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Economie

Stress hydrique : Les détails de la riposte

11.02.2021 - 13:24

Economie d’eau, construction de barrages, traitement des eaux usées…

Face aux défis du stress hydrique, le Maroc sort les gros moyens. Dans ce sens, les détails de la riposte marocaine ont été dévoilés dans le cadre de la séance annuelle de la Chambre des conseillers, consacrée à la stratégie nationale de l’eau 2009-2020.

Ainsi, le ministre de l’agriculture, de la pêche maritime, du développement rural, des eaux et forêts, Aziz Akhannouch, a affirmé que les défis liés aux ressources hydriques limitées mettent en évidence la nécessité d’une politique proactive pour rationaliser au mieux les eaux d’irrigation. Le ministre a souligné que le Royaume a cumulé des acquis substantiels, grâce aux politiques volontaristes initiées par Feu SM Hassan II pour garantir la sécurité hydrique.

Plan Maroc Vert

Dans le prolongement de cette orientation, a-t-il dit, le Plan Maroc Vert (PMV) a placé la valorisation et l’économie d’eau au premier rang de ses programmes structurants, en exécution des directives de SM le Roi Mohammed VI. A cet égard, une série de chantiers a été engagée pour généraliser les techniques d’économie d’eau, élargir les superficies irriguées et assurer la mise à niveau des périmètres irrigués, a-t-il souligné, précisant que les chantiers d’irrigation du PMV ont porté sur 850.000 hectares irrigués (plus de 50% de la superficie nationale irriguée), pour un investissement public de près de 40 milliards DH. Ces projets ont profité à 250.000 agriculteurs, dont plus de 90% sont des petits agriculteurs. Ces efforts sans précédent ont aussi concerné l’élargissement de la superficie équipée en irrigation localisée pour atteindre 630.000 ha, soit 39% de la superficie irriguée au niveau national, a-t-il ajouté. Côté complémentarité entre projets de barrages et équipements hydro-agricoles, le ministre a indiqué que tous les barrages agricoles réalisés ou en cours de réalisation durant la période 2008-2020 ont été dotés de périmètres d’irrigation en amont. Il a été procédé, à cet effet, à la création de 17 périmètres d’irrigation sur une superficie de 82.300 ha, dont bénéficient 30.000 agriculteurs.

2 milliards m3 d’eaux valorisées par an

Parmi les indicateurs obtenus à cet égard, le responsable gouvernemental a cité l’économie et la valorisation d’environ 2 milliards m3 d’eaux chaque année, rappelant que les périmètres d’irrigation ont bénéficié l’an dernier de moins de 40% des parts réservées à l’irrigation pendant une année normale. En dépit de toutes les difficultés, les zones irriguées qui représentent 16% de la superficie cultivable contribuent de l’équivalent de la moitié de la valeur ajoutée agricole pour une année moyenne, a-t-il dit. Ces zones représentent 75% des exportations agricoles en volume, de même qu’elles génèrent 40% des opportunités d’emplois en milieu rural. Par ailleurs, un total de 153 stations de traitement des eaux usées d’une capacité de 3,38 millions de M3 (MM3) ont été réalisées depuis le lancement du Programme national d’assainissement liquide. C’est ce qu’a indiqué le ministre délégué auprès du ministre de l’intérieur, Noureddine Boutayeb, au cours de la même séance. Ainsi, quelque 45 MM3 d’eaux ont été mobilisées, dont 23 millions sont réutilisées dans la l’irrigation des parcours de golf, des zones vertes ainsi qu’à des fins industrielles, a-t-il précisé. Il a expliqué que pour faire face au stress hydrique, l’accent est mis sur la réutilisation des eaux usées traitées dans le Programme national d’approvisionnement en eau potable et d’irrigation 2020-2027, afin de mettre en œuvre 89 projets pour la réutilisation d’environ 100 MM3 chaque année. Lancé en 2006, le Programme national d’assainissement liquide et d’épuration d’eaux usées vise à généraliser le raccordement au réseau d’assainissement dans les zones urbaines pour atteindre un taux de 80%, à réduire de 60% au moins le taux de la pollution à l’horizon 2020, a-t-il ajouté.

Politique de barrages

La construction des barrages était également présente lors de cette séance à la Chambre haute du pays. Selon le ministre de l’équipement, du transport, de la logistique et de l’eau, Abdelkader Amara, les chantiers de cinq grands nouveaux barrages seront lancés en 2021, pour une enveloppe budgétaire globale estimée à 4,8 MMDH et une capacité de 525 millions m3, relevant qu’il s’agit du barrage sur Oued Lakhdar dans la province d’Azilal et des barrages de Taghzirt dans la province de Béni-Mellal, Tamri dans la préfecture d’Agadir Ida-Outanane et d’Alkhankro à Figuig, en plus du barrage d’Imfout, à Settat, qui fera l’objet de rehaussement. Selon le responsable gouvernemental, ces chantiers interviennent dans le cadre du Programme national d’approvisionnement en eau potable et d’irrigation 2020-2027, aspirant ainsi à porter la capacité totale des barrages à 27 milliards m3 à l’issue de ces travaux. Il a expliqué que durant la période 2009-2020, il a été procédé au lancement de 23 grands barrages, pour un coût global de 28,2 MMDH, ce qui permettrait de porter la capacité à 6,237 milliards m3, précisant qu’il s’agit de sept barrages en exploitation et 11 en cours de réalisation. Concernant la stratégie nationale de l’eau, notamment le volet relatif aux 60 barrages programmés, dont ceux qui étaient en cours de réalisation en 2009, M. Amara a indiqué que 26 barrages ont été réalisés ou sont en cours de réalisation (dont 17 en exploitation), 18 ont été inclus dans le programme national 20-27 et au projet de plan national 20-50.

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