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Economie

Agents immobiliers : la profession résiste à la conjoncture

31.05.2017 - 00:02

L’activité est plombée par la baisse des ventes et la concurrence des intermédiaires informels. Le projet de loi sur la profession, en attente d’approbation, va structurer le marché. La structure du chiffre d’affaires des agents a changé depuis quelques années.

L’activité est plombée par la baisse des ventes et la concurrence des intermédiaires informels. Le projet de loi sur la profession, en attente d’approbation, va structurer le marché. La structure du chiffre d’affaires des agents a changé depuis quelques années.

Le marché de l’immobilier peine à reprendre des couleurs. Le ralentissement de l’activité, qui dure depuis des années, donne du fil à retordre à tous les opérateurs, dont les agents immobiliers. Après l’euphorie des années 2005 à 2010 où la production de logements, les transactions et les prix étaient en forte hausse, ce qui permettait à ces intermédiaires d’empocher des commissions conséquentes, «Aujourd’hui, l’activité tourne au ralenti et plusieurs agences connaissent de sérieuses difficultés. Il y en a même plusieurs qui ont déposé le bilan. Les intermédiaires qui résistent sont ceux installés à Rabat et Casablanca», affirme Mohamed Lahlou, président de l’Association marocaine des agents immobiliers (AMAI). Il faut dire qu’en plus de la morosité de l’activité, les 500 agences immobilières structurées du Royaume sont pénalisées par les opérateurs informels qui dérèglent le marché. «Ils ne créent pas de la valeur, ils ne disposent pas de bureaux physiques et opèrent depuis les cafés ou leurs domiciles. Ils ne payent pas d’impôts et rendent la concurrence de plus en plus féroce», confie un agent immobilier préférant garder l’anonymat.

Pour résoudre ce problème, un projet de loi porté par le ministère de l’aménagement du territoire, de l’urbanisme, de l’habitat et de la politique de la ville, sur proposition de l’association professionnelle, vise à organiser le secteur et l’assainir de la branche informelle. Il devrait, une fois adopté, instaurer des conditions d’accès à la profession et d’exercice du métier favorables à la fois aux opérateurs et à leurs clients. Ce qui devrait revitaliser le secteur et redorer le blason de l’agent immobilier.

Le métier nécessite des compétences commerciales, techniques et juridiques

Quoi qu’il en soit, même si le secteur n’est toujours pas encadré, devenir intermédiaire immobilier ne s’improvise pas. Se lancer et se démarquer dans cette activité nécessite plusieurs compétences. «Mis à part l’aspect commercial, un agent immobilier doit maîtriser un certain nombre de notions non seulement techniques mais aussi juridiques. Il doit savoir lire et concevoir une note de renseignement, un contrat de vente, un contrat de location et avoir des connaissances en matière de fiscalité immobilière», affirme le propriétaire d’une agence immobilière. Et vu que la force d’un agent immobilier réside dans son réseau relationnel, il devra impérativement posséder un portefeuille clients assez large qu’il devra fructifier par la suite. Ceci dit, se lancer dans ce business ne nécessite pas un fonds de roulement important. L’agent devra bien entendu supporter tout au long de son exercice des charges récurrentes, notamment des charges locatives, de personnel, de services (eau, électricité…), de communication (insertions publicitaires, flyers, site web, etc) ou encore des frais de déplacement occasionnés lors des visites des lieux, de rencontre des clients ou même de voyages. D’un autre coté, le chiffre d’affaires est bien entendu très variable dans cette branche d’activité. Hormis le volume des transactions traitées, il est intimement lié aux différents taux de commission appliqués selon la nature du produit objet de l’intermédiation (voir encadré). Ces taux de commissions ne sont d’ailleurs pas standardisés et sont souvent négociés par les deux parties (client/agent immobilier).

En tout cas, dans la conception actuelle du marché, la ventilation du chiffre d’affaires a nettement changé depuis quelques années, à en croire les opérateurs. «Aujourd’hui, le gros du chiffre d’affaires est généré par la location résidentielle et professionnelle. Avec la nouvelle loi sur les baux commerciaux, les propriétaires sont moins réticents à louer leurs locaux commerciaux», déclare M. Lahlou. Rappelons dans ce sens que grâce à cette nouvelle loi 49-16 sur le bail commercial, entrée en vigueur le 11 février dernier, les propriétaires de locaux commerciaux, souvent désavantagés par rapport à leurs locataires, sont dorénavant en droit de bénéficier d’un traitement plus équitable.

Les commissions sur opérations de location permettent aux agents de survivre

Concernant les commissions sur les transactions qui représentaient une bonne partie du chiffre d’affaires, que ce soit en volume ou en nombre il y a quelques années, elles sont  actuellement de plus en plus faibles. «De nos jours, certaines agences immobilières font au mieux une transaction par an», confie M. Lahlou. «Parce qu’à la base les transactions se font rares aujourd’hui et la tendance actuelle est à la location», appuie-t-il, avant d’ajouter : «Dans les deux ou trois années qui viennent, les gens achèteront de moins en moins et opteront plutôt pour la location. D’ailleurs, beaucoup de promoteurs se mettent à construire des immeubles dans une optique de location».

Un avis partiellement réfuté par Cedric Elsener, DG de Maroc Immobilier Capital : «Devenir propriétaire d’un bien est le rêve ultime d’une bonne partie de la société marocaine. Si l’on se dirige vers la location, c’est surtout parce qu’on n’a pas le choix et parce que les conditions de financement refroidissent les personnes souhaitant devenir propriétaires». Toujours selon M. Elsener, «sur le premier trimestre de l’année en cours, la tendance était à la location résidentielle et professionnelle. Peu de ventes ont été enregistrées durant cette période. Mais depuis la deuxième moitié du semestre, la vente résidentielle a bien repris». Dans ce sens, un agent immobilier opérant à Casablanca affirme que son chiffre d’affaires est porté par les transactions résidentielles à hauteur de 30 à 40%». Plusieurs facteurs expliqueraient cette légère dynamique des ventes. «Nous avons réussi à baisser le prix de certains biens mis en vente. De plus, l’annonce d’une éventuelle augmentation des taux de crédit immobiliers avant l’été a été persuasive pour certains acheteurs qui se sont précipités pour signer leurs actes de prêt», conclut M. Elsener.

Depuis sa création en 2012 à aujourd’hui, l’Association marocaine des agents Immobiliers (AMAI) compte une centaine d’adhérents (sur les 500 opérant sur le territoire marocain). Ses missions sont de représenter et défendre les intérêts des agences immobilières, assainir la profession mais aussi organiser l’activité en poussant vers l’adoption des meilleures pratiques et de procédures uniformes entre les agences immobilières (mandat de vente/location, procédure inter-agence). L’AMAI représente ses membres auprès des autorités publiques (ministère, Parlement, etc.) et se veut comme une force de proposition donnant son avis sur les nouveaux projets de loi touchant le secteur de l’immobilier. Elle communique également auprès du grand public pour donner une bonne image de la profession. Selon son président, «le but de l’association est aussi d’élever le niveau de la profession d’agent Immobilier qui doit disposer d’une formation générale et pointue dans les différents métiers de l’immobilier, et d’informer ses membres des nouvelles réglementations marocaines touchant le secteur de l’immobilier».

Depuis sa création en 2012 à aujourd’hui, l’Association marocaine des agents Immobiliers (AMAI) compte une centaine d’adhérents (sur les 500 opérant sur le territoire marocain). Ses missions sont de représenter et défendre les intérêts des agences immobilières, assainir la profession mais aussi organiser l’activité en poussant vers l’adoption des meilleures pratiques et de procédures uniformes entre les agences immobilières (mandat de vente/location, procédure inter-agence). L’AMAI représente ses membres auprès des autorités publiques (ministère, Parlement, etc.) et se veut comme une force de proposition donnant son avis sur les nouveaux projets de loi touchant le secteur de l’immobilier. Elle communique également auprès du grand public pour donner une bonne image de la profession. Selon son président, «le but de l’association est aussi d’élever le niveau de la profession d’agent Immobilier qui doit disposer d’une formation générale et pointue dans les différents métiers de l’immobilier, et d’informer ses membres des nouvelles réglementations marocaines touchant le secteur de l’immobilier».

Les taux de commission sont parmi les éléments devant être encadrés par la future loi sur les agents immobiliers. Comme expliqué dans l’article, ces taux ne sont pas fixés par le législateur et sont négociés librement par les agents avec leurs clients. L’AMAI a cependant fixé un barême des commissions à ses adhèrents. Pour les transactions vente/achat, la commission est de 2,5% Hors taxes (3% TTC) sur la valeur totale du bien payable par chacune des parties (vendeur et acheteur). Un bien loué sera objet d’une commission de 1 mois H.T du montant de la location payable par chacune des parties (locataire et bailleur). Ce taux diffère si la location n’excède pas une année :une location de 3 mois (25% H.T du loyer mensuel), une location de 6 mois (50% H.T du loyer mensuel). Enfin, une location de 12 mois (1 mois H.T du loyer mensuel).

Les taux de commission sont parmi les éléments devant être encadrés par la future loi sur les agents immobiliers. Comme expliqué dans l’article, ces taux ne sont pas fixés par le législateur et sont négociés librement par les agents avec leurs clients. L’AMAI a cependant fixé un barême des commissions à ses adhèrents. Pour les transactions vente/achat, la commission est de 2,5% Hors taxes (3% TTC) sur la valeur totale du bien payable par chacune des parties (vendeur et acheteur). Un bien loué sera objet d’une commission de 1 mois H.T du montant de la location payable par chacune des parties (locataire et bailleur). Ce taux diffère si la location n’excède pas une année :une location de 3 mois (25% H.T du loyer mensuel), une location de 6 mois (50% H.T du loyer mensuel). Enfin, une location de 12 mois (1 mois H.T du loyer mensuel).

» Source de l'article: lavieeco

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