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Economie

Seulement 4,96 millions de passagers dans nos aéroports à fin juin

01.09.2020 - 23:18

L’ONDA dresse un bilan financier et opérationnel en repli au 1er semestre

Les réalisations de l’Office au premier semestre de l’année démontrent clairement l’impact de la crise sanitaire. L’activité dans son ensemble présente un essoufflement aussi bien en glissement trimestriel que semestriel.

Fortement impacté par la crise sanitaire, le transport aérien se voit anéanti par la Covid-19. Cette pandémie qui sévit au niveau international a engendré de lourdes pertes dans ce secteur. La fermeture des frontières et les restrictions de mobilité ont en effet figé cette activité aussi bien en interne qu’en externe. Le Maroc n’est pas en reste. Le paysage aérien national est toujours brouillé. Mis à part les vols exceptionnels autorisés par les autorités marocaines, l’activité aérienne n’a toujours pas repris. Une conjoncture qui pénalise l’industrie du voyage dans toutes ses composantes. Si les indicateurs du tourisme ne sont pas encore dévoilés, ceux du trafic aérien viennent d’être partagés par l’Office national des aéroports. Les réalisations financières et opérationnelles de l’Office au premier semestre de l’année démontrent clairement l’impact de la crise sanitaire. L’activité dans son ensemble présente un essoufflement aussi bien en glissement trimestriel que semestriel. Le détail.

Baisse de 57,5% du trafic passagers

Ils sont au total 4,96 millions de passagers à être accueillis dans les différents aéroports du Maroc au premier semestre de l’année, dont 52.509 voyageurs au deuxième trimestre. Ce trafic marque, ainsi, une baisse de 57,5% par rapport au premier semestre 2019 (11,66 millions de passagers) et de 99,1% comparé au deuxième semestre de l’année précédente (6,04 millions de passagers). En effet, le trafic aérien s’est retrouvé quasiment à l’arrêt durant le deuxième quart de l’année et ce juste après la suspension des vols internationaux en date du 15 mars dernier. Compte tenu du contexte particulier, le mouvement d’avions s’est réduit de moitié au titre des six premiers mois de l’année. On note, dans ce sens, une baisse de 54,8% au premier semestre. Pour ce qui est de la tendance observée au deuxième trimestre, le mouvement d’avions marque une baisse de 96,6% revenant à 1.731 contre 50.595 recensés au deuxième trimestre de l’exercice précédent. S’agissant du fret aérien, l’ONDA fait ressortir, dans ce sens, une baisse de 36,3% au titre du premier semestre de l’année, soit un volume transporté de l’ordre de 30.998 tonnes, dont 9.387 au deuxième trimestre de l’année (-64%). Les mouvements de survol ont, par conséquent, baissé de 52,3% revenant ainsi à 788.573 contre 1.653.651 enregistrés à la même période de l’année passée.
L’évolution trimestrielle affiche pour sa part une contraction de 93,8% des mouvements de survols entre avril et juin 2020.

Des pertes conséquentes du chiffre d’affaires

Le ralentissement de l’activité aérienne sur les comptes de l’ONDA s’est traduit par une nette baisse de son chiffre d’affaires. L’Office fait ressortir, à ce propos, une dépréciation de 48,2% de son chiffre d’affaires réalisé durant les six premiers mois de l’année. Il s’est, ainsi, établi à 1,01 milliard DH à fin juin 2020 contre 1,94 milliard DH à la même période de l’année précédente. L’évolution trimestrielle du chiffre d’affaires laisse apparaître une baisse de 90,6% entre avril et juin 2020. En effet, le chiffre d’affaires réalisé par l’ONDA au deuxième trimestre de l’année n’a pas dépassé les 94 millions DH alors qu’il se situait à plus de 1 milliard DH à la même période de l’exercice précédent. «La baisse du chiffre d’affaires au premier semestre a concerné l’ensemble des redevances aéroportuaires (-52,4%), de survol (-52,9%) et non aéronautiques (-42,3%)», commente l’Office national des aéroports.

L’Office déclare, par ailleurs, avoir réalisé des investissements en hausse de 2,1% au premier semestre. Le montant injecté, dans ce sens, s’élève à 346 millions DH à fin juin. Il est à noter que l’effort d’investissement s’est nettement consolidé au deuxième trimestre de l’année. L’Office a injecté, entre avril et juin 2020, 63 millions DH d’investissements marquant ainsi un pic de 244,8% par rapport à la même période de l’année passée. «Les investissements réalisés à fin juin concernent principalement le projet de mise à niveau des infrastructures aéronautiques de l’aéroport de Fès Saiss, le projet de construction d’un nouveau Terminal à l’aéroport Rabat Salé et le projet de mise en place d’un système de détection automatique des explosifs EDS 3 à l’aéroport Mohammed V», peut-on relever de l’Office. L’Office a, par ailleurs, vu son niveau d’endettement s’accentuer durant le premier semestre. On relève, à cet effet, des dettes de financement de l’ordre de 6,2 milliards DH, en consolidation de 1,42 milliard DH (29,7%). Cette hausse s’explique en effet par l’émission en juin dernier d’un emprunt obligataire de 1,5 milliard DH en vue du remboursement de l’emprunt obligataire arrivant à échéance en décembre 2020.

Transport aérien : Le retour à la normale attendu pour 2024

L’Association internationale du transport aérien (IATA) brosse un tableau fade de l’activité aérienne à l’échelle internationale. «Le rythme normal de l’activité ne pourrait reprendre qu’à partir de 2023 voire 2024», estime l’Association. Les pertes dans le secteur s’établiraient selon le même organisme à 252 milliards de dollars et ce dans un scénario des plus optimistes.

Dans une récente analyse du secteur, l’IATA indique que pas moins de 4,5 millions de vols ont été annulés durant la période de confinement. Ces annulations ont été fortement signalées au niveau d’Air France, British Airways, Emirates, Qatar Airways et American Airlines. L’impact de la crise sanitaire dans le secteur s’est traduit par une forte suppression de l’emploi. L’IATA recense, à cet effet, environ 25 millions d’emploi menacés dans l’aérien, et ce à l’échelle mondiale.

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