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Le PJD menace de larguer la majorité du Conseil de la ville

09.05.2014 - 15:29
Ballaji est accusé par des membres du Conseil, notamment à l’opposition, d’avoir conclu des accords de partenariat avec des associations de la société civile en leur accordant des fonds sans l’approbation du Conseil.

La majorité du Conseil de la ville vit-elle ses derniers jours? Tout porte à croire que les risques sur l’éclatement de la majorité au sein du Conseil de la ville de la capitale du pays sont aujourd’hui bien réels.

Le PJD (Parti de la justice et du développement), l’un des principaux alliés du maire de Rabat, Fathallah Oualalou, adopte un ton menaçant. «Notre alliance avec le maire de la ville n’est pas un mariage catholique. Tous les scénarios restent possibles en fonction des développements», affirme Abdessalam Ballaji, vice-président du Conseil de la ville de Rabat.

Si ce dernier, également président du groupe du PJD au Conseil de la ville de Rabat, prend une telle position, c’est qu’il se trouve aujourd’hui au cœur d’une crise politique qui divise les conseillers communaux de la capitale.

Un point inscrit à l’ordre du jour de la dernière session du Conseil de la ville proposait, en effet, de démettre Ballaji de ses fonctions en tant que président adjoint. «Nous avons démontré par des preuves tangibles que toutes les accusations justifiant mon limogeage étaient totalement fausses», dit-il. En effet, il est accusé par des membres du Conseil notamment à l’opposition d’avoir conclu des accords de partenariat avec des associations de la société civile en leur accordant des fonds sans l’approbation du Conseil de la ville.

Des accusations que le concerné nie en bloc en critiquant ouvertement le maire de la capitale. «M. Oualalou a fait preuve d’une grande faiblesse et de son incapacité à gérer sa majorité au Conseil de la ville. Pourtant, le PJD l’a toujours soutenu», déclare le président du groupe du parti de la lampe à Rabat. Des propos qui ne semblent pas déranger outre mesure le maire. Contacté par ALM, l’ancien ministre de l’économie et des finances reste serein. «Il peut faire les déclarations qu’il veut. Aujourd’hui, le dossier est entre les mains d’une commission politique qui doit prendre une décision consensuelle», affirme-t-il.

C’est sur proposition du maire que le Conseil a décidé à l’unanimité de créer ladite commission dans le but de sortir de l’impasse. Mais les chances de cette commission paraissent déjà minimes. Alors que le maire de Rabat souligne que la commission doit traiter le limogeage de son vice-président, Ballaji dit qu’elle doit se limiter à établir l’ordre du jour de la prochaine session du Conseil. Bref, la crise est encore loin de connaître un dénouement. Rabat risque de connaître des jours difficiles dans un remake de ce que la ville de Casablanca avait connu auparavant.

Car sur les 18 points inscrits à l’ordre du jour de la dernière session du Conseil de la ville de la capitale, à peine deux points ont été discutés puisque la majorité du temps de la session a été consacrée au limogeage ou non de Ballaji.

Pourtant, les élus de la capitale devaient prendre des décisions importantes concernant notamment la gestion déléguée de l’eau et de l’électricité dans la ville ainsi que sur l’exécution du budget annuel du Conseil. Ces points qui concernent directement le quotidien des habitants de l’une des importantes villes du pays ne semblent pas faire le poids face à la guerre à la quelle se livrent les élus locaux !

Transhumance politique

Si la transhumance politique n’est plus possible au Parlement, elle est malheureusement très présente dans les instances élues locales. Il arrive ainsi qu’un élu change facilement d’étiquette politique au cours de son mandat alors qu’il avait été élu au nom d’une autre formation politique. Pourtant, les dispositions de la Constitution de 2011 interdisent ce genre de pratique. Une source au sein de la ville de Rabat déclare que la transhumance politique est encore courante au sein du Conseil de la ville.

«Il est aujourd’hui difficile de situer certains élus tellement ils changent continuellement de position et d’appartenance», explique la même source qui détaille les problèmes rencontrés par le Conseil de la ville de Rabat par ce phénomène. La transhumance a donc la peau dure sur le plan local. Il faut dire que les textes qui encadrent les élections locales et les instances qui en découlent n’ont pas encore été harmonisés avec la Constitution de 2011. La situation pourrait changer dans l’avenir. Pour rappel, les élections municipales sont prévues l’année prochaine.

» Source de l'article: aujourdhui

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