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Economie

Face à la crise, les restaurateurs dans la tourmente !

08.01.2021 - 16:19

Ils font appel au CVE et au ministère de l’industrie

Loyers, impôts et taxes, remboursement des emprunts bancaires… les chefs d’entreprises du secteur de la restauration n’en peuvent plus. La crise de la Covid-19 a fortement impacté leur activité en raison de la fermeture de leurs établissements pour certains, les réductions d’horaires d’ouverture pour d’autres et les limites de services à la vente à emporter. « Plus de 80% des chefs d’entreprises, qui se retrouvent au bord de la faillite, ont connu une augmentation vertigineuse et critique en termes de taux d’endettement, de mobilisation des fonds propres, d’hypothèques des biens… Un cri d’alerte est lancé sur ce « Taklif laâ youtâk » », indique la Fédération Marocaine de la Franchise et commerce dans un communiqué ajoutant que les professionnels sollicitent du Comité de Veille Économique « des efforts et des mesures tangibles » à l’instar de ce qui se passe dans d’autres pays. La Fédération donne comme exemple les subventions pour la prise en charge partielle des charges fixes incluant loyers et masse salariale ainsi que de réelles mesures d’allégement fiscal. Tout en prenant acte des mesures prises auparavant par le comité de veille économique, les professionnels appellent donc à une réunion urgente avec le CVE, le Ministère de l’Industrie, du Commerce, de l’Économie Verte et Numérique et la CGEM pour trouver des solutions leur permettant de surmonter ce qu’ils décrivent comme : « la pire crise que connaît le secteur de la restauration ».

Propositions

Afin de sortir de cette impasse, les professionnels proposent la suspension des indemnités d’éviction et appellent à une solution pour la problématique des charges locatives à travers une prise en charge d’un tiers 1/3 par l’État, un tiers 1/3 à supporter par le bailleur et l’autre tiers 1/3 par le locataire. Pour ce qui est des taxes communales, la fédération marocaine de la franchise et commerce préconise un abattement de plus de 75% sur toutes ces taxes. Elle demande également le relèvement du montant du Crédit Relance à 2 mois de chiffre d’affaires au lieu d’un mois comme pour les entreprises dans le secteur du transport touristique.

Ampleur de la crise sur le secteur

Dans son communiqué, la Fédération dit vouloir mettre en lumière la situation d’asphyxie que subissent les restaurateurs au niveau national. Ainsi, 40% de ces entreprises ont été contraintes de fermer ou de cesser leur activité alors que le reste des restaurateurs se résoudra à prendre la même décision si la fermeture des établissements est prolongée . Au total, on compte 100 000 unités de restauration de différentes tailles et spécialités, employant plus de 1,2 millions de salariés, ayant perdu en moyenne 50% ou plus de leur chiffre d’affaires. Ils ont comptabilisé un taux d’endettement additionnel de plus de 50%. Sans parler du fait que parmi ces entreprises, une grande partie ont arrêté totalement leurs projets d’investissements affectant, par conséquence, l’écosystème composé d’industriels, distributeurs, imprimeurs, opérateurs en logistique.

Un accompagnement de l’Etat est indispensable

Pour la Fédération Marocaine de la Franchise et commerce, il est aujourd’hui primordial, voire crucial, d’avoir un accompagnement et une prise en charge des engagements des entreprises vis-à-vis des parties prenantes. Ceci se matérialise via notamment la prise en charge de la masse salariale à travers la CNSS, la mise en place d’une subvention pour prendre en charge 50% de la charge locative, la suspension des décisions exécutoires en cours, prononcées par les tribunaux du Maroc envers les Petites et moyennes entreprises concernées jusqu’en juin 2021, et l’élaboration d’un texte de loi qui suspend, pour l’année 2020, la procédure d’éviction sans indemnité contre les locataires qui n’arrivent pas à payer le loyer du fait de l’état d’urgence sanitaire. « Il en va de la vie de nos entreprises et de ce que cela peut engendrer d’impacts socio-économiques néfastes », alertent les professionnels du secteur.

 

» Source de l'article: aujourdhui

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