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Economie

Train à hydrogène : Alstom en contact avec le Maroc ?

09.03.2021 - 10:03

Le Royaume cité parmi les clients intéressés par cette nouvelle génération de transport amie de l’environnement

Les trains en question utilisent une technologie sans émissions carbone, permettant de produire de l’électricité à bord, grâce à une pile à combustible alimentée par un réservoir d’hydrogène (H2).

Le Maroc entrera-t-il dans le club restreint des pays avec train à hydrogène? En tout cas, la presse française se fait l’écho de contact avec le géant français de l’industrie ferroviaire, Alstom. C’est le quotidien Le Monde qui a révélé l’information il y a quelques jours en annonçant les premières commandes de train à hydrogène. Ce dernier représente aujourd’hui le nec plus ultra du transport ferroviaire en Europe et dans le monde. Selon la publication parisienne citant Brahim Soua, responsable de la plate-forme trains régionaux chez Alstom, qui assemblera les trains dans son usine de Reichshoffen (Bas-Rhin), «des clients potentiels se sont manifestés au Royaume-Uni, aux Pays-Bas, en Belgique, au Danemark, en Espagne, au Maroc». Il faut préciser que les trains en question utilisent une technologie sans émissions carbone, permettant de produire de l’électricité à bord, grâce à une pile à combustible alimentée par un réservoir d’hydrogène (H2).

L’autre point fort de ces trains, c’est qu’ils sont équipés de rames «bimodes». Cependant, celles-ci ont la capacité de se brancher sur les caténaires des voies ferroviaires électrifiées. Les contacts annoncés du côté d’Alstom avec le client marocain iront-ils jusqu’au bout ? Si les trains à hydrogène sont révolutionnaires, leurs prix restent tout de même très élevés pour le moment. Cela dit, le Royaume est l’un des clients importants du géant français. Pour rappel, Alstom avait fourni les trains à grande vitesse de l’ONCF (Office national des chemins de fer) faisant du Maroc l’un des rares pays dans le monde à proposer des voyages en TGV sur son réseau ferroviaire. Aussi, Alstom fournit également les plus grandes villes du Royaume comme Rabat et plus récemment Casablanca des rames de tramway.

Il y a quelques mois à peine, l’entreprise française avait annoncé avoir décroché un contrat auprès de Casa Transports, la société gérant les transports publics de Casablanca, pour fournir à cette dernière 66 tramways Citadis X05 avec une option de 22 tramways supplémentaires destinés aux lignes 3 et 4 dont l’ouverture est prévue fin 2023. Le contrat s’élève à 130 millions d’euros. La même entreprise a précédemment fourni 124 Citadis x02, l’alimentation électrique et l’équipement de signalisation pour les lignes 1 et 2. Présente au Maroc depuis un siècle, la marque hexagonale avait réalisé plusieurs projets parmi lesquels la livraison de 190 tramways Citadis X02 aux villes de Rabat (66 tramways) et Casablanca (124 tramways), de 12 trains Avelia Euroduplex pour la ligne à grande vitesse qui relie Tanger à Casablanca et de 50 locomotives Prima. L’un de ses points forts reste ses unités industrielles au Royaume notamment celle de Fès qui produit des câbles destinés à des applications ferroviaires ainsi que celle des coffrets électriques qui sont fournis à ses usines européennes, puis montés sur des trains exportés vers le monde entier.

Taux d’intégration

Alstom Maroc participe à l’équipement du matériel roulant destiné à la ville de Casablanca. Après avoir remporté le marché des lignes 3 et 4, l’entreprise avait annoncé que les tramways Citadis seront fabriqués en partie à Barcelone et plusieurs fournisseurs basés au Maroc participeront à la production des sous-systèmes qui seront, eux aussi, intégrés en Espagne. Aussi, l’usine Alstom de Fès fournira les armoires électriques et les faisceaux de câbles. Les sites français impliqués sont : La Rochelle pour la gestion du projet et les activités d’ingénierie, Valenciennes pour l’aménagement intérieur, Ornans pour les moteurs, Villeurbanne pour les équipements électroniques embarqués, Aix-En-Provence pour le système de mesure de la vitesse et l’enregistreur juridique, Tarbes pour les modules de puissance et les coffres disjoncteurs, et Saint-Ouen pour le design. Le site de Charleroi, en Belgique, fournira le système de traction et le site de Getafe, en Espagne, fournira les bogies. Enfin, l’équipe Alstom au Maroc assurera le service après-vente.

Hydrogène au Maroc

Le Royaume se positionne sur le marché de l’hydrogène depuis quelques temps. Dans ce sens, plusieurs projets ont été initiés. Dans ce sens, Iresen et l’Université Polytechnique Mohammed VI travaillent de concert pour développer la recherche de base sur ce sujet. Parmi les actions engagées, on relève aussi la création de la plate-forme nationale de recherche et développement, en l’occurrence le centre «Green H2A». Ce projet se veut une plate-forme de test comprenant des pilotes de petites puissances (1 à 5 mwh) d’électrolyses, d’ammoniac vert, du méthanol vert et de combustibles synthétiques. L’Agence marocaine de l’énergie durable (Masen) pilote pour sa part un projet de référence portant sur l’hybridation. Rappelons que le développement de la production de l’hydrogène vert couvrira plusieurs besoins, notamment l’hybridation des énergies renouvelables, le développement de l’industrie de transformation du carbone et le développement de la mobilité à l’hydrogène.

» Source de l'article: aujourdhui

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