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Economie

Mobile Banking : Gros challenge pour Abdellatif Jouahri

24.09.2020 - 13:03

Déterminé à lancer cet écosystème dans les meilleurs délais

C’est avec détermination et enthousiasme qu’Abdellatif Jouahri, wali de Bank Al-Maghrib, a abordé la question du Mobile Banking lors de son point de presse, tenu par visioconférence, mardi 22 septembre en marge de la 3ème réunion trimestrielle du Conseil de BAM. Le retard du lancement de cet écosystème semble irriter le gouverneur de la banque centrale qui se montre prêt à défendre, bec et ongles, ce dossier. D’ailleurs, M. Jouahri a, d’ores et déjà, préparé son plaidoyer pour sa prochaine intervention au Parlement avec comme mot d’ordre: plus de temps à perdre. «Je serai là pour veiller à ce que ce Mobile Banking soit opérationnel dans les meilleurs délais quitte à ce que je tape à toutes les portes», fait part Abdellatif Jouahri en réponse à une question qui lui a été adressée durant cette rencontre. Le gouverneur a dans ce sens souligné l’impératif à ce que le Parlement soit partie prenante des mesures d’appui à appliquer pour faire naître cet écosystème.

Après une première expérience qui date de 12 ans, le dossier du Mobile Banking est revenu sur le devant de la scène ces dernières années. Il s’agit de l’un des piliers de la stratégie nationale d’inclusion financière, fruit d’une vision conjointe de Bank Al-Maghrib et le ministère de l’économie, des finances et de la réforme de l’administration.
L’objectif étant de réduire les disparités territoriales en termes d’accès aux services financiers. Toutefois, ce chantier du Mobile Banking reste toujours en stand-by, bien que l’ensemble des éléments favorisant son démarrage soit actuellement prêt aussi bien sur le plan technique qu’institutionnel. «Nous disposons aujourd’hui de 1,5 million de wallets. De même, tous les tests de switchs ont été effectués. Sur le plan institutionnel, le Groupement d’intérêt économique (GIE) est mis en place avec toutes ses structures. Et en termes de la mise en œuvre de l’inclusion financière, les sept comités de travail sont constitués et avancent. Il faut que l’écosystème se mette en place !», réitère M. Jouahri.

Pour un bon démarrage, le wali de Bank Al-Maghrib trace un scénario pragmatique. Il est question de mettre en place une incitation très forte sur le plan fiscal pour encourager les commerçants de proximité à adhérer à ce circuit. De même, le lancement devrait se faire à partir d’une opération pilote telle que «Tayssir» et dans une région pilote, à titre d’exemple Casablanca.
La crise sanitaire a permis aux opérateurs du secteur financier de mesurer l’importance de l’existence d’un tel écosystème. Se référant à Abdellatif Jouahri, le Mobile Banking est le parfait instrument de lutte contre le cash. En effet, le paysage financier national a observé durant cette période de crise sanitaire une forte pression sur le cash.
Ceci s’est traduit par l’accentuation du besoin en liquidité bancaire ayant atteint des seuils records. Il a frôlé à un certain moment les 114 milliards de dirhams dépassant même les prévisions fixées pour les exercices 2020 (-82 milliards de dirhams) et 2021 (-110 milliards de dirhams). Pour ce qui est de la monnaie fiduciaire, Bank Al-Maghrib a observé, à fin juillet, une sortie nette des billets de banque de l’ordre de 65 milliards de dirhams, soit 3,5 fois l’ensemble des sorties enregistrées en 2019.

La banque centrale s’attend, dans ce sens, à une hausse de 16% en attendant un retour à la normale une fois la pandémie maîtrisée.
Il est à rappeler que lors de cette réunion trimestrielle, Bank Al-Maghrib a revu ses prévisions économiques pour l’année 2020. Les perspectives sont de plus en plus pessimistes. Alors qu’elle tablait sur une déflation de l’ordre de 5,2%, Bank Al-Maghrib anticipe, aujourd’hui, une contraction de la croissance de 6,3% pour l’année 2020. En 2021, la croissance économique devrait afficher un rebondissement de 4,7% et ce en raison d’une augmentation de 12,6% de la valeur ajoutée agricole, sous l’hypothèse d’une récolte céréalière de 75 millions de quintaux et une amélioration de la valeur ajoutée non agricole de 3,7%. Notons que ces perspectives restent entourées d’un niveau exceptionnellement élevé d’incertitudes liées à l’évolution de la pandémie, à l’ampleur de ses retombées ainsi qu’au rythme de la reprise de l’activité économique aussi bien au niveau national qu’international.

Financement des besoins du Trésor

Une sortie sur le marché financier attendue les prochains jours

C’est confirmé. Le Maroc s’apprête à faire deux sorties sur le marché financier international. La première aura lieu les prochains jours au moment où la deuxième est prévue pour 2021. L’annonce a été faite par Abdellatif Jouahri. La mobilisation exceptionnelle des financements extérieurs tend, en effet, à assurer le financement des besoins du Trésor. «Tenant compte des données de la loi de Finances rectificative 2020 et de la poursuite de la mobilisation des financements spécifiques en 2021, le déficit budgétaire, hors privatisation, devrait s’aggraver de 4,1% du PIB en 2019 à 7,9% cette année, avant de s’atténuer à 5,1% en 2021», peut-on lire des prévisions de Bank Al-Maghrib. La banque centrale s’attend à une augmentation de l’endettement du Trésor en 2020 et ce après une quasi-stabilité en 2019. Il devrait ainsi passer de 65% du PIB à 76,1% en 2020 et à 75,9% en 2021. La composante intérieure de la dette du Trésor devrait ainsi progresser de 50,9% du PIB en 2019 à 57,7% en 2020, avant de revenir à 56,6% en 2021. La dette extérieure du Trésor passerait pour sa part de 14% du PIB en 2019 à 18,4% en 2020 et à 19,3% en 2021.

 

» Source de l'article: aujourdhui

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