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Economie

Digitalisation de l’agro-industrie, une réponse agile à la crise sanitaire

26.10.2020 - 15:00

Elle garantit aux industriels compétitivité et performance

Outil majeur d’amélioration de la performance industrielle, la digitalisation s’impose aujourd’hui comme un levier d’amélioration de la productivité, notamment dans le contexte actuel où l’enjeu de la diversification et de la conquête de nouveaux marchés est de plus en plus récurrent. Bien que l’industrie marocaine ait amorcé ce virage digital depuis quelques années, les acteurs de cet écosystème observent un développement à deux vitesses. Si des secteurs tels que l’aéronautique et l’automobile ont réussi leur transition, d’autres devraient s’orienter davantage vers le digital pour maintenir leur niveau de performance et assurer la création pérenne de l’emploi. «La digitalisation est la pierre angulaire de la transformation en profondeur de toute industrie et plus particulièrement au Maroc. Il faut démystifier cette notion pour permettre aux industriels de gagner en productivité et se maintenir dans cette compétition mondiale axée sur la compétitivité et sur la performance de l’outil industriel», explique dans ce sens Ali Seddiki, directeur général de l’industrie auprès du ministère de l’industrie, du commerce, de l’économie verte et numérique, lors de son intervention dans un webinaire traitant de la transformation digitale dans le secteur de l’agroalimentaire.

Au moment où l’agro-industrie se montrait moins prédestinée à entamer cette rupture, la digitalisation devient de plus en plus prépondérante dans ce secteur, notamment dans ce contexte exceptionnel qui a mis en avant le caractère stratégique de l’agroalimentaire. «L’outil digital s’est présenté comme la réponse à l’agilité qui devait être développée en cette période», indique M. Seddiki. Et d’expliquer que «pour assurer la sécurité alimentaire du pays, il y a un travail sur l’amont qui est évident. La meilleure connexion entre l’amont et l’aval se fera par la digitalisation accrue des procédures».

En vue d’atteindre une optimisation extrême et un rendement maximum des parcelles agricoles, le responsable ministériel indique, dans ce sens, que les opérateurs mènent un travail accru allant de la détection climatique, passant par l’analyse des sols, jusqu’à l’élaboration du produit. «Nous arrivons aujourd’hui sur des marchés qui sont captifs au niveau de l’amont pour le Maroc. Pour y accéder, il faut être bien équipé pour être en mesure de répondre aux différentes caractéristiques de ces nouveaux marchés. On aura besoin de logiciels pour trier les légumes, des lignes automatisées et de capteurs qui vont permettre de réduire les taux de pertes de façon considérable», peut-on déduire du directeur général de l’industrie.

Notons que la transition digitale dans le secteur agro-industriel est à la fois portée par la stratégie industrielle et celle agricole. La vision étant de développer un outil plus intelligent et agile qui induira des gains de productivité et par conséquent fera émerger une nouvelle classe moyenne rurale. Pour mener à bien cette transition, l’enjeu étant de faciliter l’accès à cette population aux technologies nécessaires. «Il existe différents degrés et niveaux de digitalisation. Il y a des choses qui peuvent se faire avec peu de moyens et un bon accompagnement pédagogique moyennant un appui de l’État de sorte à permettre aux petites structures de se digitaliser et rendre l’intégralité de l’industrie alimentaire résiliente».

Il est à rappeler que l’État dispose d’ores et déjà de mécanismes encourageant l’industrialisation des entreprises marocaines. Citons à cet effet le programme Mouakaba, mis en place par Maroc PME, permettant aux PME industrielles d’aller chercher une aide en expertise technique ou un accompagnement sur investissement pour digitaliser l’entreprise.
De même, l’Agence du développement digital (ADD) se penche en partenariat avec des instituts de recherches et établissements universitaires sur la mise en ligne d’un site éducatif «4.0» qui permettra aux industriels de toucher de plus près les avantages de la digitalisation.

 

» Source de l'article: aujourdhui

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