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On doit inventer de nouveaux mécanismes de financement pour le secteur

21.03.2014 - 16:58
Entretien avec Youssef Iben Mansour, président de la Fédération nationale des promoteurs immobiliers (FNPI)

ALM : La loi de Finances a introduit des changements au niveau du package pour le logement de la classe moyenne proposé à 6.000 DH hors taxe. Est-ce que c’est suffisant pour que ce segment puisse enfin prendre son envol ?

Youssef Iben Mansour : La loi de Finances 2014 a revu à la hausse le prix de sortie du logement dédié à la classe moyenne, passant de 6.000 DH TTC à 6.000 DH HT. Cela rendrait la production de ce logement plus faisable mais uniquement dans le cadre d’un package englobant deux autres critères aussi importants que le facteur prix.

Il s’agit d’abord de l’accès au foncier public brut et l’autorisation de la construction en hauteur permettant de diminuer la pression du foncier. La Fédération nationale des promoteurs immobiliers a exprimé sa volonté d’accompagner les pouvoirs publics dans le lancement et la réussite de ce nouveau dispositif. Le ministère de l’habitat et de la politique de la ville s’est également engagé à prendre les dispositions nécessaires à même de favoriser l’investissement dans ce segment, à travers l’accompagnement des opérateurs dans l’identification du foncier public urbanisable et l’intégration de mesures urbanistiques d’accompagnement.

Comment se porte le marché de l’immobilier en ce début de 2014 ?

Les chiffres du secteur relatifs aux premiers mois de l’année affichent des signes de reprise par rapport à l’année 2013. Cela nous laisse optimistes pour le reste de l’année en attendant que les chiffres nous confirment cette tendance pour les mois prochains.

Le marché du luxe dans plusieurs villes a beaucoup pâti de la crise économique. Est-ce que la reprise se profile pour ce segment ?

Les promoteurs immobiliers opérant dans le segment du luxe ont depuis quelques années réadapté leur offre à la clientèle locale. Plusieurs projets répondent aux attentes de la clientèle marocaine de plus en plus nombreuse. Une légère correction s’est fait ressentir dans certaines villes en ce qui concerne le haut standing ou le luxe, mais ce marché reste toutefois conditionné d’une manière générale par la règle mécanique de l’offre et de la demande. Les promoteurs immobiliers adaptent leurs produits aux nouvelles donnes économiques.

La pratique du «Noir» continue de poser problème pour de nombreux ménages, mais également pour les promoteurs honnêtes. Comment votre fédération conçoit-elle la solution à cette problématique ?

La Fédération nationale des promoteurs immobiliers et les pouvoirs publics continuent à œuvrer pour éradiquer définitivement cette pratique dont souffrent les opérateurs professionnels et structurés membres de notre fédération.

L’exercice du métier de promoteur immobilier n’étant pas réglementé, des pratiques non professionnelles peuvent être constatées auprès des promoteurs occasionnels ou non organisés. Il appartiendra aux acquéreurs de faire la différence par eux-mêmes en encourageant les promoteurs immobiliers professionnels au détriment des récalcitrants.

La Fédération nationale des promoteurs immobiliers met à la disposition des acquéreurs un annuaire des promoteurs immobiliers membres de la fédération. Un guide dédié aux acquéreurs est également disponible au siège de la fédération et peut être téléchargé sur notre site : www.fnpi.net.ma. De plus, le label Iltizam (www.iltizam.ma) récompensera les projets immobiliers transparents et constituera pour les acquéreurs un critère objectif de choix. Ce label permettra de renforcer davantage le climat de confiance entre le promoteur et l’acquéreur et permettra à terme de renforcer la professionnalisation du secteur.

Plusieurs entreprises de promotion immobilière et de BTP se dirigent vers les pays subsahariens. Comment appréciez-vous les perspectives qu’offrent les marchés africains ?

Le secteur de l’immobilier dans notre pays a produit des champions nationaux qui ont contribué depuis plusieurs années à l’accompagnement de la politique gouvernementale de logement. Grâce à l’expertise de ces opérateurs, le Maroc a pu être primé à plusieurs reprises au niveau mondial. L’expérience marocaine en termes de production de logements ou de lutte contre l’habitat insalubre est reconnue au niveau international et sert d’exemple dans plusieurs pays arabes ou africains. Il est tout à fait naturel qu’arrivés à un degré de maturité considérable, ces grands groupes puissent s’ouvrir sur d’autres marchés internationaux tout en continuant à accompagner le développement du secteur au Maroc.

Le manque de liquidités bancaires est une réalité qui met le secteur de l’immobilier en difficulté. Est-ce que vous avez des pistes pour sortir de cette situation ?

Les banques se sont engagées à plusieurs reprises à continuer à soutenir le secteur de l’immobilier pour accompagner le dynamisme qui le caractérise depuis quelques années. Cela doit être suivi par l’encouragement de l’investissement immobilier aussi bien par le financement des promoteurs immobiliers que des particuliers.
Face aux défis fixés par le gouvernement et le déficit à combler en logement, il est primordial de trouver de nouveaux mécanismes de financement.

Alors que les prix d’acquisition d’un bien restent élevés, est-ce que le locatif peut constituer une bonne alternative ?

La nouvelle loi sur le locatif n° 67-12, adoptée depuis octobre 2013, a pour objectif de maintenir un équilibre entre les intérêts des bailleurs et ceux des locataires.
Ce texte de loi a pour ambition de rendre le locatif plus attractif à travers une batterie de mesures qui visent à rétablir la confiance des propriétaires réticents et à les inciter à mettre leurs locaux sur le marché et donner plus de garanties pour l’investissement dans le domaine de l’habitat destiné à la location.

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