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Economie

Les chantiers imminents de Mohamed Benchaâboun

12.11.2019 - 16:05

Emprunt international, règlement de changes, small business act et mécanismes innovants…

Une importance particulière est accordée à la stimulation de l’investissement privé, en facilitant l’accès au financement aux Très petites et moyennes entreprises et aux jeunes porteurs de projets. Un levier de 6 milliards de dirhams est institué dans le cadre du projet de loi de Finances 2020, et ce à travers la mise en place du «Fonds d’appui au financement de l’entrepreneuriat».

Au lendemain de son passage devant le patronat, Mohamed Benchaâboun, ministre de l’économie, des finances et de la réforme de l’administration, s’est adressé aux organes de presse. Le but de cette rencontre est non seulement de détailler les dispositions de la loi de Finances 2020 pour une meilleure compréhension de ce dispositif mais également de dévoiler certains projets imminents de son agenda ministériel.

Les quelques semaines restantes de l’année 2019 seront marquées par l’ouverture de chantiers d’envergure consacrant ainsi les ambitions de l’argentier du Royaume de renforcer l’attractivité de l’économie nationale et de rétablir la confiance des opérateurs. Plusieurs annonces ont été faites lors de ce point de presse qui a eu lieu mardi 5 novembre à Casablanca.

Pour ce mois, le ministre s’apprête à entamer le roadshow relatif à la sortie du Maroc à l’international. La date fixée à ce jour est celle du 18 novembre enclenchant ainsi le process d’un nouvel emprunt international qui devrait porter sur un montant d’un milliard à lever soit en euro ou en dollar, tout dépend des conditions du marché.

Mais avant cela, Mohamed Benchaâboun défendra son dispositif budgétaire à la première Chambre. Le mot d’ordre de cette feuille de route est «rupture», dont l’impact sera visible à partir de 2021. Quelques éléments de cette phase transitoire se profilent à l’horizon. Citons en premier l’évolution du régime de change. «la réglementation doit être revue pour donner un peu plus de confiance. Nous allons évoluer vers un système beaucoup plus souple quant à la relation du Marocain à la devise», indique le ministre à ce propos. L’idée étant de faire changer les comportements en changeant de règles. Ceci se matérialisera par la possibilité de permettre aux marocains résidant fiscalement au Maroc de détenir des comptes en devise ou en dirham convertible. Cette opération exclut bien évidemment les Marocains résidant à l’étranger . «Les MRE ne sont pas concernés car ils sont en droit de tenir des comptes là où ils sont. Par contre nous nous adressons aux Marocains résidant fiscalement au Maroc et qui par rapport à la réglementation d’aujourd’hui  sont en situation  irrégulière. Il faut qu’ils sachent qu’en régularisant leurs situations ils seront dans un environnement beaucoup plus intéressant que par le passé», précise M. Benchaâboun. Ce chantier de réglementation de changes sera amorcé dès la fin de cette année.

La même période connaîtra le lancement du portail «small business act». Cette plate-forme permettra de consolider toutes les informations relatives à la création de projets et de mécanismes d’accompagnement aux entreprises. La finalité est d’apporter plus de sens aux outils déployés  ainsi que de dématérialiser les procédures à travers un système d’information didactique et actualisé. «En faisant le recensement des mécanismes, on a été étonné du nombre de mesures et de dispositifs d’accompagnement existants mais qui ne sont toujours pas effectifs. Le fait d’apporter de la cohérence à cet existant est fondamental», explique Mohamed Benchaâboun. Ce travail sera couronné incessamment par l’élaboration d’une loi relative au «Small business act». Des rapprochements institutionnels sont également dans le pipe. Des évaluations périodiques des dispositifs mis en œuvre sont aussi prévues pour évaluer leur succès et corriger leur insuffisance.

L’encouragement de l’investissement et l’accompagnement des opérateurs économiques, notamment les PME, sont l’une des priorités gouvernementales de ce nouveau cap.

Une importance particulière est accordée à la stimulation de l’investissement privé, en facilitant l’accès au financement aux Très petites et moyennes entreprises et aux jeunes porteurs de projets. Un levier de 6 milliards de dirhams est institué dans le cadre du projet de loi de Finances 2020, et ce à travers la mise en place du «Fonds d’appui au financement de l’entrepreneuriat».  Côté investissement, le gouvernement prône, par ailleurs, la mise en place de mécanismes innovants. Le concept se décline comme suit: l’Etat fait porter l’investissement par un opérateur privé, un groupe de privés, un institutionnel  (investisseur à long terme tel que les Caisses de retraites ou assurances) ou par un opérateur public. Le but étant de rétablir l’équilibre budgétaire, faire travailler l’environnement économique dans son ensemble et permettre aux institutionnels de trouver du rendement. Le premier pas est presque franchi. Le département de Benchaâboun a signé récemment avec la CMR une opération de 4,5 milliards de dirhams portant sur 5 CHU dont une grande partie est quasi finalisée. «Il s’agit d’une sorte de cession-bail (lease back). Le projet est quasiment finalisé par l’Etat. L’investissement est repris par la CMR à qui on va payer des loyers», explique le ministre. Et de préciser que «dans le futur, de tels projets seront initiés directement vers le partenariat public- privé». La rencontre avec Mohamed Benchaâboun était également une occasion de tâter le pouls de la tutelle quant à un éventuel élargissement de la bande de fluctuation du dirham, les prochaines opérations de privatisation ou encore sa lecture de la polémique causée par l’article 9 de la loi de Finances 2020. 

» Source de l'article: aujourdhui

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