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Economie

Produits du terroir : Pleins feux sur le pavillon marocain

12.12.2018 - 18:02

Le Maroc aura brillé par sa présence au sein du SIAL Middle East. Pendant trois jours, le pavillon marocain se tiendra, en face de l’entrée principale du Salon arborant les couleurs nationales et valorisant les produits du terroir.

C’est le positionnement choisi par l’Agence pour le développement agricole (ADA) pour inviter 24 exposants à faire connaître leurs produits à Abou Dhabi du 10 au 12 décembre. Il faut dire que le Maroc participe depuis 6 ans à cet événement, mais pour élargir le marché de l’offre l’Agence a tenu à faire participer de nouveaux exposants de telle sorte à démocratiser le processus d’accompagnement promotionnel. Le choix reposant également sur la qualité certifiée par l’ONSSA et l’engouement pour les produits du terroir marocains pour ne citer que l’huile d’argan, amlou, le couscous, le miel, les plantes médicinales, les dattes… Les témoignages des exposants révèlent, d’ailleurs, des expériences inédites annonciatrices de succes stories futures. Le témoignage de Aicha Alla, présidente de la coopérative Aoumerkt, est poignant. Cette femme berbère de 46 ans, portant les habits traditionnels de la région, a les yeux qui brillent. Elle est fière d’avoir été choisie pour participer à une manifestation aussi prestigieuse.

La coopérative qu’elle a créée en 2007 produit l’argan et l’amlou et valorise les plantes comme «Ziitra», «khzama», «Chih» ainsi que les amandes naturelles grillées et le blé «zamita». Elles sont 13 femmes à œuvrer dans le cadre d’un GIE qui leur permet un accompagnement dans le conditionnement, l’étiquetage et le référencement des produits dans les marchés solidaires. Aicha est analphabète mais son élan la portera au-delà des frontières du négoce commercial. Et elle se dit prête à honorer des commandes internationales si les délais le permettent. L’entrepreneure entend bien avoir son propre local pour élargir sa production et augmenter en rentabilité. Sa motivation est réelle car l’activité qui peinait à décoller, il y a 11 ans, s’est considérablement améliorée. «Au début nous avons connu beaucoup de difficultés», confie-t-elle. La seule personne qui était lettrée dans l’équipe de Aicha s’était en effet mariée et avait quitté le navire… Avec l’accompagnement de l’agence dédiée, la coopérative compte, depuis 2009, des clients à Casablanca, en Belgique et dernièrement au marché solidaire, situé à Casa Oasis. Aicha est pleine d’espoir et d’attente !

Abdellah Zaitouni, quant à lui, a démarré son activité dans le miel. De père en fils, la production s’est développée dans le douar Tiourar dans la commune rurale Amskroud… Ce n’est qu’en 2014 que la famille crée une coopérative, baptisée Organic Beekeeping, pour bénéficier des avantages proposés par le ministère de tutelle, à travers l’agence. Très vite, l’effectif du groupement a atteint 16 personnes. De fil en aiguille, un investissement propre de 1,6 MDH a permis la construction d’une grande unité de production en 2016. Ce cap a permis, ainsi, de certifier la production qui est actuellement référencée dans le marché solidaire Casa Oasis et compte des représentants à Tanger et bientôt d’autres villes du pays. En 2015, Abdellilah décide d’exporter ses produits au Qatar via le distributeur Carrefour. Aujourd’hui, la «miellerie» collective Manahil Souss s’est agrandie et permettra d’accueillir des visites guidées pour que le public soit sensibilisé aux bienfaits du miel.

Les ruches vitrées pourront faire objet même de support pédagogique pour les enfants. La coopérative s’est aussi diversifiée en introduisant une unité d’argan, un restaurant proposant des plats bio et enfin une production de savon artisanal. Le maître des lieux est fier de préciser que sa coopérative a innové en créant pour la première fois un produit miel/chocolat et dont l’emballage moderne et pratique rappelle la cible infantile. Le vinaigre miel/thym représente également un produit de démarcation. Pour l’heure, la certification IGP (identification géographique protégée) est en cours sur des produits comme «Ziitra» et «Daghmous»…La démarche permettant d’asseoir la production à des niveaux de standards internationaux et de responsabilité sociale.  Chez Moulay Eli Dkhil, gérant de la coopérative Al Mabroum, le couscous est proposé selon les goûts. Fabriqué dans la région de Smara, sa composition de graines fabriquées à la main fait son cachet. A base d’orge, de blé, de farine ou de maïs, l’offre se veut diverse selon les habitudes de consommation. Une cinquième catégorie résultant d’un mélange des quatre ingrédients a même été conçue pour le marché de Las Palmas. Fier d’être présent aujourd’hui au SIAL Middle East, l’homme vêtu de l’habit traditionnel sahraoui évoque la nécessité de créer de la richesse dans les régions les plus reculées du pays. Sa contribution est réelle. Ses produits sont écoulés non seulement à Smara, mais aussi à Boujdour, Casablanca, Salé, Meknès et Laâyoune. Il  entend augmenter sa participation dans la croissance dans la région à travers la modernisation du matériel. Seul hic, la source de financement. Moulay Ali demeure optimiste.

L’histoire de Malika Nakkach, présidente de la coopérative Al Iklil basée à Sefrou, justifie largement sa présence au Salon. La jeune femme diplômée en droit a cédé à sa passion pour les plantes médicinales, cultivées depuis l’âge de 10 ans avec sa grand-mère qui était considérée à Fès comme l’une des références dans l’utilisation des plantes à des fins médicinales. C’est ainsi qu’à 25 ans Malika décida d’abandonner son métier d’institutrice de la langue arabe pour reprendre le flambeau et porter la production de citronnelle, menthe, lavande et marjolaine en dehors des portes de l’Atlas. «Nous sommes fiers d’avoir transporté le safran de Tiliouine à Sefrou», poursuit la jeune femme qui a suivi une formation dans le domaine des plantes médicinales à Toulouse où une partie de sa famille est installée. Produits naturels anti-chute, bain de bouche pour soulager les douleurs des gencives, poudre à base de camomille et de romarin efficace pour les maux des intestins, la liste est longue. La dame ne se lassera pas d’expliquer les vertus des plantes qu’elle utilise dans un dialecte, à la fois, poétique et précis.

Déclaration d’El Mahdi Arrifi, DG de l’Agence pour le développement agricole

«Nous avons tenu, cette année, à inviter uniquement des exposants qui n’ont jamais eu l’opportunité d’exposer au SIAL Middle East; ceci pour élargir le maximum de participations des coopératives. Cela permet de les identifier et de les accompagner dans leur mise à niveau. L’accompagnement, proprement dit, s’effectue à deux niveaux. Déjà il s’agit d’accompagner les coopératives dans la construction, l’aménagement et le respect des normes sanitaires.

Le financement peut aller jusqu’à 100% des investissements de telle sorte à créer de la richesse sur place. Le second niveau ,que je qualifierais de soft, renvoie à l’effort en formation que nous réalisons en faveur des porteurs de coopératives de telle sorte à ce qu’ils puissent savoir gérer leur unité. Cela dit, les rencontres B to B qui sont effectuées dans les salons internationaux sont conduites aussi par des experts de l’agence, ce qui permet de faciliter l’interprétation et les négociations. En clair, nous adaptons les langages selon le niveau d’étude des candidats à la formation selon des programmes d’études identifiés et par voie d’appels d’offres.

Le public concerné bénéficie aussi de formations en technique commerciale, en matière de conditionnement et d’étiquetage. L’accompagnement des coopératives s’effectue aussi dans la commercialisation des produits sur le marché national et international. En 8 ans, le ministère de tutelle a dédié une enveloppe de 430 MDH pour 600 coopératives au bénéfice de pas moins de 30.000 producteurs !»   

    

DNES à à Abou Dhabi

Dounia Essabban

» Source de l'article: aujourdhui

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