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Economie

Innovation, intelligence collective et action commune : Economie frugale, un impératif de relance post-Covid

17.06.2020 - 13:13

Au niveau national, l’économie sociale et solidaire représente 4,9% de la population active. Un ratio qui devrait atteindre les 9,3% à horizon 2030. Le nombre des travailleurs dans ce spectre est estimé à 600.000 personnes.

En ce contexte de décroissance mondiale, l’économie frugale s’avère l’une des alternatives de création de valeur à adopter. La crise sanitaire est non seulement venue rappeler les fragilités de chaque économie mais également englobe en elle des opportunités de relance et de nouvelles perspectives de développement. Les concepts émergents ont fait leurs preuves en ce timing. La dynamique sociale opérée en cette conjoncture particulière ouvre la voie à la réflexion autour des paradigmes à changer pour réussir la transition post-Covid.

L’innovation frugale est l’une des pistes à explorer en privilégiant les nouvelles technologies, l’ingéniosité humaine et collective africaine et l’action commune. Les particularités de ce concept ont été débattues lors d’un Web Act initié par l’association Maroc Impact, avec l’appui du ministère du tourisme, de l’artisanat, du transport aérien et de l’économie sociale et solidaire. L’idée étant comment faire prospérer la notion de frugalité dans l’économie africaine et d’opérer un renouvellement des idées pour une action commune et collective.

Au Maroc, l’innovation frugale s’illustre par l’émergence de l’économie sociale et solidaire. «L’économie sociale et solidaire est cette troisième voie qui va permettre à une large frange de population de créer des projets d’entreprendre et de travailler ensemble pour limiter la précarité et créer de la richesse et notamment dans le milieu rural et marginalisé et particulièrement chez les femmes et les jeunes», peut-on relever de l’intervention de Nadia Fettah Alaoui, ministre du tourisme, de l’artisanat, du transport aérien et de l’économie sociale et solidaire. Et de préciser que «l’économie sociale et solidaire est une activité de territoire par excellence. C’est dans les territoires qu’elle prend tout son sens». Au niveau national, l’économie sociale et solidaire représente 4,9% de la population active. Un ratio qui devrait atteindre les 9,3% à horizon 2030. Le nombre des travailleurs dans ce spectre est estimé à 600.000 personnes.

Un effectif qui devrait doubler pour atteindre dans 10 ans une population de 1,2 million de personnes. La dynamique de l’économie sociale et solidaire au Maroc s’illustre par le développement du tissu coopératif et associatif. On retient dans ce sens l’existence de 27.000 coopératives au Maroc comptant 550.000 adhérents ainsi que 160.000 associations. Cette capillarité est appelée à s’améliorer du fait du nouveau cap qui s’annonce. Des perspectives prometteuses qui s’annoncent non seulement au Maroc mais sur l’ensemble du continent. «Il est de notre devoir d’enrichir cette coopération sud-sud, ancrée dans notre ADN et dans notre ambition panafricaine, et qui va pouvoir s’exprimer avec vraiment beaucoup de réussite autour de cette thématique de l’économie sociale et solidaire et l’innovation frugale», affirme Mme Fettah Alaoui.

L’ensemble des intervenants à ce Web Act ont été unanimes sur le fait que le continent africain est un véritable laboratoire de l’innovation frugale. Ce concept se développe sûrement à l’échelle continentale. Plusieurs pays ont démontré leur capacité à innover et ont fait preuve de proactivité en cette crise sanitaire relevant ainsi le pari dans une période de contraintes et d’incertitudes. «L’Afrique peut aller bien en avant dans cette pratique et devenir pionnière dans l’économie frugale. Les entrepreneurs africains ont déjà dans leur ADN cette frugalité qui consiste à ne pas se plaindre des ressources et à préserver le talent humain», explique dans ce sens Navi Radjou, expert en la matière. Telle qu’elle a été définie, la frugalité est une nouvelle approche qui consiste à créer plus de valeur économique, sociale et écologique avec moins de ressources. Ce concept porte autour de trois piliers. Citons en premier le partage des ressources interentreprises aussi bien tangibles qu’intangibles. Ce partage offrira à l’économie africaine un potentiel de trillions de dollars et fera gagner à son PIB 2 points de croissance.

«L’économie sociale et solidaire est cette troisième voie qui va permettre à une large frange de population de créer des projets d’entreprendre et de travailler ensemble pour limiter la précarité et créer de la richesse et notamment dans le milieu rural et marginalisé et particulièrement chez les femmes et les jeunes».

Le deuxième pilier de la frugalité est la production décentralisée. L’objectif étant de produire au plus près de la consommation à travers des micro-usines qui généreraient davantage d’emploi dans la sphère africaine. La régénération vient ainsi compléter ce triangle de frugalité. L’ambition étant de créer un label «Re-made» africain. Rappelons que le Web Act de Maroc Impulse était une occasion pour annoncer le lancement de la nouvelle plateforme «Muhub.Africa», qui vient en succession de la plateforme nationale multi-acteurs «Muhub.ma». Maroc Impact a été très actif au cours de cette crise sanitaire Covid-19, notamment à travers le lancement de l’initiative «Solidaires avec les coopératives» (SAC) en partenariat avec la Fondation SMarT, et le déploiement de la plateforme «Muhub.ma» en partenariat avec le Société Générale Maroc et l’Université Hassan II de Casablanca.

» Source de l'article: aujourdhui

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