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Le compte à rebours lancé pour la présidence de l’Apebi : Youssef El Alaoui dévoile son programme pour 2020-2022

16.01.2020 - 17:38

Il est nécessaire de renforcer la formation parce qu’il y a un vrai problème sur ce plan. Il faut savoir qu’il y a une pénurie de ressources humaines dans le domaine. On a des propositions à faire là-dessus qui permettront de doubler le nombre de personnes formées.

La course à la présidence de la Fédération marocaine des technologies de l’information, des télécommunications et de l’offshoring (Apebi) bat son plein. A quelques jours du vote prévu le 15 janvier, Youssef El Alaoui, directeur associé de Mobiblanc et vice-président de l’Apebi, et son colistier Abdellatif Tarhine, DG de Netopia et expert en e-gov et réglementation, ont présenté leur programme de candidature devant les membres de la fédération et la presse le 8 janvier à Casablanca. D’emblée, le binôme qui se présente respectivement pour la présidence et la vice-présidence a choisi d’agir pour créer l’impact économique durable. Il mise sur la continuité et préconise donc de poursuivre sur la lancée de la présidente sortante Saloua Karkri Belkeziz. Après deux mandats successifs, celle-ci a réalisé de belles performances couronnées par des «Recommandations Paper», à en croire le binôme qui en fait un point de départ pour ses propositions. Sur les principaux axes de son plan d’action et la contribution qu’il souhaite apporter à l’écosystème, Youssef El Alaoui s’est prêté au jeu des questions-réponses.

ALM : Qu’est-ce qui distingue votre programme de celui de vos rivaux ?

Youssef El Alaoui : Tout d’abord, notre programme repose sur ce qu’on a capitalisé durant les deux derniers mandats. Il faut souligner le fait que l’Apebi a réussi à se faire une place d’interlocuteur fiable vis-à-vis des institutionnels. C’est-à-dire qu’on nous écoute et qu’on prend notre avis à différentes occasions. Ensuite, on veut par notre programme et nos actions sur le terrain avoir un impact économique durable. Pour y arriver, on a élaboré un plan d’action qui repose sur 4 axes majeurs afin de renforcer le rôle de l’Apebi en tant que catalyseur stratégique d’un écosystème digital du Maroc. Le premier axe concerne la mise en place d’actions sur la compétitivité économique numérique. Le deuxième axe se fonde sur le partenariat de la gouvernance et la souveraineté digitale qui incluent essentiellement les institutionnels. Le troisième axe englobe l’innovation et la création des valeurs. Enfin, le quatrième axe se base sur un écosystème renforcé au service de ses membres.

Vous dites que vous souhaiteriez impacter durablement l’économie digitale, comment comptez-vous procéder ?

Dans le 1er axe on aborde des sujets comme la PME. Pour nous il faut renforcer ces entreprises parce qu’elles constituent le cœur de toute économie, permettent de créer de l’emploi et révèlent des champions dans le secteur. Maintenant, il faut agir ensemble et avec les différents partenaires (comme la CGEM) pour trouver des solutions aux problèmes que rencontrent les PME. On connaît ces difficultés : il s’agit de l’accès au financement, l’investissement, la croissance, ou encore les délais de paiement. Partant de là, il est essentiel de faciliter l’accès au marché et développer également la dimension régionale. Du côté de l’offshoring et tout en conservant les acquis, on veut se positionner sur un offshoring de forte valeur ajoutée comme le big data, l’intelligence artificielle et la robotique. Actuellement, le secteur de l’offshoring englobe le plus de ressources humaines dans le IT. Parallèlement, il est nécessaire de renforcer la formation parce qu’il y a un vrai problème sur ce plan. Il faut savoir qu’il y a une pénurie de ressources humaines dans le domaine. On a des propositions à faire là-dessus qui permettront de doubler le nombre de personnes formées. A cela s’ajoute un autre point important à nos yeux : l’infrastructure. Celle-ci doit être développée non seulement dans les grandes villes mais ailleurs pour que tout le monde puisse disposer des services comme le haut débit par exemple. On est d’accord sur le fait qu’on ne peut pas avoir d’économie digitale sans le haut débit. A cet égard, nous avons des propositions à faire pour l’ANRT sur la mutualisation des infrastructures entre les télécoms, ou encore sur le fait d’imposer la fibre optique dans les projets standards de la BTP. Concernant le volet e-gov, on pense qu’il faut agir sur la réglementation pour pouvoir améliorer le e-gov et développer la souveraineté numérique. S’agissant de l’innovation, notre programme vise à activer le start-up Act. Comme vous le savez, c’est le cadre juridique destiné aux start-up. Il permettra de développer davantage l’écosystème et avoir des jeunes orientés vers l’innovation. Tout cela ne pourra se réaliser sans l’esprit d’équipe, un travail porté sur le développement de l’écosystème dans son ensemble et l’écoute de tous. C’est notre intime conviction.

Plus concrètement, qu’est-ce que cela donne en termes de chiffres ?

On espère que le nombre d’emplois dans l’offshoring après 2 ans pourra croître de 20%. On veut également que le Maroc puisse doubler le nombre de formés dans l’IT. Actuellement, nous sommes 8.000 informaticiens formés chaque année. Notre ambition c’est d’être à 16.000 personnes formées annuellement. On souhaite également augmenter le nombre des entreprises et administrations qui utilisent l’open innovation, qu’elles puissent intégrer l’open innovation dans le processus de production. L’objectif serait aussi de porter les services et démarches administratifs en ligne à 70%. Du côté des investissements dans les start-up, on espère arriver à des levées de fonds de 50 millions d’euros pour les start-up marocaines. Je rappelle qu’actuellement on est à peu près à 5 millions d’euros.

Vous avez parlé des jeunes et de la PME en général mais est-ce que vous avez consacré une partie dans votre programme aux femmes ?

Il y a un nombre très faible de femmes qui travaillent dans l’IT dans les entreprises. C’est un véritable problème. Ce sont des métiers qui n’attirent pas beaucoup de femmes et donc c’est un challenge pour nous. Ça sera à nous de les encourager à intégrer ce segment. Nous sommes preneurs de toutes idées qui vont dans ce sens.

» Source de l'article: aujourdhui

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