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Economie

Transferts de fonds : Le feed-back des Marocains

30.04.2021 - 10:07

La Banque mondiale et Bank Al-Maghrib dévoilent le résultat d’un travail de terrain dans 4 régions du Royaume

Le transfert de fonds via les opérateurs se veut un service destiné à tous notamment aux classes populaires, urbaines et rurales. C’est ce que considèrent les répondants à une étude établie par la Banque Mondiale et Bank Al Maghrib. Les deux institutions ont collecté des feed-back sur les transferts de fonds nationaux et internationaux au Maroc. Les conclusions tirées, dans ce sens, sont le fruit de travail de 16 groupes de discussion réalisés dans le cadre du programme tendant à élargir l’accès aux services financiers au Maroc. L’étude a ciblé 4 régions géographiques couvrant dans chacune d’entre elles une localité urbaine, une localité périurbaine et une localité semi-rurale.

Les retours recueillis dans le cadre de cette enquête font ressortir une satisfaction des répondants quant à la méthode actuelle de transfert de fonds. Les répondants ont, en parallèle, manifesté un intérêt pour la carte bancaire ou prépayée comme alternatives pour transférer de l’argent au moment où ils jugent sélectif le transfert par virement bancaire qui, selon eux, est destiné à une population bancarisée et alphabétisée. Ils estiment, également, que le transfert par téléphone mobile est associé à une cible instruite, familiarisée avec les nouvelles technologies. De même, l’adoption de portefeuilles électroniques pour les transferts reste liée à une bonne compréhension du fonctionnement de l’outil. Par ailleurs, la réception de transferts sur le portefeuille électroniques suscite une réaction mitigée.

Un constat qui révèle divers freins partagés par tous les profils des répondants. L’étude démontre, en outre, un manque de connaissance et d’information sur les institutions et services financiers ainsi qu’un manque de confiance relatif à la fiabilité des services. S’agissant de l’usage de carte bancaire, il est dans l’ensemble apprécié par les participants et ce pour son caractère pratique et valorisant toutefois les appréhensions persistent. Elles sont formulées soit sous forme de craintes ou de mécontentements. Le détail

Expéditeurs des transferts internationaux : Portrait-robot

Degré de parenté avec les proches expéditeurs de transferts

L’étude de le Banque mondiale et Bank Al Maghrib démontre que la majeure partie des expéditeurs de transferts font partie du cercle familial. «Si l’on ajoute les oncles-tantes et les enfants, on atteint les 83%. Les époux ne représentent pour leur part que 9% des expéditeurs et les amis que 3%», relève-t-on de l’étude précisant que certains participants reçoivent des transferts de différents expéditeurs. Des différences ont été relevées dans les principaux pays de résidence selon les régions.

On remarque dans ce sens la prédominance de la France dans 3 régions sur 4 avec jusqu’à 68 % pour Souss-Massa. Au niveau de l’Oriental, la majorité des expéditeurs réside en Espagne (53 %). Ceci s’explique par la proximité de la région avec le Préside de Melillia qui, selon les participants, accueille une partie de ces personnes. Les transferts de fonds en provenance de l’Allemagne sont pour leur part prépondérant au Nord-est du Royaume. L’Italie figure également parmi les principaux lieux de résidence des expéditeurs notamment pour la région de Béni Mellal-Khénifra (32 %) ou encore Casablanca-Settat (23 %).

Les services des opérateurs prédominent

Méthode de transfert utilisée par les expéditeurs (Base 146)

Se référant aux conclusions de l’étude, les services des opérateurs de transferts de fonds sont prédominants dans les transferts internationaux et ce, dans l’ensemble des régions étudiées. Ce mode est très privilégié par la majorité des répondants même ceux qui reçoivent des transferts par virement bancaire. Il s’avère qu’ils utilisent également des services des opérateurs de transferts de fonds à d’autres occasions. «En matière de lieu de retrait du transfert, les répondants privilégient les établissements de paiement par rapport aux banques. Dans de rares cas, les répondants vont privilégier une banque parce que le montant du transfert est conséquent (+20.000 DH) et qu’ils craignent de ne pas être servis dans un établissement de paiement.

Certains ont d’ailleurs fait l’expérience dans ce type de situation, de devoir attendre ou retourner le lendemain au point de service, faute de disponibilité immédiate des fonds», peut-on lire de l’étude. Toutefois, les virements bancaires sont rarement utilisés en termes de transferts de fonds internationaux et ce en dépit que 62 % des personnes interrogées détiennent un compte bancaire. Il en est de même pour les transferts de fonds internationaux via des intermédiaires informels. Ce recours est devenu quasi-rare, et ce depuis l’apparition des opérateurs spécialisés. Notons que les points de retrait privilégiés sont ceux qui sont à proximité du domicile des bénéficiaires. Dans les zones périurbaines ou semi-rurales, le retrait se fait dans les points de services à proximité du souk ou autre lieu d’approvisionnement.

Les recommandations….

A l’issue de cette étude, des recommandations à court et moyen termes ont été formulées. Des efforts sont ainsi à consentir en termes d’éducation financière en vue de fournir plus d’informations sur les transferts de fonds, les produits disponibles ainsi que leur tarification et fonctionnement. Il est dans ce sens recommandé d’offrir des programmes d’éducation financière différenciés par genre, et adaptés aux différents groupes cibles. La priorité étant également de travailler sur le versant de l’offre en misant davantage sur l’attractivité des services financiers numériques et la qualité du service dans les banques.

Il est également recommandé à la banque centrale d’appuyer les réformes en facilitant le dialogue entre les parties prenantes ainsi qu’en prônant le partage des bonnes pratiques internationales et en analysant l’adéquation des informations et des régulations de protection au consommateur.

Dans ce sens , Bank Al Maghrib devrait continuer ses efforts pour faciliter le développement du marché financier, par exemple, informer les parties prenantes de manière régulière sur les zones géographiques desservies, partager des informations sur des innovations pour créer des points de services « au dernier kilomètre », et encourager l’adoption de terminaux de paiements électroniques (POS) au sein des commerces.

Intermédiaires informels

Généralement, les envois de fonds internationaux via des intermédiaires informels se font par espèces et en devises via un expéditeur vivant à l’étranger ou encore un proche ou une connaissance qui remettra la somme transférée à la personne désignée une fois au Maroc. La remise se fait donc soit à un professionnel notamment les chauffeurs d’autocar qui font les trajets entre le pays concerné et le Maroc ou à travers un double échange entre deux personnes au Maroc et deux autres personnes résidant à l’étranger. Les participants précisent que cette méthode est pratique en cas de montants importants du fait que le montant par transfert est limité à 20. 000 DH.

Transferts d’argent nationaux : Les constats

L’envoi de transferts est loin d’être constitué des aides familiales. Plusieurs facteurs sont énumérés dans ce sens. Citons en premier le remboursement d’un prêt fait à un proche, l’envoi d’argent par un mari qui travaille dans une autre ville à son épouse, le paiement de marchandises à des commerçants situé dans d’autres villes ou encore la cotisation à des tontines (épargne collective). Autre constat relevé dans ce sens est le recours aux canaux informels pour l’expédition des transferts nationaux particulièrement dans le cadre des aides familiales. «Plus de la moitié des cas se fait ainsi, et dans une moindre mesure, via des organismes spécialisés (41 % des cas). Il est probable que les aides en espèces se font de la main à la main lors de visites familiales par exemple ou via des intermédiaires», déduit-on de l’étude qui souligne que ce recours est apprécié par certains pour sa gratuité et sa rapidité.

Le recours au virement bancaire est usuel dans ce genre de transaction. Il est utilisé lorsque les deux parties sont bancarisées dans la même enseigne bancaire. Dans ce cas le coût du transfert est faible, voire gratuit. «Ainsi, les personnes bancarisées optent pour le virement ou la mise à disposition via leur banque dès qu’elles sont en situation de prendre en charge les frais d’envoi, en expliquant que cette solution leur permet de contourner les frais afférents aux opérateurs de transferts de fonds», explique le Banque mondiale et Bank Al Maghrib dans leur étude. Il ressort également que les répondants sont mal informés sur la tarification en vigueur. «Personne n’a une vision d’ensemble de la tarification chez les principaux acteurs du marché », apprend-on.
En ce qui concerne les frais, certains les jugent raisonnables au regard de la qualité du service assuré en termes de rapidité et de confidentialité. D’autres les trouvent trop chers.

» Source de l'article: aujourdhui

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