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Développement de l’agriculture et électrification, des défis pour l’Afrique

09.03.2016 - 15:07
Développement de l’agriculture et électrification, des défis pour l’Afrique
7 mars 2016
Naoufel Darif (443 articles)
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Développement de l’agriculture et électrification, des défis pour l’Afrique

L’agriculture pèse 25% du PIB du continent, 63% de la population est rurale n Le taux d’électrification moyen des pays subsahariens ne dépasse pas 20%. Valorisation des terres agricoles, fiscalité incitative à la transformation locale, aménagements pour accueillir de grands projets agricoles, réglementation de la location des terrains et respect des normes mondiales sont parmi les moyens de développer l’agriculture.

Deux jours durant, le Forum international Afrique développement a une fois de plus donné l’illustration que l’Afrique peut faire confiance à l’Afrique. Les organisateurs ont fait le choix pertinent de dédier cette 4e édition à deux thématiques cruciales, dont dépendra en partie l’essor du continent : l’agriculture et l’électrification.

Dans son allocution d’ouverture, Mohamed El Kettani, PDG d’Attijariwafa bank, a souligné que l’agriculture constitue le premier secteur de l’économie des pays africains avec 25% du PIB. De plus, 63% de la population du continent vivent dans le monde rural et subsistent grâce à l’agriculture. «Partant de là, la prise en charge de ce secteur s’avère décisive pour envisager une croissance inclusive, réductrice des inégalités», affirme M. El Kettani. L’électrification du continent constitue un autre enjeu majeur : près de 600 millions d’africains n’ont pas accès aux réseaux électriques et les taux d’électrification moyens des pays subsahariens ne dépassent pas 20%, selon les chiffres des institutions mondiales.

Abondant dans le même sens, Zahra Maafiri, directrice générale de Maroc Export, a rappelé que ces deux secteurs sont porteurs d’un grand intérêt stratégique pour les institutions africaines, notamment celles chargées de la promotion du commerce et des investissements entre les pays du continent. La 4e édition, forte de la présence de plus de 2 000 personnes venant de 20 pays, s’est voulue ainsi une opportunité de plus pour échanger autour de l’émergence d’un modèle de développement et de diversification de l’agriculture, de l’industrie électrique et des infrastructures africaines, qui, faut-il le rappeler, est déjà en marche. En effet, comme l’ont rappelé plusieurs intervenants, de plus en plus d’Etats africains arrêtent des stratégies sectorielles structurées matérialisées par des plans chiffrés et des projets d’investissements dans plusieurs domaines dont la valorisation des ressources naturelles et les infrastructures électriques. Cependant, la quasi-totalité des outputs de ces secteurs est encore importée, encore trop chère et souvent inaccessible aux budgets des ménages. Un participant au panel de la première journée rappelle que l’importation n’est pas toujours la bonne réponse à une rareté de fruits ou de légumes. La terre africaine est fertile et généreuse, mais il existe un déficit de collecte, de conditionnement et d’encadrement technique. «La transformation ne dépasse pas 5% dans les meilleurs des cas», rappelle la modératrice du panel dédié à l’agriculture, responsable à l’OCP Policy Center. Panel au cours duquel le Plan Maroc Vert a été cité comme modèle pour les pays du continent.

Plaidoyer pour une fiscalité incitative pour la transformation locale de produits bruts

Les panélistes ont ainsi recommandé la valorisation des terres agricoles pour une meilleure productivité (utilisation des fertilisants) et une meilleure exploitation des terres arables qui représentent 60 à 70% des terres africaines. D’autres intervenants ont insisté sur la nécessité de gérer les divergences d’horizon entre le temps agricole (long terme) et celui des marchés (court terme). Parmi les recommandations figure aussi la nécessité de valoriser les ressources agricoles et mieux maîtriser les prix à l’international pour les petits agriculteurs comme pour les industriels afin de créer de la valeur ajoutée locale. De plus, les Etats africains devront faire de grands aménagements pour accueillir des projets agricoles et sécuriser l’investissement privé dans les projets d’agro-industrie. En parallèle, ils doivent s’atteler à résoudre la problématique relative aux titres fonciers (sécurisation foncière) et à la réglementation de la location de terrains afin de faciliter l’accès du secteur agricole au financement.

Enfin, plusieurs intervenants ont plaidé pour une fiscalité incitative pour la transformation locale de produits bruts par des acteurs locaux ou étrangers. Ceci sans perdre de vue qu’une commercialisation aux standards des acheteurs mondiaux offrira à l’Afrique plus de possibilités d’intégration et de montée en gamme au sein de la chaîne de valeur mondiale.

Par ailleurs, les participants au panel de la deuxième journée dédié à l’électrification ont relevé à l’unanimité le déficit électrique, l’absence ou le manque d’inter-connectivité et d’intégration entre les réseaux d’un pays ou d’une région, et le déphasage entre les stratégies nationales prises séparément et le marché international, notamment en matière d’offres, de besoins et de mix énergétique. La politique tarifaire a aussi été évoquée. Il est constaté que les coûts réels et les impératifs d’équilibre financier des opérateurs nationaux ne sont pas pris en considération dans la fixation des prix au consommateur. Compte tenu de la taille actuelle du marché, il va de soi que les filières industrielles locales spécialisées dans les équipements électriques sont peu développées. En marge des ateliers, 4 500 rendez-vous B2B ont été programmés.

Le groupe Attijariwafa bank, co-organisateur du Forum international Afrique développement, a lancé le Club Afrique développement (CAD). Ce club constituera un cadre pour favoriser l’émergence de chantiers structurants et soutenir les idées innovantes qui donneront naissance à des projets de développement durable pour le continent. Le Club est une structure ouverte à toute entreprise, quelles que soient sa taille et son activité, désirant étendre ses activités en Afrique. Il cible dans une première phase une population de 3 000 adhérents potentiels constitués de membres actifs, de membres d’honneur et de prescripteurs. Quelque 600 membres ont déjà manifesté leur volonté de souscrire aux manifestations du club. «Nous mettrons tout en œuvre pour que le Club Afrique développement contribue, de manière effective et efficace, à la création de valeur, à la densification de nos échanges et de nos partenariats Sud-Sud et Nord-Sud, et joue le rôle d’accélérateur de la coopération intra-africaine», affirme le président d’Attijariwafa bank.

» Source de l'article: lavieeco

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