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Economie

Vers de nouveaux gisements de croissance pour l’industrie automobile nationale

06.02.2020 - 16:26
L’industrie automobile marocaine recèle un réel potentiel de développement économique et technologique qui pourrait entraîner dans son sillage l’essor d’autres secteurs industriels, selon la Direction des études et des prévisions financières (DEPF).
Par effet de retour, l’envolée du secteur contribuerait à l’impulsion du rythme de la croissance économique et sa consolidation, a soutenu ce département relevant du ministère de l’Economie, des Finances et de la Réforme de l’administration.
« Ce schéma vertueux supposerait une adaptation permanente de ce secteur aux transformations technologiques à l’œuvre et son corolaire le relèvement conséquent de sa compétitivité pour mieux faire face aux pressions d’une concurrence de plus en plus intense », a toutefois estimé la DEPF dans une nouvelle publication consacrée à l’examen des acquis et des perspectives de l’industrie automobile marocaine.
Selon l’étude intitulée « L’industrie automobile au Maroc : Vers de nouveaux gisements de croissance », le Maroc peut tirer profit de la délocalisation de la production, d’autant plus qu’il « a atteint une taille critique importante qui lui permet d’être en meilleure posture pour tirer profit de la dynamique des mouvements de délocalisation qui s’opèrent à l’échelle mondiale ». Et de rappeler le Royaume compte à son actif deux grands constructeurs automobiles d’une capacité totale de 700.000 unités, en plus de la signature d’un protocole d’entente avec BYD.
Pour la DEPF, tout porte à croire que « de nouveaux investissements pourraient hisser l’industrie automobile nationale vers de nouveaux créneaux et apporter de nouvelles technologies et savoir-faire automobiles », a-t-elle fait savoir.
Ainsi, la situation géographique à proximité de l’Europe et son expérience avec les groupes Renault et PSA et leurs fournisseurs, confèrent au Maroc un avantage important pour nouer des partenariats stratégiques et élargir son réseau de fournisseurs automobiles locaux et internationaux, selon cette étude conduite par Afaf Hakam.
L’autre avantage dont pourrait tirer profit le Maroc, c’est son statut de clé d’entrée sur le marché africain qui présenterait la deuxième grande croissance des ventes automobiles mondiales (4,3%) d’ici 2022.
Une réelle aubaine qui n’a pas échappé à bien de constructeurs automobiles qui se démènent à diversifier leurs marchés et manifestent un intérêt d’extension sur le continent africain, à l’instar de BMW déjà présente en Afrique du Sud), Nissan (Afrique du Sud, Nigeria, Ghana et Egypte) et Toyota (Egypte et Afrique du Sud).
Pour que le Maroc puisse attirer d’autres constructeurs automobiles, « il a besoin de renforcer son partenariat commercial avec les pays africains à fort potentiel de ventes automobiles, en participant au développement d’une infrastructure industrielle, logistique et technologique avec eux », a relevé l’étude.
Le Royaume pourrait également jouer le rôle d’impulseur dans la région et donner aux constructeurs automobiles l’accès à un marché africain de taille attractive, a-t-on estimé à la DEPF rappelant que « cette ambition a été expressément manifestée par le constructeur PSA, qui veut faire de son usine au Maroc une plateforme industrielle régionale qui alimentera d’autres unités de montage dans d’autres pays africains ».
Grâce à son infrastructure industrielle, l’étude relève, par ailleurs, que le Royaume pourrait servir de plateforme de production automobile aux constructeurs qui adoptent des stratégies de délocalisation multidomestiques et qui sont prêts à concevoir des modèles de voitures spécifiques aux conditions et niveau de vie du marché africain.
En plus de son statut de clé d’entrée sur le marché africain, le Maroc devrait aussi miser davantage sur les investissements en R&D et faire de Casablanca un hub régional en R&D automobile.
Dans ce cas, « l’un des objectifs prioritaires du Maroc serait d’attirer des IDE en recherche et développement et en innovation à même d’accompagner la transformation technologique de l’industrie automobile marocaine, dont notamment la digitalisation des véhicules et l’usage de l’impression 3D pour produire des pièces et des composants complexes », a expliqué la DEPF.
Le Maroc, qui dispose d’ores et déjà d’un positionnement high-tech très prometteur au niveau de la ville de Casablanca, « gagnerait à mettre à profit ses plateformes déjà existantes dédiées à l’innovation et à la R&D afin d’attirer d’autres équipementiers internationaux qui sont plus avancés en termes d’investissements en R&D », a-t-elle poursuivi citant en l’occurrence Volkswagen, Toyota, General Motors, Ford et Daimler qui occupent les premiers rangs au top 20 des investisseurs automobiles en R&D17 (Union européenne 2018).
En participant à l’installation des infrastructures technologiques dans les pays africains et à la création des réseaux de recherche et d’innovation, « le Royaume créerait des espaces de collaboration et d’échange d’expériences avec ces pays et développerait son leadership technologique dans la région en faveur de l’industrie automobile », a ajouté la DEPF assurant qu’il pourrait jouer le rôle de leader dans la région en termes de services technologiques.
Saisir les nouvelles opportunités qui se profilent à l’horizon, en relation avec les mutations de la demande extérieure, offrirait aussi au  Maroc de nouveaux gisements.
Le Maroc, dont l’industrie automobile est émergente, devrait anticiper les nouveaux paramètres qui caractériseront la demande automobile, notamment dans les pays de l’Europe occidentale qui constituent son principal marché automobile à l’export, selon la DEPF.
« S’engager dans les métiers automobiles de demain serait une condition indispensable à la survie de son industrie locale face au resserrement prévu des marges bénéficiaires des opérateurs et à la préservation de ses avantages compétitifs par rapport à ses concurrents», a-t-elle expliqué soutenant que l’émergence de nouveaux types de véhicules tels que les voitures partagées, les voitures électriques et les voitures autonomes, devrait modifier la demande pour les voitures personnelles au niveau des marchés développés.
Enfin,  investir dans son capital humain. Sur ce point, l’anticipation de la formation des talents et de l’innovation est cruciale pour l’essor du secteur automobile marocain.
Il s’agit d’orienter les jeunes vers les métiers innovants et former la main-d’œuvre sur les compétences technologiques de l’avenir afin de conforter la sophistication de l’offre du Maroc et améliorer son positionnement sur des maillons à forte valeur ajoutée de la chaîne de valeur automobile.
En parallèle, « les entreprises à leur tour sont appelées à s’impliquer dans la formation des compétences et à participer au succès de la formation alternée en accueillant les stagiaires et en leur assurant de meilleures conditions d’apprentissage », a estimé la DEPF.
Pour rappel, l’industrie automobile marocaine a réussi à s’ériger progressivement en secteur d’activité phare au sein du paysage économique national. Comme l’a souligné la DEPF, « ce secteur est devenu le premier secteur exportateur, représentant, en 2018, 26% des exportations nationales et jouit d’un positionnement de choix en matière de contribution à l’emploi industriel avec 27% du total».
» Source de l'article: liberation

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