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Economie

Ligne de crédit modulable : Cette fois-ci sera-t-elle la bonne ?

09.10.2020 - 10:09

Le Maroc avait demandé deux fois cette ligne sans succès se contentant d’une LPL

La troisième est toujours la bonne, dit le vieil adage marocain. Le Maroc tentera de nouveau d’obtenir une ligne de crédit modulable auprès du Fonds monétaire international (FMI). En pour cause. La ligne de précaution et de liquidité (LPL) expire bientôt. Si le Maroc a procédé par précaution au début de la pandémie à un tirage sur la totalité de la LPL, soit trois milliards de dollars, les responsables avaient à cette époque obtenu que ce tirage n’entrave pas la négociation d’un autre accord avec ce même FMI. Un autre accord qui ne veut pas dire automatiquement une reconduction de la LPL.

Le Maroc cherche en effet depuis plusieurs années à obtenir une ligne de crédit modulable. En gros, il s’agit d’un dispositif financier du FMI mais nettement meilleur et supérieur à la LPL en termes de conditions et de flexibilité et surtout pour son impact sur la notation du pays. Car le Maroc négocie ce genre de dispositif pour obtenir de bonnes conditions au moment de ses sorties à l’international sachant que le Royaume compte revenir sur le marché en 2021. Pour négocier le renouvellement de l’instrument financier actuel, la partie marocaine veut prendre son temps et espère plus de flexibilité de la part de l’institution de Bretton Woods. Dans ce sens, le wali de Bank Al-Maghrib avait fait une déclaration juste après le dernier conseil d’administration de la banque centrale au sujet de l’expiration de la LPL.

«Si vous voulez renégocier la LPL, il faut remplir les critères d’éligibilité qui sont au nombre de cinq, dont deux requérant une certaine souplesse de la part du FMI», avait dit Abdellatif Jouahri expliquant que le Maroc dispose de réserves de devises suffisantes pour pouvoir gérer la situation actuelle et celle de l’après-pandémie. Cela dit, les acteurs internationaux s’attendent à un renouvellement de l’accord avec le FMI. Dans ce sens, les responsables marocains pensaient à renouveler l’accord LPL bien avant le déclenchement de la pandémie de Covid-19 qui a contraint le pays à retirer les fonds disponibles dans le cadre de la LPL puisque cette dernière arrivait à échéance à la fin de l’année en cours et le pays comptait trouver un nouvel accord.

Ainsi, tous les observateurs suivent de près la prochaine étape pour le Maroc avec le FMI y compris les agences de notation internationales. Pour rappel, Fitch Ratings s’attend à ce que le gouvernement cherche un nouvel accord de ligne de précaution avec le FMI dans les prochains mois. C’est d’autant plus vrai que la première étape visant à garantir un accès sans difficulté à un prochain accord est désormais assurée. Wait and see.

A noter enfin que le Royaume avait procédé en date du 7 avril dernier à un tirage sur la LPL pour un montant équivalent à près de 3 milliards de dollars, remboursable sur une période de 5 ans avec une période de grâce de 3 ans. Une décision qui s’inscrivait dans le cadre de la politique de réponse proactive du Maroc à la crise de la pandémie de Covid-19. Le tirage sur cette ligne a été mis à la disposition de Bank Al-Maghrib.

Réserves de change

Le matelas de devises du Royaume se situait début août dernier à plus de 7 mois de couverture d’achat alors qu’il dépassait à peine les 5 mois avant le déclenchement de la pandémie du coronavirus au Royaume en mars dernier. Si tous les indicateurs macroéconomiques suivent un trend baissier ou négatif, les avoirs étrangers du pays affichent une performance considérable pour des raisons multiples. Il y a tout d’abord le tirage effectué début avril sur la totalité de la LPL (ligne de précaution et de liquidité) auprès du Fonds monétaire international (FMI) d’une valeur de 3 milliards de dollars US. Les responsables marocains, en pleine gestion de crise, avaient à l’époque préféré jouer la prudence et renforcer le matelas de devises en perspective d’une détérioration probable. Les réserves devraient suivre cette même tendance au moins jusqu’à la fin de l’année. La dernière sortie internationale effectuée par le Maroc confirme ce cheminement. De même, le redressement des exportations et la limitation des importations devraient peser.

LPL et LCM

Reconduite fin 2018 par le Maroc, la LPL fournie par le Fonds monétaire international (FMI) arrive à échéance fin 2020. Les responsables marocains pensent que le pays est prêt à passer à une étape supérieure. Dans ce sens, bien que relégué au second plan, le dossier de la LPL était au centre des débats entre le Maroc et le FMI lors de la dernière visite au Maroc de la directrice générale du Fonds, Kristalina Georgieva. Déjà et lors des dernières négociations pour reconduire la LPL, les responsables avaient demandé au FMI une ligne de crédit modulable (LCM) mais la partie marocaine a dû se contenter depuis d’une LPL. La LCM est un mécanisme financier caractérisé par sa souplesse permettant notamment de faire des tirages sur la ligne de crédit à tout moment pendant une période déterminée. C’est l’un des dispositifs mis en place par le FMI afin de répondre aux besoins spécifiques de chaque pays selon des conditions bien déterminées bien évidemment. Il faut dire que la LCM offre plus d’avantages en comparaison à la LPL. Quelques pays seulement, disposant d’économies assez solides comme la Pologne et le Mexique, avaient déjà été déclarés admissibles à ce dispositif par le FMI.

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