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Economie

Scolarisation : la Banque mondiale prêche la qualité

23.05.2018 - 15:02

Pour l’institution, la généralisation de l’éducation et l’élargissement de l’accès au plus grand nombre ne doit en aucun cas se faire aux dépens de la qualité des programmes. Elle insiste sur le fait que la scolarité n’est donc pas synonyme d’apprentissage.

Pour l’institution, la généralisation de l’éducation et l’élargissement de l’accès au plus grand nombre ne doit en aucun cas se faire aux dépens de la qualité des programmes. Elle insiste sur le fait que la scolarité n’est donc pas synonyme d’apprentissage.

La qualité de la scolarisation a été au centre des débats tenus à Rabat, vendredi 12 mai, au bureau de la Banque mondiale. Jaime Saavedra, directeur principal du Pôle Education à la Banque mondiale et ancien ministre de l’éducation du Pérou, a développé sur le sujet lors d’une table ronde à l’occasion de laquelle les conclusions du rapport sur le développement dans le monde, réalisé par l’institution financière, ont été reprises et expliquées sur fond de retour d’expérience et d’approches menées dans d’autres pays.

D’emblée, Jaime Saavedra n’y est pas allé par quatre chemins pour décrire la situation. «Il y a beaucoup d’élèves à l’école, mais beaucoup n’apprennent pas ou peu (…) la scolarité n’est donc pas synonyme d’apprentissage», a-t-il lancé, soulignant que les pays à faibles revenus, ou à revenus intermédiaires, étaient les plus touchés par ce qu’il qualifie de «crise de l’apprentissage». En effet, l’ancien ministre présente la problématique sous sa double facette : le nombre et la qualité. Aujourd’hui, 260 millions d’enfants dans le monde, en âge d’aller à l’école, n’y ont pas accès.

Pire, plus de la moitié d’entre eux ne sont même pas préscolarisés, «d’où la nécessité d’agir efficacement sur l’amélioration du taux de scolarité et, par là-même, l’expansion de l’accès à l’école aux enfants en âge d’y aller», explique-t-il. Pour le Maroc, et bien que des avancées significatives ont été réalisées depuis la mise en chantier des nouveaux fondements de l’Education nationale, axées sur les recommandations du Conseil supérieur de l’éducation, de la formation et de la recherche scientifique (CSEFRS), beaucoup reste, cependant, à faire.

Définition du profil des enseignants et de la formation continue

Pour M. Saavedra, «les approches qui ont le mieux réussi sont celles adoptées par des pays où l’éducation est considérée comme prioritaire par la société. Le Maroc, qui a réalisé des progrès fulgurants ces dernières années, poursuit son avancée en adoptant des approches efficaces et en participant à des programmes d’évaluation à l’international. La réforme de l’éducation est sur la bonne voie». En revanche, la généralisation de l’éducation et l’élargissement de l’accès au plus grand nombre «ne doit en aucun cas se faire aux dépens de la qualité des programmes», prévient-il. Autre point important que Jaime Saaverda a mis en exergue : la définition du profil des enseignants et de la formation continue. Confirmant que la Banque mondiale entend poursuivre son travail en étroite collaboration avec le Maroc, le représentant du Pôle Education avance qu’«une fois le taux de scolarisation grandement amélioré, ce sera à la qualité des enseignants et de la pédagogie de l’enseignement de faire la différence entre l’état actuel des choses et les objectifs fixés», a-t-il conclu.

« La moitié des élèves du primaire des pays en développement ne sait pas lire ou écrire une phrase simple ni faire une soustraction à deux chiffres. C’est la raison pour laquelle, à la Banque mondiale, nous affirmons que nous sommes face à une crise mondiale de l’apprentissage. L’apprentissage des élèves doit être la finalité de leur travail. Quant aux directeurs d’écoles, ils doivent être sélectionnés et formés pour être capables de diriger une institution complexe. Il faut aussi qu’ils possèdent des compétences pédagogiques et institutionnelles afin d’orienter et de motiver leurs équipes enseignantes pour atteindre un seul but: garantir la réalité des apprentissages de chaque élève».

» Source de l'article: lavieeco

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