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Economie

Mohammed Khalid Alami : «Toute forme de vente traditionnelle doit aujourd’hui être déclinée en ligne»

18.09.2020 - 13:06

Entretien avec Mohammed Khalid Alami, président de la Fédération des entreprises de l’artisanat (FEA)

Le savoir-faire de l’artisan marocain est reconnu dans le monde entier. De Paris à New-York, notre artisanat inspire les plus grandes enseignes commerciales et les grands noms du design et de la mode. En revanche, une grande partie des petites entreprises du secteur au niveau national peine à avoir une visibilité lui permettant de commercialiser ses propres produits. Une situation qui se complique avec la Covid-19, avec toutes les restrictions sanitaires mises en place pour limiter la propagation de la pandémie et les difficultés financières des artisans qui étaient en arrêt d’activité durant toute la période du confinement. Pour sortir de cette crise et permettre aux artisans d’avoir une vitrine numérique, le ministère de tutelle à travers la Maison de l’artisan a conclu récemment une convention avec des plateformes de commerce électronique dont l’objectif serait de donner un coup de pouce aux artisans. En sa qualité de président de la Fédération des entreprises de l’artisanat (FEA), Mohammed Khalid Alami, nous livre son point de vue sur le sujet.

ALM : Un partenariat a été signé récemment entre le ministère du tourisme, de l’artisanat, du transport aérien et de l’économie sociale à travers la Maison de l’artisan et des plateformes de commerce électronique, qu’est-ce que cet accord implique dans le contexte actuel de crise sanitaire ?

Mohammed Khalid Alami : Cette initiative s’inscrit dans le cadre des efforts consentis par les pouvoirs publics pour limiter les impacts de la pandémie du coronavirus sur le secteur de l’artisanat qui emploie près de 2,4 millions d’artisans. L’objectif étant de contribuer à la diversification des canaux de distribution des artisans en les accompagnant à adhérer aux dispositifs de vente en ligne. Suite à un 1er appel à manifestation d’intérêt par la Maison de l’artisan, le ministère du tourisme, de l’artisanat, du transport aérien et de l’économie sociale a signé des partenariats avec sept opérateurs en matière de commerce électronique pour la promotion des ventes en ligne des produits de l’artisanat. Cette crise a en effet mis en évidence les avantages du commerce en ligne qui est venu au secours du commerce classique en permettant de maintenir l’activité lors de la période du confinement instauré le 20 mars dernier.

Combien d’artisans pourraient profiter de cette initiative ?

Cette initiative est destinée à tous les opérateurs relevant des différentes filières de l’artisanat qui pourront intégrer la ou les plateformes de leur choix et bénéficier de multiples services et avantages permettant ainsi de renforcer leur visibilité.

Y a-t-il des critères particuliers imposés aux artisans souhaitant mettre en visibilité leurs produits sur ces plateformes ?

Tout d’abord, il faut remplir les 2 critères primordiaux liés à l’opérateur et la nature du produit, notamment présenter un produit d’artisanat marocain et être un opérateur d’artisanat, – Artisan individuel, entreprise d’artisanat, etc.- Ensuite, il y a d’autres critères de sélection qui peuvent varier d’une plateforme à une autre selon le positionnement, la ou les filières d’artisanat dans lesquelles elles opèrent… En effet, d’autres critères peuvent survenir en adéquation avec le business model, le domaine d’activité, et le type de produits proposés par chacune des plateformes e-commerce conventionnées par la Maison de l’artisan.

Le digital est désormais un outil indispensable pour le commerce et l’artisanat. Comment faire en sorte qu’une plus large catégorie d’entreprises d’artisanat puisse créer leurs propres plateformes et combien d’entreprises d’artisanat sont actuellement présentes sur le digital à travers leurs propres plateformes ?

Il ne fait aucun doute que le digital est devenu l’outil indispensable à intégrer dans la stratégie de chaque organisation. Les entreprises d’artisanat, ayant opéré leur transformation digitale en intégrant le e-commerce dans leur business model, ont pu absorber le choc de cette crise en maintenant la commercialisation de leurs produits. Cependant, d’autres d’entreprises d’artisanat ne disposant pas d’outils digitaux ont vu leur activité chuter après 3 semaines du confinement. Actuellement, nous ne disposons pas de chiffres exacts sur le nombre d’entreprises ayant leurs propres plateformes. Dans le cadre d’une démarche inclusive, nous sommes persuadés que la réussite de cette initiative est étroitement liée à l’accompagnement de tous les opérateurs du secteur de l’artisanat, en accordant une attention spéciale aux mono-artisans et les coopératives, pour franchir leur premier pas dans la transformation digitale, et ce à travers des campagnes de sensibilisation et formations dédiées à l’accès au digital, la vente en ligne via les plateformes conventionnées, et in fine, aboutir à la création de leurs propres plateformes e-commerce.

Du côté du consommateur, et afin d’encourager à l’achat des produits d’artisanat marocains via ces canaux et ces plateformes, des campagnes de communication et de promotion seront lancées par la Maison de l’artisan et les plateformes partenaires. Il est à noter que la satisfaction du client et la gestion de la qualité des produits tiennent une place importante dans ce dispositif et seront assurées par les plateformes partenaires.
Certaines initiatives ailleurs dans le monde et même au Maroc proposent des souks ou ce qu’on appelle des marchés en ligne à travers lesquels le visiteur pourrait virtuellement effectuer ses achats dans des stands virtuels occupés par des commerçants.

Pensez-vous que cette idée pourrait être appliquée au Maroc ?

Le digital offre des possibilités de commercialisation très diversifiées et innovantes, A mon avis, toute forme de vente traditionnelle doit aujourd’hui être déclinée en ligne, effectivement cette idée peut parfaitement s’appliquer au Maroc pour les produits d’artisanat. D’autant plus que ceci représente une partie dudit partenariat avec les plateformes e-commerce. En effet, certaines plateformes conventionnées, en accord avec leur domaine d’activité et leur concept, vont créer des pavillons de l’artisanat marocain où plusieurs commerçants/artisans peuvent exposer et vendre leurs produits.

» Source de l'article: aujourdhui

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