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Economie

Utilisation durable des eaux de la plaine du Saïss : Le projet d’aménagement hydro-agricole avance à grands pas

29.01.2020 - 18:50

L’optimisation et la gestion durable des ressources en eau sont essentielles pour l’irrigation des activités agricoles.

Une approche qui nécessite le suivi environnemental et la surveillance des eaux souterraines dans les zones les plus concernées. C’est la démarche adoptée par le ministère de l’agriculture, de la pêche maritime, du développement rural et des eaux et forêts (MAPMDREF) pour le projet de l’aménagement hydro-agricole relatif à la sauvegarde de la plaine du Saïss. En effet, la Banque européenne pour la reconstruction et le développement (BERD) soutient le Maroc dans le cofinancement du projet de transfert d’eau du barrage de M’Dez vers la plaine du Saiss, qui se trouve entre Fès et Meknès. Les autres partenaires de ce projet sont le Fonds saoudien pour le développement (FSD) et le Fonds vert pour le climat (FVC). Au total, le financement de ce programme de transfert d’eau et d’infrastructure d’irrigation atteint 393 millions d’euros (Hors TVA). Pour y parvenir, une assistance technique devra accompagner les services de la tutelle (Maître d’ouvrage de cette opération) dans le suivi environnemental du projet afin de renforcer les connaissances sur les eaux souterraines du Saïss, définir les outils, les équipements et les systèmes nécessaires à son suivi, et mettre en place les mécanismes institutionnels permettant une gestion durable de la nappe phréatique de cette zone.

Rétablir la situation de la nappe souterraine du Saïss

Au rythme actuel, l’aquifère (nappe d’eau souterraine) de la plaine du Saïss risque l’épuisement d’ici 25 ans. Globalement, le bassin du Saïss constitue 11% de la dotation annuelle en eau du Maroc. Dans ce sens, le prêt de 120 millions d’euros de la BERD financera une conduite principale de distribution. Celle-ci transférera annuellement entre 90 et 125 millions de mètres cubes d’eau de surface du barrage de M’Dez, actuellement en construction, en direction de la plaine du Saïss et le réseau de distribution pour un premier périmètre irrigué (10.000 ha). Pour cofinancer le projet, la BERD prélèvera une subvention d’investissement de 30 millions d’euros du FVC. Dans cette perspective, la canalisation a pour objectif de fournir suffisamment d’eau pour rétablir la situation de l’aquifère du Saïss à son niveau historique. Il s’agit également de fournir de l’eau pour l’irrigation des activités agricoles existantes dans la plaine du Saïss.

Système d’irrigation : 7.200 exploitations commerciales bénéficiaires

Près de 7.200 exploitations commerciales de subsistance bénéficieraient du système d’irrigation sur une superficie totale de 30.000 ha de terres irriguées dans la zone concernée. Afin d’améliorer les connaissances sur les caractéristiques hydrologiques des aquifères (nappe d’eau soutairraine), il sera procédé à des essais de pompage qui porteront sur 15 forages d’exploitation au niveau de Fès-Meknès. Par ailleurs, le renforcement du réseau de surveillance des aquifères passera entre autres par l’installation de compteurs télémesurés ou encore le renforcement du système d’information. A ce titre, l’article 128 de la loi sur l’eau 36.15 précise que chaque Agence de bassin hydraulique établisse, au niveau du bassin versant, un système intégré d’information sur l’eau qui permet un suivi régulier de l’eau et des milieux aquatiques en matière de quantité et de qualité, de l’utilisation de l’eau, des écosystèmes et de leur fonctionnement et des risques liés à l’eau et à leur évolution.

La finalité étant de rendre l’information accessible au plus large public. En outre, le projet vise aussi à renforcer les capacités des institutions impliquées dans la gestion des ressources en eau dans la zone du projet (rationalisation, économie de l’utilisation de l’eau, contrôle des prélèvements). Afin d’assurer le suivi de l’aquifère du Saïss, un ensemble de mécanismes doit donc être mis en place en fonction du Plan directeur d’aménagement intégré des ressources en eau de Sebou. Ce dernier compte parmi ses objectifs la mise en œuvre d’un contrat aquifère entre les parties concernées. Cela consiste à contrôler le prélèvement d’eau souterraine de l’aquifère du Saïss. Dans ce sens, le contrat aquifère définit entre autres le plan d’action, ses objectifs, sa durée, son financement, les droits et obligations des usagers de l’eau, ainsi que l’administration et les différents partenaires concernés. Il détermine aussi les règles et le cadre permettant aux usagers de l’eau de participer à la gestion et au contrôle de l’utilisation de l’eau.

» Source de l'article: aujourdhui

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