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Economie

Covid-19 : Les banques résilientes

09.07.2020 - 23:18

11ème réunion du comité de coordination et de surveillance de Bank Al-Maghrib

Risques macroéconomiques, délais de paiement interentreprises, résistances des banques aux impacts de la Covid-19… autant d’axes relevés par le Comité de coordination et de surveillance des risques systémiques qui a tenu le 6 juillet au siège de Bank Al-Maghrib (BAM) à Rabat sa onzième réunion.

Les détails.

Risques macroéconomiques
Lors de cette réunion, le Comité a mis l’accent sur le fait que «malgré les évolutions globalement modérées en 2019, les risques macroéconomiques devraient s’aggraver en 2020, sous l’effet du choc pandémique dont les répercussions vont indéniablement détériorer les conditions macroéconomiques en 2020 avant d’entamer progressivement une reprise à compter de 2021» ajoutant qu’au niveau national, la croissance, doublement affaiblie en 2020 par les effets de la sécheresse et par l’arrêt total ou partiel de l’activité dans plusieurs secteurs du fait de la pandémie, devrait se contracter à -5,2% dans le cadre d’un scénario de reprise en «V».
S’agissant des comptes extérieurs, le Comité prévoit que «le déficit du compte courant, après son raffermissement de 1,2 point de PIB en 2019, devrait se creuser fortement en 2020 à 10,3% du PIB avant de s’améliorer partiellement en 2021 à 5,8% grâce notamment à la mobilisation des financements extérieurs et la reprise rapide prévue en 2021». Dans ce sens, les avoirs officiels de réserve (qui se sont améliorés en 2019 à 253,4 milliards de dirhams assurant une couverture de 6 mois et 8 jours d’importations de biens et services) devraient baisser sur l’horizon de prévision. Par ailleurs, leur niveau permettrait de couvrir autour de 5 mois d’importations aussi bien en 2020 qu’en 2021. Pour ce qui est des finances publiques, le déficit budgétaire devrait se creuser à 7,6% en 2020 puis s’atténuer à 5% en 2021. Cela se traduirait par une hausse de la dette du Trésor, soit 75,3% du PIB) puis 75,4% en 2020 et 2021 respectivement).

Les délais de paiement interentreprises atteignent 157 jours en moyenne
Les délais de paiement des créances interentreprises se sont allongés de façon sensible particulièrement pour les TPE avec des délais de règlement clients passant pour cette catégorie, d’une année à l’autre, de 107 jours de chiffre d’affaires à 157 jours en moyenne, selon une étude réalisée par Bank Al-Maghrib. Ladite étude est portée sur un échantillon de près de 70.800 entreprises non financières dont les données disponibles concernant l’exercice 2018 ont été fiabilisées, précise la même source. Le comité indique que les autorités publiques et le secteur privé sont appelés aujourd’hui plus que jamais à capitaliser sur les mesures déjà entreprises et à consentir plus d’efforts pour faire face à cette problématique.

Les banques affichent des fondamentaux solides
L’exercice de macro stress test effectué par Bank Al-Maghrib en juin 2020 fait ressortir à cette date la résilience des banques au choc induit par la crise de Covid-19, précise-t-on. Les banques démontrent des fondamentaux solides tenant compte des indicateurs et ratios de liquidité, de rentabilité et d’adéquation des fonds propres malgré l’environnement porteur de risques. «Le secteur bancaire a ainsi dégagé en 2019 un ratio moyen de solvabilité, sur base sociale de 15,6% et un ratio moyen de fonds propres de catégorie 1 de 11,5%, largement supérieurs aux minimas réglementaires de 12% et 9% respectivement», indique le Comité de coordination et de surveillance des risques systémiques soulignant que le risque de concentration sur les grands débiteurs auquel sont exposées les banques continue, dans le contexte de crise sanitaire actuelle, de faire l’objet d’un suivi particulier.

Assurances : Les branches vie et non vie en bonne forme

«Le secteur des assurances continue, dans l’ensemble, de montrer des signes de solidité dans ses branches vie et non vie. Le volume global des primes a atteint en 2019, 44,9 milliards de dirhams, en progression de 8,5%», souligne le comité faisant remarquer également que les résultats nets sont en hausse de 6% sous l’effet de l’amélioration de la marge d’exploitation et du solde financier.
Dans le même sens, le rendement des capitaux (ROE) se maintient à un niveau appréciable à 9,6%. Du côté des plus-values latentes, elles ont enregistré une amélioration de 24,2% en lien avec la performance du marché boursier conjuguée à une baisse des taux.
Par ailleurs, les exigences réglementaires en matière de couverture des provisions techniques par les placements sont respectées au niveau prudentiel, précise la même source. Parallèlement, le secteur continue de dégager une marge de solvabilité largement supérieure au minimum réglementaire exigé.
Par ailleurs, les exercices de stress tests réalisés en mars 2020 démontrent à cette date la résilience des entreprises d’assurances aux chocs sur le portefeuille actions et immobilier ainsi que ceux résultant de conditions macroéconomiques et techniques défavorables, notamment celles en lien avec la pandémie Covid-19.

 

 

 

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