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Economie

Financement des PME : BTP, hôtellerie et textile-habillement des secteurs à risques pour les banques

24.03.2014 - 18:26

En dépit de leur poids économique, les Petites et Moyennes Entreprises (PME) n’engendrent que 20 % de la création de la valeur ajoutée de l’économie nationale. Ces entreprises sont en effet un vecteur de croissance économique important au Maroc puisqu’elles représentent environ 95 % du tissu productif national et contribuent à la lutte contre le chômage. D’après la CFCIM (Chambre Française de Commerce et d’Industrie du Maroc), moult facteurs empêchent ce type d’entreprises de se développer, de se moderniser et de faire face à la concurrence : baisse de la distribution des crédits à moyen terme, faible contribution du capital-risque à leur financement et accessibilité réduite du marché boursier aux PME…

L’accès au financement demeure cependant la principale entrave au développement de ces entreprises, et ce, malgré, entres autres, la création de nombreux fonds de garantie visant à les soutenir.
« La PME souhaite disposer d’un crédit adapté à ses spécificités, à des conditions favorables, avec plus de transparence en matière de tarification des services financiers, une décentralisation des pouvoirs de décision, une présentation d’un canevas type de demandes de crédit et de garantie liés au projet », affirme la CFCIM dans la dernière édition de sa revue mensuelle « Conjoncture ».
Cependant, les banques ont tendance actuellement à réduire les montants des prêts accordés aux PME, et augmenter les garanties diverses qui dépassent largement le montant du crédit sollicité. Et ce pour cause, la conjoncture économique défavorable qui a entraîné la montée des impayés, les tensions de liquidités et le renforcement des règles prudentielles de Bank Al-Maghrib…
Ces facteurs se sont traduits par un durcissement des conditions d’octroi de crédits aux PME, notamment pour les entreprises jugées comme étant les plus vulnérables dont particulièrement les TPME (Très Petites et Moyennes Entreprises).
Cependant, ce n’est que rarement qu’une demande de financement d’une PME remplissant les conditions minimales en termes de performance, pérennité, transparence, solvabilité avec un business plan clair est refusée par une banque.
« Globalement, au delà des garanties exigées des entrepreneurs, les banquiers s’appuient sur un faisceau de critères pour octroyer un crédit à une PME », explique-t-on.
« La garantie n’intervient qu’une fois que l’analyse est faite sur le dossier du client », fait remarquer un banquier cité par la CFCIM. Pour lui, les banques se basent d’abord sur les informations relatives à la PME (capital social, fonds propres, gérants, etc.), son secteur d’activité, son projet de développement, ses états financiers, son business plan, etc.
Plus précisément, le banquier cherche une PME ayant une structure financière saine, bien gérée et présentant un projet d’investissement viable.
Autre élément important soulevé par ladite Chambre : avec la conjoncture actuelle difficile, certains secteurs d’activité sont handicapés. C’est le cas du BTP qui est devenu un secteur risqué du fait du nombre élevé de défaillances d’entreprises, en particulier dans la promotion immobilière.
Les banques sont devenues relativement prudentes en matière de financement de la promotion immobilière.
L’hôtellerie présente, elle-aussi, un secteur à risque pour les banques, notamment au niveau de la région de Marrakech, devenue relativement saturée suite à une forte hausse des investissements en capacité alors que l’évolution des arrivées de touristes ne suit pas.
Il en est de même pour le textile et habillement qui accuse une baisse des commandes au niveau du marché européen et de la forte concurrence d’autres pays.
En dépit des obstacles enregistrés par plusieurs PME en matière d’accès au financement bancaire, les crédits bancaires demeurent, selon toujours la même source, les principales sources de leur financement externe. Entre 2005 et 2009, les crédits accordés aux PME ont affiché une croissance moyenne de 13,4 %.

» Source de l'article: lopinion

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