Le public de la 2e chaine nationale, 2M, a rendez-vous ce soir avec la nouvelle émission «Wash Hna Houma Hna». «Il s’agit d’une expérience sociale où on crée de fausses situations pour engendrer des tensions et voir comment réagissent les gens», explique Driss Bennani, producteur de l’émission. «Wash Hna Houma Hna» comprend également des analyses faites par des sociologues, psychologues et autres spécialistes. Dans chaque épisode, un «grand témoin» qui a déjà vécu une situation semblable raconte son histoire et apporte sa vision des choses. «Wash Hna Houma Hna» veut mettre les Marocains devant le miroir des valeurs et de la morale. Durant 52 minutes, on peut voir comment certaines personnes réagissent face à des situations de racisme, hogra, civisme, pédophilie, harcèlement, exploitation des petites bonnes, triche…
Pour avoir des réactions naturelles et authentiques, l’équipe de l’émission utilise une vraie caméra cachée. Malgré son lourd dispositif, elle s’est dissimulée dans les rues de Casablanca. Que ce soit dans les quartiers huppés ou populaires, le staff de «Wash Hna Houma Hna» a cherché l’endroit propice pour évoquer des sujets chauds, tabous et importants pour les Marocains. L’approche a été faite avec honnêteté, humilité et avec un grand sens du respect et de la proximité, selon Driss Bennani. Pour lui, l’émission a pour objectif de provoquer le débat dans les foyers marocains autour de sujets sensibles. «Chaque matin, nous partions avec des tonnes d'a priori pour revenir avec plus de questions que de réponses. Parce qu'au final, “Wash Han Houma Hna” ne prétend pas apporter de vérités. C'est une émission qui nous propose de nous regarder dans le miroir, sans fards et sans artifices et de nous poser la question “comment j’aurais réagi ?”», précise-t-il. 

Lors des longues semaines de tournage, l'équipe est passée par tous les états d'âme : larmes, crises d’hystérie, coups… «Les réactions des Marocains à nos situations nous ont émus, réconfortés, déçus, mis en colère, étonnés…» Selon Driss Bennani, la majorité des Marocains ont refusé les formes d’injustice. La plupart des personnes concernées ont donné leur autorisation de diffusion même quand elles ont mal réagi. D’après le producteur de l’émission, ce concept télévisé s’impose à cause du changement de notre société et des nouvelles questions qui se posent sur notre identité. Après des semaines de confrontation avec plusieurs catégories de Marocains et dans diverses situations, Driss Bennani affirme que notre société se cherche, bouge et a une conscience. «Malgré les aspects lumineux ou noirs, il n’y a pas d’indifférence chez les Marocains», conclut-il.