénario, cela ne pourra pas marcher. Et c’est l’exigence professionnelle qui amène à chercher les meilleurs acteurs. La même exigence de résultat qui devrait guider des projets entiers à ne pas tomber dans l’improvisation et la médiocrité.

Au Maroc, les scénarios sont souvent pointés du doigt. Comment remédier à cette situation selon vous ?

Déjà, faire appel à de vrais auteurs, en leur offrant la possibilité de traiter des thématiques fortes, actuelles et qui intéressent le public. Nous avons tout à gagner en travaillant sur la littérature marocaine dans sa diversité, alors qu’elle n’est guère exploitée à ce jour. Au Maroc, il n’y a pas de manque d’histoires ni de scénarios mais de bonne volonté et d’ouverture d’esprit chez bon nombre de décideurs. La preuve c’est qu’il y a de vrais talents nationaux qui sont sollicités dans d’autres pays et excellent à l’étranger. Pour ma part, j’aime mon pays et je trouve qu’il y a des personnes qui veulent nous tirer vers le haut. Mais si nous ne changeons pas en profondeur nos méthodes de travail, ce sera peine perdue. En poussant les limites, nous pouvons réaliser de belles choses et nous allons le faire.

Vous participez au téléfilm (Tlata delferhat «trois joies» programmé en ce Ramadan sur 2M en tant que scénariste et acteur. Avez-vous pensé à vous-même en tant que personnage lors de votre écriture du scénario?

Il est très rare qu’il m’arrive de penser à un acteur, moi ou un autre, quand j’écris.
Mes personnages ont leur propre vie et existent par eux-mêmes indépendamment des acteurs. Lors du choix des acteurs avec le réalisateur, si un rôle me convient, il peut me le proposer. D’ailleurs, je suis acteur, c’est mon métier de base. Donc, j’essaie d’avoir des occasions à travers mes textes.

Auriez-vous d’autres projets ?

Pour l’heure, je travaille sur des dessins animés pour la société «Artcoustic». C’est une nouvelle expérience très excitante pour moi. Ce qui m’intéresse d’abord en tant qu’auteur scénariste, c’est de créer une série portant des valeurs citoyennes, tout en y intégrant le divertissement et une approche pédagogique pour le jeune public.
Le plus important à mes yeux dans ce que je propose, soit en série, en téléfilm, film de cinéma ou autre c’est la possibilité de m’exprimer librement.

 

» Source de l'article: aujourdhui

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