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Economie

L’événementiel veut sortir la tête de l’eau

15.06.2020 - 13:43

Un secteur ayant énormément souffert de la crise sanitaire

«Il est temps de lancer une campagne de sensibilisation pour que les donneurs d’ordre n’abandonnent pas le secteur de l’événementiel». L’appel est lancé par Aziz Bouslamti, président du Groupement professionnel des prestataires de l’événementiel du Maroc (GPPEM), mercredi lors d’un webinaire. Cet événement, intitulé «L’après-Covid-19, quel avenir pour l’industrie de l’événementiel ?», était pour lui une occasion de mettre en avant ce domaine qui a, comme il le précise, un quart de siècle d’expertise. Le tout en exaltant l’apport de ce secteur à l’économie du pays.

Un secteur au cœur de la reprise économique

Au sens de M. Bouslamti, l’événementiel «est au cœur de la reprise économique». Pour concrétiser cette contribution, il serait judicieux de sauver le secteur, qui réalise un chiffre d’affaires de 63 milliards DH, soit 5% du PIB et qui compte 5.000 agences et 190.000 emplois. A cet effet, le groupement qu’il préside envisage de travailler davantage avec la Confédération générale des entreprises du Maroc (CGEM). De plus, le GPPEM vient de concevoir un plan de relance qu’il tient à expliquer et défendre. Et ce n’est pas tout. M. Bouslamti s’exprime sur la raison d’être de l’événementiel. Les événements en mode présentiel ayant un charme inégalé. «Rien ne peut remplacer le contact humain. Sur le digital, on ne peut pas tout faire et il ne pourra jamais sauver l’écosystème en termes de chiffre d’affaires», exalte-t-il. Mieux encore, il a une pensée pour les freelances qui sont adhérents en grande partie au groupement. «Nous avons signé une convention avec freelance.com pour donner aux indépendants la possibilité de se faire payer et recevoir des factures», détaille l’orateur.

Une portage social

Le freelance est aussi au centre des intérêts de Hamid Benlafdil, vice-président général de la Fédération du commerce et des services (FCS-CGEM). «Il est peut-être temps de faire des propositions aux pouvoirs publics pour le portage social des freelances à travers des mécanismes légaux», suggère-t-il. M. Benlafdil, qui partage l’avis de M. Bouslamti, sur le présentiel, tout comme d’autres intervenants à l’événement, estime que l’organisation d’événements permet «la fiabilité des discours». A propos du plan de relance, le vice-président général indique : «Nous avons besoin de mettre en place ce protocole pour protéger les salariés et clients des entreprises pour que le démarrage se fasse dans la sérénité. Il faut que ces entreprises puissent retrouver des commandes, du cash et des collaborateurs». Pour lui, l’industrie de l’événementiel a également permis le développement de l’image internationale et la visibilité du Maroc.

Une lueur d’espoir

Egalement de la partie, Jawad Chami, commissaire général du Salon international de l’agriculture au Maroc (SIAM), donne, de son côté, une lueur d’espoir. Pour lui, cette crise de Covid-19 ne doit pas impacter le secteur. «C’est d’abord une crise de visibilité. Nous avons besoin d’avoir un agenda, un programme de travail et une feuille de route. Ces entreprises connaissent de graves problèmes de trésorerie», lance-t-il. Le responsable s’exprime même sur les mesures sanitaires qui ne sont pas censées créer de distanciation. «Quand on en parle, je suis gêné. Il y a une contradiction entre célébration et gestes barrières. Les événements sont plutôt des moments de chaleur et de fraternité. Il faut arriver à vaincre le virus. Nous attendons le SIAM avec impatience. Il y a des limites au digital. Je ne pense pas qu’on serait dans l’hybride. On a besoin de faire la fête en vrai. Un jour viendra où cette crise sera dépassée. Je suis très confiant par rapport à demain et qu’il sera meilleur à condition que nous sachions traverser ensemble cette période difficile», exalte-t-il. M. Chami ne manque pas de remonter au moment de l’annonce de l’annulation de l’événement cette année. «J’ai pensé aux 2.600 artisans qui s’activent chaque année et 400 étudiants recrutés pour nous accompagner. J’ai pensé aussi aux 1.700 exposants que nous recevons chaque année dont 30% d’étrangers», poursuit-il. Le responsable se félicite également de la capacité du Maroc d’organiser cet événement de grande envergure même à l’échelle internationale de par l’apport des agences de l’événementiel aussi. «Le savoir-faire marocain n’est pas que marocain. Il y a de la place pour que les entreprises marocaines puissent aller, en tant que pionnières, prendre des marchés à l’étranger et en Europe», ajoute-t-il.

Des expériences d’ailleurs

Invitée à ce webinaire, Pulchérie Djéni, présidente de l’Association africaine des professionnels de l’industrie événementielle, raconte l’expérience de cette structure. «Nous avons besoin de fédérer les acteurs de cette industrie. C’est pour cela que nous avons créé cette structure à Abidjan», indique la présidente de cette association qui a également une représentation au Maroc. Un besoin qui trouve un bon écho chez M. Bouslamti qui indique que son groupement est disposé à travailler avec l’Afrique subsaharienne pour rapprocher les expertises. De son côté, Arnaud Chouraki, administrateur de l’association «L’événement» en France, détaille les pas entrepris par cette structure pour sauver le secteur. A commencer par la sollicitation de l’aide du gouvernement qui a, comme il l’indique, «fait un travail fantastique». «Par contre nous sommes inquiets par rapport à la relance économique parce que celle-ci va passer par la qualité de la demande de nos clients», reconnaît-il. Quant au digital, il indique, à son tour, qu’il ne remplacera jamais le présentiel. «Nous prendrons le meilleur du digital et du présentiel pour faire un mix. Cependant, nous sentons chez le client une volonté de revenir au présentiel», conclut-il.

» Source de l'article: aujourdhui

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