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Economie

Chèques en bois : 13,8 milliards de dirhams en 2019

20.10.2020 - 13:27

Bank Al-Maghrib trace l’évolution des incidents de paiement au titre de l’exercice précédent

Après l’avoir relaté dans son dernier rapport annuel sur la situation économique, monétaire et financière, Bank Al-Maghrib (BAM) revient plus en détail sur les incidents de paiement observés durant 2019. La banque centrale vient, en effet, de publier son rapport annuel sur «les infrastructures des marchés financiers et les moyens de paiement, leur surveillance et inclusion financière, dans lequel elle trace l’évolution des impayés par rapport à deux exercices précédents. En effet, la surveillance des moyens de paiement constitue une mission fondamentale de la banque centrale. Cet exercice veille à la sécurité des moyens de paiement et leur alignement aux meilleures normes et pratiques internationales. Le but étant de maintenir leur crédibilité et la confiance du public dans la monnaie. A cet effet, plusieurs missions de contrôle sont menées régulièrement couvrant divers volets dont la déclaration des incidents de paiement au niveau de la centrale des incidents de paiement. Il ressort dans ce sens que les incidents de paiement ont marqué en 2019 une décélération revenant à 2,2% contre 6,4% en 2018. Détails.

Les régularisations en repli de 4,2%

Le nombre des déclarations a porté, en 2019, sur 470.515 incidents contre 460.288 une année auparavant. Le montant déclaré s’est établi à 13,80 milliards de dirhams. Leur rythme de progression s’est inscrit en ralentissement passant de 12,3% en 2018 à 3,8% en 2019. La banque centrale observe par ailleurs un repli de 2,1% des régularisations contre une légère progression de 1,3% une année auparavant. Elles se sont établies à 111.375 régularisations contre 113.756 une année plus tôt. A cet effet, les montants régularisés se sont établis à 1,71 milliard de dirhams baissant ainsi de 4,2% après une quasi-stabilité en 2018. Bank Al-Maghrib observe, en outre, une quasi-stabilité des demandes de renseignements émanant des banques, soit 3,8 millions de requêtes. Le nombre des incidents échus a atteint les 234.094, en progression de 14,08%. S’agissant du profil mensuel des déclarations des incidents de paiement, Bank Al-Maghrib indique qu’elles sont effectuées à un rythme plus élevé au second semestre. La banque centrale relève à cet effet une moyenne de 40,2 mille incidents contre 38,2 mille incidents enregistrés au premier semestre de l’année». Ce constat reste aussi valable pour les incidents de paiements échus, avec des moyennes respectives de 18,8 mille et 20,1 mille incidents», peut-on relever du rapport de BAM qui observe par la même occasion un léger repli des régularisations. Elles sont revenues de 9,7 mille au titre des 6 premiers mois de l’année contre 8,9 mille au cours du deuxième semestre.
Le stock des impayés atteint les 3,3 millions d’incidents

Le stock des incidents de paiement non régularisés se consolide d’année en année. Le cumul a atteint les 3,3 millions d’incidents contre 3,1 millions en 2018 et 2,99 en 2017. La hausse relevée à fin 2019 est de 4%. Par catégorie de clientèle, Bank Al-Maghrib indique que 76% des impayés (2,5 millions) sont émis par des personnes physiques. Notons que dans le cadre de la surveillance des moyens de paiement, Bank Al-Maghrib met en place un dispositif d’écoute ayant permis en 2019 de traiter 3,6 mille requêtes dont 95,43% prises en charge par le réseau de la banque. Grâce à ce dispositif, il a été procédé à la levée de 116 interdictions à tort ainsi qu’à la réponse à 3,5 mille demandes d’accès aux informations personnelles. Bank Al-Maghrib fait par ailleurs savoir que la répartition des demandes de renseignement par agence de Bank Al-Maghrib révèle la prédominance de succursales de Casablanca et de Rabat avec une part de 60% du total des demandes traitées.

Les interdictions d’émissions de chèque en hausse de 3%

En 2019, 689.000 personnes sont interdites d’émission de chèques. Une population qui s’est consolidée de 3% par rapport à la même période de l’année passée. Se référant à Bank Al-Maghrib, ces interdictions restent dominées à hauteur de 87,2% par les personnes physiques. Pour ce qui est de la ventilation des incidents de paiement non régularisés par montant de chèque, Bank Al-Maghrib assure que 81% des incidents sont d’une valeur comprise entre 1.000 et 50.000 dirhams. 43% de cette proportion porte sur des montants allant de 10.000 et 50.000 dirhams. Les chèques supérieurs à 100.000 dirhams représentent pour leur part 56% de la valeur totale des impayés. Toutefois, leur nombre ne dépasse pas les 6%.

Lettre de change normalisée : Les personnes morales accumulent les impayés

Bank Al-Maghrib observe par ailleurs une stabilité des impayés des lettres de change normalisées. Estimés à 667.0000 impayés, leur montant a enregistré une légère baisse de 1,4% après un accroissement de près de 10% en 2018. La banque centrale relève aussi une baisse de 3,9% du nombre de régularisations et de 9,4% de leurs valeurs. Des replis qui interviennent après des hausses respectives de 9,02% et 12,5% en 2018. Par ailleurs, le cumul de lettres de change normalisées non régularisées se chiffre à près de 2,5 millions.

Il marque ainsi un pic de 34% comparé à l’exercice 2018. “La répartition par catégorie de clientèle fait ressortir que les impayés imputables aux personnes morales représentent 67% en valeur et 38% en nombre”, peut-on relever de BAM. Notons que le nombre des personnes ayant des impayés de lettres de change normalisées est passé à 137.000 en 2019 augmentant ainsi de 17% comparé à une année plus tôt. Se référant au rapport de la banque centrale, les lettres de change normalisées d’un montant inférieur ou égal à 5.000 dirhams représentent 18% en nombre et 1% en valeur. Les lettres portant sur des montants compris entre 5.000 et 100.000 dirhams représentent pour leur part 74% en nombre et 42% en valeur. En outre, la part des impayés de lettres de change normalisées supérieurs à 100.000 dirhams représente 56% en valeur et 7% en nombre.

» Source de l'article: aujourdhui

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