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Economie

Riposte anti-Covid : Round up des mesures économiques

01.01.2021 - 19:03

Le Maroc a fait preuve d’une gestion proactive de la crise sanitaire. Aux premiers cas annoncés, un arsenal de mesures a été pris pour limiter l’impact sur le plan économique et social. Une mobilisation à grande échelle a été observée dans ce contexte particulier.

L’ensemble des composantes de la société marocaine ont adhéré à l’élan de solidarité initié par le Souverain. De même, les opérateurs ont fait preuve d’une grande agilité en adaptant les process aux spécificités de cette conjoncture et par conséquent limiter le choc induit en cette épreuve exceptionnelle. Round up des principales mesures prises en ce temps de Covid.

Un compte d’affectation spéciale pour soutenir l’économie

En date du 15 mars 2020, le Souverain a donné ses Hautes instructions pour créer un compte d’affectation spéciale intitulé «Fonds spécial dédié à la gestion de la pandémie du coronavirus», un mécanisme doté de 10 milliards de dirhams du budget général de l’Etat et bénéficiant de 1,5 milliard de dirhams des régions en plus des contributions des différentes composantes de la société marocaine. Ce Fonds sert au soutien de l’économie nationale, à travers une batterie de mesures qui ont été par la suite proposées par le gouvernement, notamment en termes d’accompagnement des secteurs vulnérables aux chocs induits par la crise sanitaire, tels que le tourisme, ainsi qu’en matière de préservation des emplois et d’atténuation des répercussions sociales de cette crise. Sitôt mis en place, une forte mobilisation des opérateurs privés et institutionnels a été observée accélérant ainsi l’opérationnalisation de cet instrument inédit. Les particuliers ont également participé à cet élan de solidarité.

Des décisions stratégiques prises par le CVE

En parallèle au Fonds spécial de gestion de la pandémie, un Comité de veille économique (CVE) a été mis en place. La mission étant d’assurer un suivi rigoureux de la situation économique, accompagner les secteurs touchés. Le Comité est également chargé d’anticiper les répercussions sociales et économiques directes et indirectes de la crise sanitaire et de préparer la redynamisation de l’économie nationale. Depuis sa création, le comité a promulgué des décisions stratégiques en faveur des ménages et secteurs. Il en découle l’allocation d’une indemnité forfaitaire mensuelle nette de 2.000 dirhams durant les premiers mois de la crise sanitaire permettant ainsi aux salariés affiliés à la CNSS dont l’activité a été impactée par la pandémie durant les mois de confinement de subvenir à leurs besoins. Le CVE a également émis des orientations pour alléger les charges des entreprises, en l’occurrence la suspension du paiement des charges sociales, la mise en place d’un moratoire pour le remboursement des échéances de crédits bancaires et pour le remboursement des échéances de leasing. A cela s’ajoute la possibilité de bénéficier d’un report du dépôt des déclarations fiscales, pour les entreprises dont le chiffre d’affaires de l’exercice 2019 est inférieur à 20 millions de dirhams, et la suspension des contrôles fiscaux et des Avis tiers détenteurs (ATD). En termes de soutien à la trésorerie, il a été procédé à la mise en place de nouveaux mécanismes de garantie, en l’occurrence «Damane Oxygène» et «Damane Relance» sans oublier le crédit à taux zéro ayant été mis en place pour les auto-entrepreneurs impactés par la crise de la Covid-19, pouvant atteindre un montant de 15.000 dirhams remboursable sur une période pouvant aller à 3 ans avec un délai de grâce d’un an.

Les priorités budgétaires redéfinies

La crise sanitaire a imposé au Maroc de recourir à une loi de Finances rectificative. Un exercice qui n’a pas été renouvelé depuis 1990. L’engagement étant de redéfinir les priorités des actions du gouvernement en conformité avec les nouveaux défis sociaux, économiques et administratifs de cette conjoncture. Trois grandes orientations ont guidé ce cadre budgétaire ayant servi de plateforme pour l’adoption et l’opérationnalisation des mesures proposées face à cette pandémie. Il est question d’accompagner la reprise progressive de l’activité économique à travers le renforcement du dispositif de garantie du financement des entreprises, la réaffectation des dépenses d’investissement aux priorités stratégiques, l’opérationnalisation des mécanismes de préférence nationale. Les deux autres orientations de la loi de Finances rectificative consistaient à préserver les emplois ainsi qu’à accélérer la mise en œuvre des réformes de l’administration, notamment l’accélération de la mise en place de la charte de déconcentration administrative, la simplification des procédures et formalités administratives ainsi que le soutien à la transformation digitale de l’administration et la généralisation des services numériques inclusifs.

Fonds Mohammed VI pour l’investissement : Un mécanisme de relance

Instrument phare de la relance, le Fonds Mohammed VI pour l’investissement mis en place sous Hautes instructions royales permettra de faciliter l’accès au financement des investisseurs à travers le renforcement de leurs fonds propres via l’injection de quasi-fonds propres, en l’occurrence la dette subordonnée ou les fonds participatifs. Les prêts seront ainsi accordés sur une durée comprise entre 7 et 15 ans. Doté de 15 milliards de dirhams du budget de l’Etat, le Fonds Mohammed VI pour l’investissement sera structuré autour de plusieurs filiales thématiques qui interviendront sur des segments spécifiques avec des mécanismes adaptés. Les secteurs ciblés sont en l’occurrence l’industrie, l’innovation, la PME, les infrastructures, l’agriculture et le tourisme. Ces fonds thématiques seront confiés à des sociétés de gestion spécialisées qui interviendront en vertu d’un cahier des charges rigoureux préparé par le Fonds Mohammed VI pour l’investissement. Notons que le capital du Fonds Mohammed VI sera ouvert devant différents acteurs. Ainsi pour démultiplier sa capacité d’intervention, il a été décidé de lever 30 milliards de dirhams de capitaux additionnels auprès des investisseurs publics et privés ainsi que des institutions multilatérales ou sous forme de dons de pays amis. Rappelons que le Fonds Mohammed VI interviendra d’une manière directe, en finançant des projets d’investissement moyennant des partenariats public-privé, et indirectement, à travers le renforcement des fonds propres des entreprises afin de les développer. Les critères de sélection des projets reposeront principalement sur l’impact sur l’emploi, tout en accordant une attention particulière au renforcement de la préférence nationale.

Le secteur bancaire pleinement engagé

Grâce à sa stabilité et la solidité de ses fondamentaux, le secteur bancaire a joué un rôle important dans la riposte anti-Covid. Le système bancaire a été adapté de sorte à soutenir l’accès au crédit bancaire. Dans ce sens, Bank Al-Maghrib a procédé à la réduction du taux directeur principal et ce à deux reprises. Il est ainsi passé de 2,25% à 2% puis à 1,5%. Parmi les mesures de politique monétaire prises dans ce contexte, on cite également la libéralisation intégrale du compte de réserve au profit des banques, la possibilité de recours par les banques à l’ensemble des instruments de refinancement disponibles en dirham et en devise ainsi que l’extension à un large éventail de titres acceptés par Bank Al-Maghrib en contrepartie des refinancements accordés aux banques ainsi que l’allongement de la durée de refinancement et l’intégration des crédits de fonctionnement aux crédits d’investissement dans le cadre du refinancement des entreprises. Rappelons que dès le déclenchement de la crise sanitaire au niveau national, il a été décidé le report des échéances des crédits bancaires immobiliers et à la consommation et ce de la période allant de mars à juin 2020. Les intérêts intercalaires ont été supportés par l’Etat en concertation avec le secteur bancaire. Ont bénéficié de cette mesure les personnes ayant des échéances mensuelles allant jusqu’à 3.000 dirhams pour les crédits logement et 1.500 dirhams pour les crédits de consommation.

Avec la dématérialisation des aides Tayssir L’écosystème mobile banking se met en marche

La crise sanitaire a souligné l’impératif d’accélérer un bon nombre de chantiers structurants. L’opérationnalisation du mobile banking est l’un des dossiers urgents à concrétiser pour répondre aux nouvelles exigences conjoncturelles. Il s’agit en effet d’un instrument qui renforcerait l’inclusion financière au niveau national et qui lutterait par conséquent contre la circulation du cash. Un nouveau pas a été franchi dans ce sens, et ce à travers la dématérialisation des aides du programme Tayssir. L’annonce a été faite par Abdellatif Jouahri, wali de Bank Al-Maghrib, lors de son passage au Parlement. Le gouverneur de la banque centrale a indiqué que les autorités ont pris les mesures nécessaires pour effectuer les virements en faveur des familles bénéficiaires à travers le mobile banking. Rappelons que le développement de l’écosystème mobile banking est l’une des priorités de cette nouvelle ère. Tous les jalons sont posés. Citons dans ce sens l’ouverture de 1,5 million de wallets, l’accomplissement des essais des switchs ainsi que la mise en place des comités d’inclusion financière.

Des sorties à l’international réussies

Parmi les mesures prises par le gouvernement comme réponse urgente à la crise sanitaire, on cite le dépassement du plafond du financement extérieur. Un décret-loi a été adopté pour cette fin accordant au gouvernement la possibilité de relever le plafond des financements extérieurs de manière urgente et exceptionnelle. Ceci passe par le recours aux institutions et marchés financiers internationaux. Une mesure qui permet au Royaume de disposer des devises nécessaires pour le financement des importations de biens et services et le financement du déficit du compte courant de la balance des paiements. Pas plus tard que début décembre, le Royaume a réalisé une sortie à l’international à travers un emprunt obligataire de 3 milliards de dollars. Cette opération porte sur 3 tranches. La première d’une maturité de 7 ans portant sur un montant de 750 millions de dollars. La deuxième d’une maturité de 12 ans d’un montant de 1 milliard de dollars tandis que la 3ème tranche porte sur un montant de 1,25 milliard de dollars pour une maturité de 30 ans. Cette sortie intervient après celle du 24 septembre. Le Maroc a effectué en cette date un emprunt obligataire sur le marché financier international de 1 milliard d’euros en deux tranches (500 millions d’euros chacune). Rappelons que le Royaume a effectué le 7 avril 2020 un tirage de 3,2 milliards de dollars sur la ligne de précaution et de liquidité (LPL) conclue avec le FMI, remboursable sur une période de 5 ans, avec une période de grâce de 3 ans. Ce tirage a pour finalité d’atténuer l’impact de la crise sanitaire sur le plan économique et de maintenir les réserves de change à un niveau adéquat. Notons que le Royaume a procédé en date du 21 décembre au remboursement par anticipation au FMI d’un montant de 651 millions de droits de tirage spéciaux, soit près de 936 millions de dirhams américains (8,4 milliards de dirhams). Cette opération qui sera effective le 8 janvier 2021 permettra de soulager les engagements financiers futurs du pays tout en réduisant le coût, et ce grâce aux conditions très favorables de la dernière émission du Trésor à l’international.

2020, une saison morte pour le tourisme marocain

Le secteur du tourisme a beaucoup souffert en cette conjoncture. La dépendance aux marchés émetteurs étrangers a porté préjudice à la destination Maroc. De même, le confinement, et les restrictions imposées à certaines villes, ont contraint les opérateurs à suspendre leur activité depuis le mois de mars et à réduire, par conséquent, leurs effectifs. Bien que la crise sanitaire ait eu un lourd impact sur le plan sectoriel, cette conjoncture est porteuse d’opportunités pour l’ensemble des branches productives. Citons à titre d’exemple le tourisme qui a été fortement affaibli en cette période. Malgré la difficulté de ce contexte, de nouvelles perspectives de repositionnement se tracent pour le secteur. De nouvelles orientations ont été prises dans ce sens, notamment la promotion du tourisme interne et les produits éco-responsables. Un contrat programme a été signé en août dernier fixant ainsi des objectifs de relance ambitieux sur la période 2020-2022. Ce dispositif comprend 21 mesures déclinées en cinq axes. L’ambition étant de préserver l’emploi, de stimuler l’investissement dans le secteur ainsi que de transformer les outils de production. Le contrat programme dédié à la relance touristique vise également à activer et renforcer la demande touristique en accordant une place de choix au touriste local. Ce dispositif a ainsi pour ambition de retrouver la performance atteinte en 2019 à partir de 2022.

Des mesures incitatives pour relancer le marché de l’habitat

L’immobilier fait également partie des secteurs ayant pâti de ce contexte inédit. La crise a en effet pénalisé la dynamique du secteur. Pratiquement tous les chantiers ont été à l’arrêt aux premiers mois du déclenchement de la crise sanitaire. De même, les ventes ont connu des baisses fulgurantes en cette période. Tous ces facteurs ont fait sombrer les professionnels dans l’incertitude. Une forte mobilisation a été observée dans le secteur pour contourner les effets de cette crise. Au-delà de l’octroi des lignes de crédits pour supporter les entreprises, l’ensemble des acteurs ont engagé la réflexion pour repenser la politique de l’habitat pour une relance effective du secteur. De même plusieurs mesures incitatives ont été prises pour dynamiser le secteur. Il est ainsi décidé au titre de la loi de Finances 2021 de prolonger jusqu’au 30 juin 2021 la réduction des droits d’enregistrement pour les achats immobiliers ayant été instaurée dans la loi de Finances rectificative au titre de l’année 2020, soit 100% pour les actes portant première vente de logements sociaux et de logements à faible valeur immobilière, et 50% pour les actes portant acquisition, à titre onéreux des terrains nus destinés à la construction de logements ou de locaux construits destinés à usage d’habitation sans que le montant de la base imposable totale dépasse 4 millions de dirhams. A cela s’ajoute l’extension du cadre fiscal des organismes de placement collectif immobilier OPCI pour concerner également les locations à usage d’habitation, en l’occurrence l’immobilier résidentiel ainsi que l’instauration de l’exonération de la TVA à l’intérieur sans droit à déduction, des panneaux photovoltaïques et des chauffe-eaux solaires. Dans l’optique d’encourager les entreprises à opérer la transition vers la professionnalisation de leurs activités, il est également prévu d’exonérer l’Impôt sur le revenu pour toutes les entreprises quelle que soit la date de leur création, sur les salaires versés pendant 36 mois aux jeunes de moins de 35 ans dans le cadre de leur premier recrutement avec un contrat à durée indéterminée.

Une nouvelle vision industrielle se trace

Le secteur industriel a fait preuve d’une grande agilité en ce contexte de crise. Cette sphère connaît actuellement une transformation profonde portée par un plan de relance ambitieux à l’horizon 2023. Une nouvelle feuille de route a été dévoilée visant à accompagner les filières industrielles et renforcer leur intégration. L’engagement étant de démultiplier la création d’emplois et de valeur. Le plan de relance industriel vise également à développer l’entrepreneuriat dans le secteur et de favoriser l’émergence d’une nouvelle génération d’industriels. L’orientation étant également de positionner le Maroc comme un partenaire international stratégique et d’améliorer la compétitivité du secteur à travers la décarbonisation de la production industrielle. Il est également question d’inscrire l’industrie marocaine dans une démarche d’innovation. La nouvelle feuille de route s’articulera autour de trois chantiers stratégiques et ce dans l’optique de confirmer la place industrielle du Maroc, de conquérir de nouveaux marchés à travers la reconquête des territoires industriels. Le nouveau plan prévoit par ailleurs de substituer 34 milliards de dirhams d’importations par la production locale en ciblant 8 principales filières, en l’occurrence le textile, les transports, les industries mécanique et métallurgique, la plasturgie, l’électrique et l’électronique, l’agroalimentaire ainsi que la parachimie et le cuir. Il a été dans ce sens procédé au lancement de deux banques de projets industriels. A cet effet un modèle de coordination optimale a été mis en place en coordination avec les Centres régionaux d’investissement ainsi qu’un guide à destination des porteurs de projets avec les différentes offres d’accompagnement proposées par la «war-room». Notons que 238 projets ont été retenus et accompagnés dans le cadre du premier lot de la banque de projets présentant un potentiel de 15,1 milliards de dirhams.

» Source de l'article: aujourdhui

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