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Economie

La coopération France-Maroc dans les provinces du Sud, une nouvelle priorité

02.12.2020 - 10:06

Entretien avec Khadija Gamraoui-Amar, secrétaire générale du Cercle Eugène Delacroix et conseillère régionale de l’Ile-de-France

En marge du webinaire organisé jeudi dernier par le bureau du Cercle Eugène Delacroix qui a réuni simultanément près de 200 personnes, Khadija Gamraoui livre les détails d’une association engagée dans les relations France-Maroc. «Le développement économique dans les provinces du Sud» est la thématique retenue. Les enjeux sont réels. La région Dakhla-Laayoune jouera, en effet, un rôle important dans le développement de la croissance économique marocaine. Un nouveau hub vers l’Afrique subsaharienne qui ne laissera pas sans intérêt les investisseurs français… L’ONG entend se positionner en tant que catalyseur.

ALM : Quelles sont les principales orientations du Cercle Eugène Delacroix ?
Khadija Gamraoui-Amar : Le Cercle Eugène Delacroix a été créé en 2014 et regroupe près de 260 élus de tous bords politiques. Notre effort converge vers l’approfondissement des liens d’amitié entre la France et le Maroc dans le sens de la croissance économique. C’est justement dans le cadre de la coopération entre la région Île-de-France et le Grand Casablanca que le cercle Eugène Delacroix a organisé la première édition du forum des élus France-Maroc avec une délégation de 100 élus français. Plusieurs experts français et marocains ont été mobilisés autour des sujets comme la régionalisation, le numérique et la smart city. Nous avons pris part, également, au Forum économique de Laayoune et de Dakhla organisé par la CFCIM. Cet événement avait pour but de promouvoir et faire connaître les nombreuses opportunités d’investissement engagées dans le cadre du Plan de développement régional et du contrat programme royal, et, à développer les atouts économiques de la Région Dakhla-Oued Eddahab. Et le cercle y a joué son rôle en conduisant une délégation de 36 entreprises françaises. Nous avons participé, par ailleurs, à des actions pour les Marocaines et Marocains en 2018 et 2019. Le Cercle Eugène Delacroix s’est associé à l’opération “un cartable pour une écolière”, qui a contribué à développer la scolarisation des filles au Maroc. Notre attachement aux relations avec les collectivités rurales est réel.

En tant que secrétaire générale de l’organe mais aussi conseillère régionale de l’IDF, comment comptez-vous réellement doper les synergies entre la France et le Maroc pour dynamiser le business et créer de la richesse ?
Suite au succès du forum des élus France-Maroc, nous continuons à organiser des rencontres sur ce format. Nous identifions des personnalités dont les travaux sont connus et reconnus et les invitons à prendre part à nos actions. Pour cela, nous travaillons à l’échelle régionale avec les institutions. Notre rôle est finalement de faciliter les relations et participer au débat d’idées. Par ailleurs, l’association prend part à tous les temps forts économiques de l’agenda France-Maroc, comme le déplacement du Premier ministre pour les journées du MEDEF à Rabat, mais également des rencontres avec les présidents de régions marocains pour mieux comprendre les plans de développement régionaux.

Depuis deux ans, vous œuvrez dans ce sens, notamment avec les régions des provinces du Sud, Laayoune et Dakhla, quelle est votre estimation quant aux concrétisations entre les deux parties ?
Depuis 2014, le Cercle Eugène Delacroix est présent dans les provinces du Sud pour participer aux festivités de la Marche Verte. C’est un moment important pour notre association. Nous sommes fiers de prendre part à cet événement, mais également à l’ensemble des inaugurations des équipements structurants lors de ces semaines de festivité. Notre capacité de mobilisation a été très forte et témoigne du développement des entreprises dans le Royaume. C’est ainsi que le forum économique a accompagné une délégation de près de 36 entreprises.

Concrètement comment pensez-vous jouer un relais avec les entreprises françaises pour qu’elles viennent investir dans cette région précisément ?
Le cercle Eugène Delacroix a trouvé sa place dans le paysage institutionnel. Une majorité de nos adhérents ont des attaches fortes dans les provinces et villes du Royaume, ce qui approfondit nos liens avec les décideurs. La France est l’un des premiers partenaires économiques du Maroc après l’Espagne. Le développement économique est soutenu sur des secteurs où la France est leader. Les grandes entreprises telles que Renault, Groupe Accor, Veolia, Alstom ou encore Colas sont présentes sur le territoire marocain, au même titre que de nombreuses PME. Toutes ces entreprises sont reconnues pour leur savoir-faire dans de nombreux secteurs : industries, automobile, environnement, transport, etc. Il est évident que les stratégies de ces entreprises soient de se positionner dans les appels d’offres de ces provinces du Sud qui sont très nombreux. Les entreprises françaises ont compris l’intérêt et l’importance de s’implanter au Maroc. Le Cercle Eugène Delacroix se place comme partenaire pour les accompagner au mieux dans leurs choix et leurs installations.

Qu’en est-il des MRE qui souhaitent investir au Maroc ?
Les Marocains résidant à l’étranger ont leur place pour investir au Maroc. Nous le constatons par leur dynamisme dans les grandes entreprises et de nombreux Marocaines et Marocains sont présents dans différentes organisations à des postes clés. Ils participent à l’essor économique de la France et possèdent une expertise qui serait intéressante à exporter. Les élus, adhérents au Cercle Eugene Delacroix entretiennent un contact régulier grâce à leur ancrage dans nos régions de France. Il est important de pouvoir les conseiller, de les accompagner dans leurs réflexions. Celle-ci peut être enrichie par le biais de rencontres que nous organisons. Je salue le dynamisme de coopération entre les régions françaises et les régions du Royaume. Nous avons des liens privilégiés avec les services du ministère de l’intérieur et la DGCL du Maroc qui portent l’ensemble de ces programmes.

Quelles sont les prochaines actions prévues par le bureau du Cercle pour développer davantage les relations économiques bilatérales entre la France et le Maroc ?
Tout d’abord, nous sommes très satisfaits du succès de notre dernier webinaire. Pour la première fois, dans un contexte de crise sanitaire, nous avons réussi à réunir les régions du Maroc et de la France de manière totalement digitalisée. Je me félicite de la richesse des échanges qui ont participé à la construction d’une coopération économique pérenne des deux côtés de la Méditerranée. Le choix des provinces du Sud est un symbole fort. Ces conférences seront réalisées dans le même format en mobilisant notre réseau de parlementaires et d’entreprises. C’est pourquoi nous souhaitons réaliser de nouvelles conférences du même type en mobilisant les parlementaires. Prochainement, dans notre agenda, nous tenons la seconde édition du Forum des élus France-Maroc en partenariat avec la région et la CCI de Fès-Meknès.

Quels sont vos partenaires privilégiés au Maroc dans ce cadre ?
Le Cercle Eugène Delacroix a trouvé sa place dans le paysage institutionnel. Nous dépassons les clivages politiques afin de travailler avec l’ensemble des élus locaux. C’est notre volonté de créer une forme d’émulsion intellectuelle afin d’être force de proposition. Nous développons, également, des liens forts avec les institutions, cœur battant de la royauté.

Le mot de la fin…
La crise sanitaire que nous traversons a fait émerger l’importance des régions. Aussi bien en France, où la région Île-de-France s’est particulièrement distinguée par sa réactivité et sa prise en charge auprès de la population, que le Maroc par son engagement dans la campagne de vaccination. Par ailleurs, le Royaume va être le 4ème pays au monde à commencer la campagne de vaccination. Cette campagne sera l’occasion d’échanger sur les bonnes pratiques mises en place afin de s’en inspirer en France. Je suis certaine que les relations franco-marocaines seront le moteur d’une reprise économique de notre territoire.

Parcours Khadija Gamraoui*

Khadija Gamraoui est âgée de 44 ans, mariée et mère de deux enfants. Elle est conseillère régionale de l’Ile-de-France, conseillère municipale à Carrières-sous-Poissy. Elle est également secrétaire générale du Cercle Eugène Delacroix. Elle est aussi auditrice de l’INHESJ Session Gestion et Management de la Crise (2013). Elle est membre du Comité d’orientation de la Fondation d’Islam de France.

Membre de la commission Laïcité mise en place au Conseil régional Ile-de-France, elle est auditrice IHEMR 5ème session nationale Hautes Etudes du Monde des Religions. Khadija Gamraoui est diplômée d’un 3ème Cycle en Economie et Politique de l’Energie au Commissariat de l’Energie Atomique à Saclay, après avoir obtenu une maîtrise en Banque et Finance à Paris X. Professionnellement, Khadija rejoint le ministère de l’intérieur, elle est chargée de mission sur différentes politiques publiques dont le Grand Paris, les campements illicites. Elle valide son statut d’auditrice interne pour la Démarche Qualité du réseau des préfectures et Formatrice Interne Diversité pour le ministère de l’intérieur.

Un regard en tant que conseillère régionale de l’Ile-de-France également…

Sur un autre registre, en tant que conseillère régionale de l’Ile-de-France, comment évaluez-vous le processus de régionalisation établi au Maroc ?
Khadija Gamraoui-Amar : Je salue le rythme de régionalisation au Maroc. Ces quatre dernières années marquent la construction de la régionalisation avancée. Le Royaume du Maroc est en constante évolution, ce qui rend le pays dynamique tant pour les entreprises que pour les territoires. Malgré le contexte de pandémie mondial, le Royaume a continué d’évoluer à un rythme soutenu. Les conseils des régions ont poursuivi le déploiement de leurs outils de travail.

Sur des questions purement sociales, quelles seraient vos recommandations pour que les investissements dans les provinces du Sud aient un impact positif direct sur la population en place pour la fixer et lui donner la possibilité de créer également de la valeur ?
Je tiens à saluer la place de la femme dans les provinces du Sud, où les bancs des exécutifs municipaux et conseils régionaux sont de plus en plus ouverts aux femmes. Aussi, il existe de nombreuses coopératives à destination des femmes, que nous avons le plaisir de visiter à chacun de nos déplacements. Nous constatons une véritable dynamique de la société civile sur ce sujet : il faut continuer à s’investir dans ces provinces du Sud et saluer les réalisations concrètes qui ont un impact positif sur la population, comme la livraison de la faculté de médecine, le parc industriel et l’ouverture d’un centre hospitalier universitaire. Ces provinces vont devenir un véritable pôle économique majeur de toute la région. Elles ont tous les atouts pour devenir un hub de développement économique.

» Source de l'article: aujourdhui

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