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Economie

La courbe du chômage remonte au premier trimestre

10.05.2020 - 21:43
Après l’embellie observée sur le front du chômage au terme de l’année 2019, qui s’était traduite par le recul du taux de chômage de 9,5% à 9,2% au niveau national, la situation sur le marché du travail s’est brutalement dégradée au premier trimestre 2020. La crise humanitaire, provoquée par la pandémie de coronavirus (Covid-19), n’y est sans doute pas étrangère. 
Selon les chiffres publiés par le Haut-commissariat au plan (HCP), le taux de chômage est reparti à la hausse au cours des trois premiers mois de l’année 2020, passant de 9,1% (durant la même période de l’année écoulée) à 10,5% au niveau national, de 13,3% à 15,1% en milieu urbain et de 3,1% à 3,9% en milieu rural.
En effet, le nombre total de chômeurs s’est accru de 208.000 personnes au niveau national, suite à l’augmentation de 165.000 personnes en milieu urbain et de 43.000 en milieu rural. Il s’établit ainsi à 1.292.000 chômeurs.
Comme l’avaient montré les données statistiques relatives à la situation du marché du travail de l’année écoulée, le chômage reste une fois encore le lot des jeunes et des diplômés au terme du premier trimestre 2020. 
D’après l’institution publique, « les hausses les plus importantes du taux de chômage ont été relevées parmi les jeunes âgés de 15 à 24 ans (3,9 points), les personnes âgées de 25 à 34 ans (2,3 points), les personnes disposant d’un diplôme (1,9 point) et les hommes (1,6 point) ».
A en croire les analystes du HCP, « les taux de chômage les plus élevés sont relevés, en particulier, parmi les femmes (14,3% contre 9,3% parmi les hommes), les jeunes âgés de 15 à 24 ans (26,8% contre 8,2% parmi les personnes âgées de 25 ans et plus) et les détenteurs d’un diplôme (17,8% contre 3,6% parmi les personnes n’ayant aucun diplôme) ».
Dans une récente note d’information relative cette fois-ci à la situation du marché du travail au premier trimestre de l’année en cours, le Haut-commissariat a noté que « la moitié des chômeurs (50,7%) sont à la recherche de leur premier emploi (44,4% parmi les hommes et 63,0% parmi les femmes) » alors que les deux-tiers d’entre eux (66,1%) sont en situation de chômage depuis une année ou plus (62,1% parmi les hommes et 74,0% parmi les femmes). 
Toujours selon les données du Haut-commissariat, « 30,4% des chômeurs se sont retrouvés dans cette situation suite au licenciement ou à l’arrêt de l’activité de l’établissement employeur ».
Des chiffres publiés par le Haut-commissariat, il ressort aussi que près des trois quarts des chômeurs (75,3%) sont concentrés dans cinq régions : Casablanca-Settat vient en première position avec 26,6% de chômeurs, suivie de Rabat-Salé-Kénitra (14,9%), de Fès-Meknès (12,8%), de l’Oriental (11,6%) et de Tanger-Tétouan-Al Hoceima (9,5%), peut-on lire dans le communiqué.
A noter que les régions de l’Oriental et du Sud enregistrent les taux de chômage les plus élevés, avec respectivement 18,8% et 16,7%, selon les observations du Haut-commissariat.
« Avec moins d’acuité, trois autres régions dépassent la moyenne nationale (10,5%), à savoir Casablanca-Settat (12,4%), Fès-Meknès (11,8%) et Rabat-Salé-Kénitra (11,8%) », a fait savoir l’institution publique. 
Quant aux régions de Marrakech-Safi, de Béni Mellal-Khénifra et de Drâa-Tafilalet, les données statistiques révèlent qu’elles enregistrent les taux les plus bas avec respectivement 5,4%, 6% et 6,5%.
Soulignons, par ailleurs, qu’entre le premier trimestre de 2019 et la même période de 2020, le volume d’emploi dans le secteur de l’« agriculture, forêt et pêche » a enregistré une baisse de 3,6%, perdant ainsi 134.000 postes d’emploi, 104.000 en milieu rural et 30.000 en milieu urbain.
Du côté du secteur des BTP, les chiffres font état d’une perte de 1.000 postes, consécutive à la création de 25.000 postes en milieu rural et à la perte de 26.000 en milieu urbain.
Avec une création de 192.000 postes au niveau national, 119.000 en milieu urbain et 73.000 en milieu rural, le volume d’emploi dans le secteur des « services » a progressé de 4,1%.
Quant au volume d’emploi dans le secteur de l’« industrie y compris l’artisanat », il apparait qu’il s’est accru de 1,8%, créant ainsi 23.000 postes, résultant d’une création de 20.000 postes en milieu urbain et de 3.000 en milieu rural.
Analysant la situation régionale du marché du travail, le HCP a relevé que cinq régions abritent 72% de l’ensemble des actifs âgés de 15 ans et plus. Il s’agit dans l’ordre de la région de Casablanca-Settat, qui vient en première position avec 22,7% d’actifs, de Marrakech-Safi (13,4%), de Rabat-Salé-Kénitra (13,4%), de Fès-Meknès (11,4%) et de Tanger-Tétouan-Al Hoceima (11,2%).
Poursuivant ses observations, le Haut-commissariat a également noté que les régions de Casablanca-Settat, Tanger-Tétouan-Al Hoceima et Marrakech-Safi  ont affiché des taux d’activité plus élevés que la moyenne nationale (46%), avec respectivement 49,7%, 48,6% et 47,8%. 
Le HCP a, en revanche, relevé que les taux les plus bas ont été enregistrés dans les régions de Fès-Meknès (42,7%), de l’Oriental (42,8%) et de Souss-Massa (43%).
Soulignons que la population active occupée en situation de sous-emploi lié au nombre d’heures travaillées a atteint 443.000 personnes avec un taux de 4,1%. 
Quant à la population en situation de sous-emploi lié à l’insuffisance de revenu ou à l’inadéquation entre la formation et l’emploi exercé, son nombre est de 511.000 personnes (4,7%).  
En somme, le HCP a noté que « le volume de sous-emploi, dans ses deux composantes, est de 954.000 personnes. Le taux global de sous-emploi est passé de 9,7% à 8,8% au niveau national, de 8,8% à 8,7% en milieu urbain et de 10,7% à 8,9% en milieu rural ».
» Source de l'article: liberation

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