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Economie

La réforme dans le contexte post-Covid-19 en débat

12.03.2021 - 16:27

La crise sanitaire devrait modifier profondément les rôles de l’Etat, dont ceux de protecteur, de stratège/développeur et de régulateur de l’activité économique devraient se renforcer. C’est du moins ce qui ressort d’un webinaire organisé, mercredi 10 mars, sous le thème «La réforme des entreprises et établissements publics et l’Etat providence».

Initié par l’Institut supérieur de commerce et d’administration des entreprises (ISCAE), ce webinaire, qui s’est tenu en partenariat avec le Policy Center for the New South (PCNS) et l’Ecole nationale supérieure de l’administration (ENSA), est «le premier d’un cycle de webinaires portant sur les politiques publiques et la réforme de l’administration publique dans le contexte sanitaire que nous vivons», a indiqué Tarik El Malki, directeur de l’ISCAE-Rabat.
L’intervenant a fait savoir que l’une des caractéristiques de cette crise est l’insuffisance des moyens dévolus au système sanitaire dans sa globalité et de la protection sociale, particulièrement pour les plus vulnérables. «Nous sommes en train d’assister à un retour en force de l’Etat providence et l’Etat stratège à travers la mise en place l’année dernière du plan d’urgence pour juguler les effets à court terme de la crise et surtout les plans de relance, dont l’objectif est d’agir concomitamment sur l’offre, mais également sur la demande», a expliqué M. El Malki.

Intervenant à cette occasion, Otaviano Canuto, Senior Fellow au sein de PCNS, a affirmé que des mesures avaient été prises pour faire face à la baisse des recettes fiscales et l’augmentation des dépenses sociales afin d’éviter une destruction généralisée des capacités de production et de subsistance des populations pendant la pandémie. Il a précisé que la réduction des dépenses sera très coûteuse avec des inégalités très élevées des revenus. Il a tenu à rappeler que la crise a entraîné une augmentation de la dette publique, même pour les pays ayant une meilleure cote de risques.

Pour sortir de cette impasse, M. Canuto a fait part de la nécessité d’une coordination de politique entre les pays dans les différents domaines afin de pouvoir faire face à de futures crises, dont celles liées au changement climatique, à la cybersécurité, au terrorisme et aux flux migratoires.
Même son de cloche pour Rémy Trudel, ex-ministre de la santé et des services sociaux au Québec, qui a appelé dans ce contexte de pandémie d’en tirer des leçons et des pistes de sortie des crises à venir. Il a ainsi souligné la nécessité de réinscrire la dimension sociale dans les politiques publiques. Il a également évoqué la question de la justice fiscale dans le cadre de rétablissement de confiance des citoyens envers l’Etat et ses institutions.
De son côté, Karim Aarab, enseignant, chercheur à l’ISCAE-Rabat, a indiqué que l’année 2020 avait connu le lancement de la réforme du secteur public pour corriger les dysfonctionnements structurels des établissements et des entreprises publics (EEP).

L’intervenant a fait part que pour remplir bien cette mission, il avait été appelé à la création d’une agence nationale, dont la mission consiste à assurer la gestion stratégique des participations de l’Etat et suivre les performances des établissements et EEP, en soulignant l’impératif d’appliquer les règles de bonne gouvernance. Sur la composition du portefeuille public, M. Aarab a précisé que les EEP sont présents dans tous les secteurs économiques et sociaux. Et selon les résultats relatifs aux différentes composantes du secteur à fin septembre 2020, «le portefeuille public se compose de 225 établissements publics et de 43 sociétés anonymes à participation directe du trésor. Ces EEP détiennent 492 filiales ou participations, dont 54% sont détenues majoritairement», explique-t-il.

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