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M’hammed Grine: Nous voulons une gouvernance participative pour le PPS

25.03.2014 - 15:11
Entretien avec M’hammed Grine, candidat au SG du Parti du progrès et de socialisme

ALM : Il paraît que la réunion du comité central qui s’est déroulée à Bouznika a été houleuse. Qu’est-ce qui y a été décidé?
M’Hammed Grine : Elle n’a pas été plus houleuse qu’une autre. Ceux qui ont fait cette appréciation connaissent mal le Parti du progrès et du socialisme. C’est un parti qui a consenti d’énormes sacrifices en faveur de la démocratie, un parti de militants et de militantes qui s’estiment et se respectent, comme ils respectent la différence dès lors qu’elle sert l’intérêt général. A Bouznika, nous avons confronté nos idées et, au final, nous avons abouti à des compromis sur les orientations, sur les modalités d’organisation du 9ème congrès et sur les règles du jeu qui devront y être observées.

Nous ne sommes pas tombés d’accord sur tout, mais le fait est que nous avons fait preuve de maturité et que nous sommes arrivés à un consensus sur des questions incontournables en renvoyant l’examen des autres au 9ème congrès. C’est chose normale en démocratie, on ne peut pas être d’accord sur tout.

Il n’y a donc pas eu de dissensions, d’éclats de voix et de faux départs à Bouznika ?

S’il y a eu des échanges, parfois vifs, c’est dans le respect de l’avis de l’autre et avec la conviction que la diversité enrichit. Pour en revenir à ce que laisse entendre votre question, oui, il y a aujourd’hui un grand clivage au sein du Parti du progrès et de socialisme (PPS). Il a trait à la gouvernance interne. C’est la question nodale sur laquelle doit se prononcer le 9ème congrès qui se réunira fin mai et début juin.

Quelques explications ne seraient pas de trop. Qu’a donc la gouvernance au sein du PPS pour qu’elle divise ?

Si, comme je le dis souvent, je suis candidat au secrétariat général du PPS, ce n’est pas par simple ambition personnelle, mais parce que j’ai été sollicité par un certain nombre de militants et militantes pour porter un nouveau projet de gouvernance du parti.

Nous avons, en effet, la conviction que le parti du chef, seul et unique décideur, en un mot le parti du «Zaïm» qui concentre dans ses mains tous les pouvoirs et qui les exerce de façon personnelle est non seulement révolue mais qu’elle nuit à la démocratie interne et limite l’efficacité de l’action du parti. Ma conviction à moi est que le secrétaire général d’un parti doit être au service des militants et non l’inverse.

Il y aurait donc deux manières de voir au sein du PPS ?

Absolument. Notre objectif est de faire du PPS un parti qui s’inscrit dans son temps, un parti démocratique avec des instances qui jouent tout leur rôle et rien que leur rôle et qui consacrent une gouvernance participative du parti. Nous considérons que le Maroc qui a engagé un grand nombre de réformes pour mettre à niveau ses institutions se doit aussi d’agir de même avec ses partis. Car un Etat fort capable de défendre la démocratie a besoin de partis forts et réciproquement.

Une situation où l’Etat se mêle de mise à niveau des partis et qui reste démocratique …, comment cela ?  

Ce n’est pas à l’Etat que je pense, mais aux citoyennes et citoyens. C’est à eux de se lancer à l’assaut des partis qui se sont transformés en citadelles du conservatisme pour les libérer. Notre mouvement est de ce type et le congrès nous dira si nous avons tort ou raison ; un mouvement qui ne veut plus d’un parti où l’on a plus le souci de sa situation personnelle que celui de l’intérêt du pays et du projet de société que porte le parti.

Le PPS que nous voulons est un parti s’inscrivant dans la dialectique de la fidélité et du renouveau. La fidélité a ses valeurs et principes fondateurs et le renouveau permanent pour rester en symbiose avec l’évolution de la société marocaine. Une quête permanente de renouveau pour une continuelle adaptation à l’évolution naturelle des choses.

Quel est l’objectif final ?

Faire du PPS un parti capable de mobiliser les compétences et les intelligences qui existent en son sein et qui se trouvent dans la société marocaine et ce, au service de trois objectifs cardinaux : l’intérêt national, l’édification du projet de société démocratique, progressiste et moderniste ; ainsi que la défense des intérêts des travailleurs et des couches populaires. Le Maroc d’aujourd’hui a besoin de partis politiques de ce type, des partis crédibles, engagés et donc forts.

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