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Economie

Edito : Rafistolages

06.12.2019 - 23:46

Dans un récent exposé devant les parlementaires lors des travaux d’une commission, le ministre de l’équipement a livré quelques chiffres qui laissent perplexe au sujet du réseau routier national.

Ainsi, on apprend que le réseau routier goudronné, en dehors des autoroutes et voies rapides, est actuellement long de 44.215 kilomètres contre 41.100 km en 2012. En d’autres termes, en l’espace de 6 ans, le Maroc a réalisé 3.000 kilomètres de routes goudronnées, soit une moyenne de 500 km par an. Un chiffre qu’il faut comparer avec la décennie 2000 à 2010 sur laquelle le réseau routier est passé de 32.000 à 40.000 km, soit une moyenne de 800 km de route goudronnée par an.

En définitive, et contrairement à la perception générale laissée par le martellement au quotidien du discours politique sur l’effort de désenclavement, le Maroc a bel et bien construit beaucoup moins de routes sur les six dernières années qu’il ne l’a fait sur la période 2000-2010. Ce sont en tout cas les chiffres officiels du gouvernement qui l’attestent.

Ces chiffres nous disent aussi qu’aujourd’hui, sur les 44.000 kilomètres de routes goudronnées, 40% ne sont pas en bon état, soit environ 18.000 kilomètres. Et bizarrement, le ministère indique que la proportion du réseau en bon état est passée de 66% en 2000 à seulement 53% en 2014 avant de remonter ces trois dernières années.

Or, paradoxalement, les budgets qui ont été alloués à la construction et à la réhabilitation du réseau routier ont explosé particulièrement depuis une dizaine d’années avec le lancement des fameux programmes nationaux routiers (PNR).

A quoi ont servi ces dizaines de milliards DH engloutis dans l’asphalte si au final presque la moitié du réseau est en piètre état ? Où est l’efficience de la dépense publique dont parlent les politiques à longueur de journées, de mois et d’année ? Et surtout, il ne faut pas s’étonner que, dans un état pareil, nos routes soient meurtrières.

» Source de l'article: aujourdhui

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