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Economie

Financement des ménages : Un endettement moyen de 43.458 dirhams en 2019

06.08.2020 - 22:09

La dette des ménages a connu une décélération en 2019. Une évolution qui reflète le ralentissement des crédits à l’habitat.

C’est ce que l’on peut retenir de Bank Al-Maghrib dans son dernier rapport sur la stabilité financière élaboré conjointement avec l’ACAPS et l’AMMC. Portant sur une valeur de 358,6 milliards de dirhams, l’encours de la dette des ménages s’est inscrit en hausse de 5,1% alors que cette croissance tournait autour de 5,7% une année auparavant. En revanche, le montant moyen d’endettement par ménage a marqué une légère hausse par rapport au niveau atteint un exercice plus tôt. Il s’est établi en 2019 autour de 43.458 dirhams contre 42.500 dirhams une année plus tôt.

«Rapporté au PIB, cet encours s’est établi à 31,1% contre 30,8% en 2019 soit un niveau globalement quasi-stable depuis 2014», relève-t-on de la banque centrale. Et d’ajouter que «comparé à d’autres économies et sous réserve de toutes les spécificités les caractérisant, ce ratio est situé à un niveau plus élevé que celui des pays en développement et certains pays émergents, et demeure en deçà des niveaux observés dans les économies avancées».

Bank Al-Maghrib observe dans son analyse un ralentissement des crédits aux ménages résidant au Maroc en 2019. Ces prêts ont affiché une croissance de 5,1% contre 6,5% en 2019, totalisant ainsi un encours de l’ordre de 338,9 milliards de dirhams.
En pourcentage du PIB, ces prêts ne cessent d’accroitre, passant ainsi de 24,3% en 2009 à 29,4% en 2019. En parallèle, la dette des marocains résidant à l’étranger a poursuivi son repli observé durant les trois dernières années fléchissant de 1,3% en 2019 pour revenir à 19,7 milliards de dirhams. Cette dette représente, selon la Banque Centrale, 30,4% de leurs transferts.

Les prêts destinés à l’acquisition de logement constituent, selon l’analyse de Bank Al-Maghrib, l’essentiel de l’endettement des ménages. Ils demeurent majoritairement assortis à un taux fixe avec des maturités de remboursement d’une moyenne de 20 ans. «Les ménages ont eu recours aux crédits en bonne partie pour financer leurs acquisitions immobilières. Leur dette est constituée à hauteur de 63% des crédits à l’habitat, en léger retrait par rapport à l’année précédente de 0,8%, en lien avec la morosité du marché immobilier», commente la Banque centrale. En effet, le rythme de progression des crédits au ménages destinés au financement de l’habitat a enregistré son plus bas niveau en 2019 soit 3,8% contre une moyenne de 6,2% observée sur la période 2012-2018. « Ces crédits totalisent un encours de 226 milliards de dirhams, dont 5,7 milliards de dirhams correspondent aux financements Mourabaha immobilière accordés par les banques et fenêtres participatives », peut-on lire du rapport sur la stabilité financière. Et de poursuivre que « les prêts encouragés par l’État, représentant 19,2% du total des crédits à l’habitat en 2019, d’un encours de 38,5 milliards de dirhams, ont décéléré à 2,1% contre 0,9% en 2018 et 4,5% en 2017. Les crédits Fogarim en constituent plus de 44% ou 19,3 milliards de dirhams ».

Bank Al-Maghrib rappelle, dans ce sens, que le ralentissement des crédits à l’habitat intervient malgré l’assouplissement des conditions financières illustré notamment par la tendance globalement baissière des taux d’intérêts assortissant ces crédits et la quasi-stagnation par rapport à 2018 des prix immobiliers pour l’ensemble des catégories de biens.
Notons que le volume de transactions immobilières a ainsi baissé de 3,8% en 2019 après la hausse de 4,8% enregistrée en 2018.
De même, la production annuelle correspondant aux nouveaux prêts à l’habitat, a poursuivi sa régression en accusant un repli de 3,9% en 2019 après des baisses successives de 3% et de 2% en 2018 et 2017. Il est à souligner que les prêts à la consommation (132 milliards de dirhams) ont continué en 2019 leur progression à un rythme soutenu (+7,4%) avec un allongement de plus en plus croissant de leur durée initiale de remboursement. Ils sont majoritairement sous forme de prêts personnels non affectés au financement de projets spécifiques pour une part en hausse à 70%, suivis par ceux destinés à l’acquisition de voiture, sous forme de prêts classiques ou de location avec option d’achat, avec une proportion de 22%.

Crédit bancaire : Le profilage des clients

Les fonctionnaires font partie de la catégorie socio-professionnelle la plus endettée. L’analyse de l’endettement financier des ménages réalisée par Bank Al Maghrib indique que ces derniers représentent 42,6% des bénéficiaires de nouveaux crédits analysés, avec un taux d’endettement moyen de l’ordre de 34%. Les salariés arrivent en deuxième position avec une part de 41,6% des crédits octroyés et une charge d’endettement de 38,3% de leur revenu. Les retraités décrochent à leur tour une part de 9% et une charge d’endettement de 28,5%. De même, la part des personnes exerçant une profession libérale s’élève à 4,6% avec une charge de 26,4%.

La répartition par revenus, démontre que les clients ayant un revenu supérieur à 6.000 dirhams cumulent près de 66% des crédits accordés au moment où les personnes qui perçoivent un revenu oscillant entre 4.000 et 6.000 dirhams détiennent 20,4%. Les personnes ayant un revenu inférieur à 4.000 dirhams captent pour leur part 13,4% du montant global financé. Bank Al Maghrib indique, par ailleurs, ne pas observer une évolution significative en termes de répartition des bénéficiaires par tranche d’âge. Presque la moitié des bénéficiaires (47,1%) est constituée de personnes âgées entre 41 et 60 ans. Les personnes âgées de plus de 60 ans représentent, quant à elles, 15,5% des bénéficiaires. Avec un taux d’endettement de 30,2%, les jeunes de 31 à 40 ans constituent une part de 24,6% contre 13% pour ceux ayant moins de 30 ans.

» Source de l'article: aujourdhui

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