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Economie

Argan, la révolution en marche…

16.02.2021 - 19:06

Lancement de nouvelles variétés de plants et de procédés de multiplication inédits pour le passage à une filière structurée et maîtrisée

Le programme de recherche sur l’arganier vise la sélection et la création de génotypes performants en termes de production et de qualité de l’huile, la mise au point de techniques de multiplication conformes et en masse de l’arganier et l’optimisation des techniques de production en arganiculture.

Le Maroc écrit une nouvelle page de l’histoire de l’argan. En effet, Aziz Akhannouch, ministre de l’agriculture, de la pêche maritime, du développement rural et des eaux et forêts, a effectué, mardi, une visite au niveau de la province de Chtouka Ait Baha. Concrètement, la visite a porté sur le suivi de projets lancés dans le cadre du Plan Maroc Vert et le lancement de nouveaux projets de développement agricole et rural dans le cadre de la stratégie «Génération Green 2020-2030». Dans le détail, la délégation a visité le domaine expérimental d’Agadir Melk Zhar relevant de l’Institut national de la recherche agronomique (INRA). Les essais de recherche entrepris dans ce domaine de 73 ha portent sur plusieurs filières, notamment le cactus, l’arganier, la tomate, les agrumes, le bananier, le safran, la stévia, l’orge et le blé. Dans ce sens, une véritable révolution est en cours concernant l’argan.

En effet, le programme de recherche sur l’arganier vise la sélection et la création de génotypes performants en termes de production et de qualité de l’huile, la mise au point de techniques de multiplication conformes et en masse de l’arganier et l’optimisation des techniques de production en arganiculture. Les travaux de recherche menés par l’INRA sur l’arganier permettent aujourd’hui d’atteindre une avancée considérable en matière d’amélioration génétique et d’amélioration de la conduite technique de l’arganiculture. En effet, 6 nouvelles variétés d’arganier ont été développées et inscrites au catalogue officiel. D’autres variétés, dont une variété pollinisatrice performante, sont en cours d’inscription. Les nouvelles variétés développées permettent des performances agronomiques de rendement et de qualité, notamment pour les huiles d’argan. Une multiplication végétative en masse est en cours, par recours aux procédés de greffage et de bouturage. Des techniques de conduite technique de l’arganiculture sont également mises au point, en termes de besoins en eau, de fertilisation et de gestion de l’arganier en arganiculture. Ces avancées permettent aujourd’hui de passer à une étape importante de domestication de l’arganier et de maîtrise de la génétique de l’arganier. Elles facilitent la transition vers une filière structurée et maîtrisée.

Le ministre a ainsi procédé au lancement des premières plantations de l’arganier en verger à partir de ces nouvelles variétés sur une superficie de 406 ha au niveau des communes territoriales Belfaa et Ait Milk. Ce projet s’inscrit dans le cadre du programme global de développement de l’arganiculture sur une superficie de 10.000 ha à l’horizon 2022 lancé par Sa Majesté le Roi en février 2020. D’un coût global de 8,80 millions de dirhams, ce projet étalé sur la période 2021-2023 devrait profiter à 89 bénéficiaires, dont 19 femmes et 11 jeunes. Il devrait permettre d’améliorer le revenu des bénéficiaires pour atteindre près de 24.000 DH/ha et de créer près de 20.300 journées de travail/an. Ce projet permettra le développement de la culture de l’arganier agricole, le renforcement de l’organisation professionnelle des producteurs de la filière et la conservation des sols et la protection contre l’érosion et l’ensablement. Il permettra d’atteindre un rendement en fruit d’arganier de 6 t/ha en année de croisière et une augmentation de la production de la province de 2.436 t/an.

Station de dessalement

Le ministre de l’agriculture accompagné de la délégation ont visité la station de dessalement de l’eau de mer pour l’irrigation et l’alimentation en eau potable du Grand Agadir. Dans ce sens, le responsable s’est enquis de l’état d’avancement des travaux d’installation des réseaux d’irrigation du périmètre de Chtouka programmés dans le cadre du projet de dessalement de l’eau de mer pour l’irrigation du périmètre de Chtouka et l’alimentation en eau potable du Grand Agadir. Ce mégaprojet s’inscrit dans le cadre de la vision stratégique de Sa Majesté le Roi. Les travaux sur le réseau d’irrigation ont été lancés par le Souverain en février 2020 à partir de la station de l’eau de mer d’Agadir. Le taux d’avancement des travaux au niveau de la station de dessalement est de 85,4% et sa mise en service partielle est prévue en avril 2021. Elle offrira dans la première phase 275.000 m3/jour à raison d’un débit de 125.000 m3/jour pour les besoins en eau d’irrigation. Ces installations permettront à terme de produire 400.000 m3/jour d’eau dessalée, partagée équitablement entre l’eau potable et l’eau d’irrigation.

Réhabilitation des routes

La visite a également été marquée par le lancement des travaux de construction et de réhabilitation des routes dans les périmètres irrigués du Massa. Il s’agit de la construction et de la réhabilitation de 30,4 km de routes avec 45 ouvrages d’art et l’assainissement des eaux pluviales au niveau des communes territoriales de Ait Amira et Belfaa. D’un coût global de 16,7 millions de dirhams pour une durée de réalisation de 12 mois, ce projet a pour objectif l’accompagnement du projet de dessalement de l’eau de mer. Il devrait faciliter l’exploitation et l’entretien des aménagements hydro-agricoles, l’amélioration des conditions de transport des produits agricoles et de la main-d’œuvre ainsi que les conditions de vie des habitants.

» Source de l'article: aujourdhui

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