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Economie

La promotion économique coûte plus de 3 MMDH annuellement au budget de l’Etat

28.08.2018 - 21:00
Le dispositif de la promotion économique, qui englobe l’ensemble des mesures promotionnelles prises par les pouvoirs publics dans les différents secteurs de l’économie nationale, coûte directement et annuellement au budget de l’Etat environ 3,1 MMDH et mobilise des ressources humaines avoisinant 1.600 cadres et agents, selon la Cour des comptes.
Dans son rapport annuel au titre de l’année 2016-2017, la Cour relève que le tourisme et l’artisanat bénéficient de l’essentiel de l’effort de promotion (66%), suivis du commerce extérieur (16%), l’investissement et la PME (13%) et l’économie sociale et solidaire (5%), rapporte la MAP.
Faisant état d’un déficit des ressources humaines, le rapport fait ressortir que les organismes chargés de la promotion manquent souvent de profils spécialisés sur certains maillons de la chaîne de valeur.
En matière d’investissement, l’évaluation faite par la Cour des comptes fait ressortir que l’AMDI (Agence marocaine de développement des investissements) n’a maîtrisé que partiellement le processus décisionnel devant aboutir à la concrétisation des projets, outre la lenteur dont souffre la procédure d’octroi des prestations et primes liées aux programmes.
Au niveau des organismes de promotion du tourisme, le rapport relève que la stratégie de promotion a été peu articulée autour du produit touristique. En effet, souligne-t-on, l’Office national marocain du tourisme (ONMT) n’a suffisamment pas réussi à explorer d’autres voies pour promouvoir des produits de niche susceptibles de faire bénéficier d’autres destinations, hors Marrakech et Agadir, des retombées des flux touristiques.
Le rapport souligne également l’absence au niveau du Plan “Azur” de processus susceptibles d’aider à l’identification des objectifs réalisables, d’allouer des moyens budgétaires et humains et de définir des tâches précises qui incombent à chaque intervenant aussi bien au sein de l’ONMT qu’au niveau des délégations du ministère du Tourisme.
Par ailleurs, en termes de capacité litière, et sur un objectif global de 57.956 lits touristiques pour les six stations du Plan Azur à l’horizon 2020, seulement 1.576 lits ont vu le jour en 2015, soit un taux de réalisation de 2,7%. Pour le volet résidentiel, ce taux est de 6,5%, précise la Cour des comptes, qui fait savoir également que le modèle économique de la SMIT a été maintenu jusqu’ici grâce aux subventions du budget général de l’Etat et au produit des cessions des terrains hérités de la SONABA et de la SNABT, alors qu’elle était appelée à développer une véritable ingénierie touristique commercialisable sur le marché, sachant que cette ingénierie constitue son cœur de métier et sa raison d’être.
Concernant la promotion de l’artisanat, le rapport souligne également que le chiffre d’affaires global ainsi que le nombre d’employés dans le secteur ont enregistré des évolutions favorables. Néanmoins, les autres indicateurs restent très éloignés des objectifs de la vision 2015. D’autre part, l’évaluation des stratégies de promotion de l’économie solidaire a permis de conclure que l’aboutissement de l’action de l’ADA demeure tributaire de l’implémentation des dispositions juridiques afférentes à l’agrégation agricole.
Par ailleurs, le rôle de Maroc Export (CMPE) en matière de promotion du commerce extérieur a montré, selon la même source, une absence de visibilité stratégique dans le domaine du commerce extérieur, marquée par des carences entravant les actions d’incitation aux exportations et au niveau de l’approche retenue en matière de promotion des exportations.
En outre, le dispositif de la promotion économique a été renforcé par l’adoption de stratégies parallèles dans les domaines du numérique et de la protection de la propriété industrielle et commerciale, dévolue à l’OMPIC, dont l’évaluation de ses actions a permis de relever de faibles réalisations de l’OMPIC dans la promotion de la protection de la propriété industrielle et commerciale.
L’évaluation du système de la promotion économique, souligne la Cour, vise à rendre compte de l’importance et de l’étendue des mesures promotionnelles prises par les pouvoirs publics dans différents secteurs de l’économie nationale, ainsi que leur impact sur l’amélioration de l’image du Maroc auprès de ses partenaires.
» Source de l'article: liberation

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