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Economie

Ramadan : L’approvisionnement sera normal et régulier

22.04.2020 - 17:43

Aziz Akhannouch l’a confirmé aux professionnels

Compte tenu de la bonne conduite du programme d’assolement des cultures légumières, la production issue des récoltes hivernales couvre nettement les besoins de consommation pendant les mois d’avril et mai, qui coïncident avec le mois de Ramadan.

L’agriculture est davantage sous l’œil bienveillant d’Aziz Akhannouch en cette période de pandémie. Une réunion tenue mercredi par visioconférence illustre parfaitement les soins accordés par le ministre de l’agriculture, de la pêche maritime, du développement rural et des eaux et forêts au secteur. Dans cette rencontre qu’il a présidée lui-même, le ministre s’est entretenu avec le président de la Fédération des Chambres d’agriculture, les présidents des 12 Chambres régionales d’agriculture et le président de la Confédération marocaine de l’agriculture et du développement rural (Comader) représentant les fédérations interprofessionnelles agricoles.

«Cette réunion a été l’occasion de discuter de plusieurs sujets liés à l’actualité du secteur dans le contexte particulier de l’état d’urgence sanitaire imposé par la lutte contre le Covid-19», précise le département de tutelle. En outre, le débat lors de la rencontre a, selon la même source, porté sur les questions liées à la production agricole et à l’approvisionnement du marché national, notamment la disponibilité de l’offre pour le mois sacré.

Pas de souci pour le Ramadan

Le mois sacré s’approchant à grands pas, il est naturel d’en discuter lors de la réunion puisqu’il s’accompagne habituellement d’une hausse de la demande au niveau de plusieurs produits agricoles et alimentaires. Dans ce sens, le ministre précise que «les professionnels du secteur sont mobilisés pour assurer un approvisionnement normal et régulier du marché en ces produits». En ce qui concerne les légumes, notamment les oignons, la tomate, la pomme de terre, l’aubergine, piments, poivrons, concombre, etc., le marché reste, selon la même source, «bien approvisionné à partir des cultures primeurs». Comme l’explicite le département, compte tenu de la bonne conduite du programme d’assolement des cultures légumières, la production issue des récoltes hivernales couvre nettement les besoins de consommation pendant les mois d’avril et mai, qui coïncident avec le mois de Ramadan. «Le programme d’installation des cultures printanières se poursuit avec un bon rythme avec une réalisation à 77% à aujourd’hui», ajoute la même source.

Chiffres de la production

En détail, la production, pour la tomate, couvre largement les besoins de consommation du mois de Ramadan, estimés à 90.000 tonnes avec une disponibilité estimée à 120.000 tonnes pour ce même mois. Pour les oignons, cette période de l’année coïncide avec le début de commercialisation de l’oignon frais. «Ce qui permettra un approvisionnement régulier du marché et une couverture des besoins de ce mois, estimés entre 80.000 et 90.000 tonnes. Les prix pratiqués au détail depuis fin mars montrent une stabilité dans la limite de 4 DH», enchaîne la même source. Quant aux autres fruits comme les pommes et les bananes, ils affichent un niveau de disponibilité très satisfaisant et des niveaux de prix stables à l’exception des oranges dont les prix restent relativement supérieurs à l’année précédente, principalement à cause de la baisse de la production agrumicole. En cette période et les mois prochains, la diversité des fruits s’élargit avec l’arrivée de la production, notamment des différents fruits rouges, des pastèques, des melons et des rosacées (pêches, prunes, abricots).

Le stock de dattes et légumineuses à un bon niveau

A ce propos, l’offre est énorme. «Le marché national est approvisionné principalement des stocks qui sont à un niveau qui couvre les besoins du mois de Ramadan», précise la même source à propos des légumineuses alimentaires. Quant au sucre, la situation des stocks est confortable. Une situation doublée du bon démarrage de la campagne sucrière 2020. «Les stocks disponibles couvrent 3,5 mois de consommation, sans compter la production en cours de la nouvelle campagne sucrière 2020», poursuit la même source. Pour les huiles alimentaires, le bilan prévisionnel de l’activité industrielle révèle un niveau d’approvisionnement normal du marché national en huiles végétales de table pour les trois prochains mois y compris le mois de Ramadan. Concernant les dattes, l’approvisionnement du marché national en ce produit de grande consommation durant le mois sacré sera assuré principalement par les stocks issus de la production nationale et les importations. Pour rappel, la consommation moyenne lors de Ramadan se situe entre 35 et 40 mille tonnes. Un besoin largement couvert par les stocks. Le suivi rigoureux des prix mené actuellement montre que les prix restent, selon la même source, contenus à leurs niveaux habituels, soit 20 à 40 DH/kg pour les variétés de qualité intermédiaire les plus consommés. De quoi en avoir pour toutes les bourses.

Produits d’origine animale en quantité suffisante

Selon le département ministériel, les volumes de lait pasteurisé produits mensuellement dépassent la demande, en plus du niveau des stocks et de la production du lait UHT. Déjà, les unités de production laitière continuent leur activité à un rythme normal malgré le contexte sanitaire actuel. Pour Ramadan, la production prévisionnelle devra dépasser les 110 millions de litres pour une demande estimée à 100 millions de litres. Pour les dérivés laitiers, notamment le beurre, la consommation moyenne mensuelle se situe à 1.200 tonnes et celle du mois de Ramadan peut atteindre 1.500 tonnes, soit 25% de plus. Ces besoins seront largement assurés par les stocks constitués de la production nationale et du beurre importé. Concernant les viandes, la quantité de viandes rouges disponible (bovines, ovines et caprines) est suffisante pour couvrir les besoins de consommation nationale de ces produits pendant le mois de Ramadan. Concernant l’offre en viandes blanches, elle est estimée à plus de 50 mille tonnes par mois et celle des œufs à 600 millions d’œufs. Des niveaux qui couvrent largement les besoins de consommation à des prix stables. Donc il y en a pour tout le monde.

Excepté les céréales, une bonne situation de la campagne agricole

Lors de la réunion, la campagne agricole a également été à l’ordre du jour des discussions. «La situation se présente bien pour la majorité des cultures, à l’exception des céréales qui subissent un impact important dû au déficit pluviométrique très significatif», indique la même source à propos de cette campagne. Quant aux estimations relatives à la production céréalière, elles seront, selon le département ministériel, fournies dans une décade. De plus, les données sur le terrain, au niveau des zones bour défavorable, confirment déjà une situation dégradée. «Aussi, l’indemnisation par la MAMDA au niveau de toutes les zones du bour défavorable sera entamée dès la semaine prochaine», annonce la même source. A son tour, le programme de sauvegarde du cheptel lancé il y a quelques semaines, à travers l’opération de distribution de l’orge subventionné, a été évoqué lors de la réunion et largement salué par les professionnels et les éleveurs. Comme l’explicite le département, le déploiement de ce programme se poursuit dans de bonnes conditions avec un suivi de près afin de s’adapter à l’évolution de la situation et des besoins.

» Source de l'article: aujourdhui

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