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Economie

En dépit du déficit pluviométrique et de la crise sanitaire : L’agriculture marocaine de plus en plus résiliente

04.05.2020 - 17:17

La campagne agricole actuelle s’annonce normale voire supérieure à la normale et ce pour toutes les cultures, hors céréales et légumineuses. Les dernières projections du ministère de l’agriculture, de la pêche maritime, du développement rural et des eaux et forêts tablent sur un PIB agricole dépassant les 105 milliards de dirhams.

La campagne agricole actuelle se passe dans des conditions particulières. En plus du contexte sanitaire exceptionnel que connaît le pays, le secteur fait face depuis le démarrage de la campagne à une sécheresse accentuée. Le pays a enregistré cette année un déficit pluviométrique important qui aurait pu plomber le rendement de la saison. Mais, le caractère résilient de l’agriculture marocaine sauve la mise. Les prévisions sont rassurantes. La campagne agricole actuelle s’annonce normale voire supérieure à la normale et ce pour toutes les cultures, hors céréales et légumineuses. Les dernières projections du ministère de l’agriculture, de la pêche maritime, du développement rural et des eaux et forêts tablent sur un PIB agricole dépassant les 105 milliards de dirhams. Selon la tutelle, le PIB agricole continuera à montrer une bonne résilience et ne connaîtra pas une grande rétraction. Les estimations provisoires montrent que cette baisse restera contenue autour de 5%, et ce hors agroalimentaire. Une solidité tirée par le bon comportement de toutes les filières de production.

La tutelle prévoit dans ce sens un bon comportement de l’arboriculture fruitière aussi bien pour les espèces qui entrent en production en cette période que pour les espèces en floraison et dont la production sera sur les marchés à partir de septembre et les mois suivants.
Le département de l’agriculture note que la phase de floraison se passe également dans de bonnes conditions aussi bien en termes de température que d’humidité. De même de bonnes perspectives de production s’annoncent pour les agrumes et les oliviers en stade de floraison. Des anticipations qui tiennent compte d’une situation climatique favorable les mois à venir, notamment en mai et juin. Pour ce qui est des assolements d’hiver, ils sont équilibrés et assurent une production abondante et diversifiée pendant toute la période printanière. Citons à cet effet les légumes, en l’occurrence la tomate, la pomme de terre, les oignons, l’aubergine, les navets, les artichauts, le petit pois, la canne et la betterave à sucre dont les récoltes sont en cours.

Compte tenu de l’état de ces cultures, le département de l’agriculture s’attend à une bonne production voire des rendements records, notamment pour la betterave à sucre du périmètre de Tadla et du Gharb. Pour ce qui est des assolements des cultures semées au printemps en grande partie dans les zones irriguées, le ministère assure qu’ils sont réalisés dans de bonnes conditions et permettront une bonne production. Il est à indiquer que toutes les dispositions sont prises pour les assolements des cultures d’été dont la production est mise en marché pendant la période de septembre à décembre, coïncidant avec le commencement de la nouvelle année agricole.

S’agissant des estimations prévisionnelles de la céréaliculture, le ministère anticipe une production de 30 millions de quintaux des trois céréales principales, soit en repli de 42% comparé à la campagne précédente. La production estimée est issue d’une superficie céréalière semée au titre de cette campagne de 4,3 millions hectares dont 2 millions d’hectares complètement perdus en termes de production céréalière en bour. Une partie a été reconvertie en fourrage pour les animaux dans certaines zones.
Par espèce, la production céréalière prévisionnelle est constituée de 16,5 millions quintaux de blé tendre, de 7,5 millions quintaux de blé dur et de 5,8 millions quintaux d’orge. Malgré la baisse de production, l’approvisionnement du marché en céréales demeure régulier couvrant plus de 4,5 mois. Le stock est, en effet, renouvelé en permanence à travers les différentes mesures prises à ce niveau afin de maintenir une régularité dans les disponibilités de céréales sur le marché national.

Amélioration notable de la production en ressources pastorales

Pour pallier le déficit pluviométrique, le département de l’agriculture a fait une approche anticipative visant à réduire l’impact engendré par le retard des pluies. Le programme de sauvegarde du cheptel lancé dans ce sens ainsi que les dernières pluies ont contribué à l’amélioration de la situation des ressources fourragères des parcours et ce dans plusieurs régions du Royaume.

La tutelle observe, également, une amélioration grandissante de la production en ressources pastorales dans plusieurs régions. La situation évoluerait positivement, si l’on tient compte des prévisions pluviométriques favorables. Sur le plan sanitaire, les programmes de vaccination se poursuivent tel que programmé et le suivi des services de l’ONSSA fait état d’un bon état sanitaire du cheptel. Pour rappel, la campagne a connu de faibles précipitations à tous les stades de développement des céréales. Elle a été, également, caractérisée par de longues périodes sèches (près de 40 jours) pendant les périodes de tallage et de montaison. Le déficit pluviométrique a touché toutes les régions céréalières à un degré plus ou moins important.

Dans la Chaouia et le Haouz, ce déficit a été de 50% en moyenne. Il s’est situé, en revanche, entre 30 et 45% dans le Saïss, le pré-Rif et le Nord avec un niveau de précipitation relativement favorable pour la croissance et le développement des céréales. Ainsi, la campagne agricole a été moyenne dans le Saïss et le Gharb et faible dans le reste des régions.

» Source de l'article: aujourdhui

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