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Ali Rguigue : «Le pari qu’a réussi Artcoustic est d’imposer le contenu digital d’utilité publique»

24.03.2019 - 12:02

Entretien avec Ali Rguigue, cofondateur et DG de la société Artcoustic

Nous avons été les premiers  à communiquer sur le flottement du dirham. Après avoir sorti cet épisode, Bank Al-Maghrib nous a sollicités pour faire des capsules très cadrées par rapport au sujet.

ALM: Présentez-nous, tout d’abord, Artcoustic

Ali Rguigue : Artcoustic est une «Content Factory» ou, autrement dit, une usine de contenu. Notre prestation phare est la simplification et la vulgarisation de l’information à travers un contenu digital créatif. Notre mission est d’investir sur des sujets d’actualité de nature complexe et de les simplifier au maximum afin de les transmettre au grand public. Mais avant d’en arriver là, Artcoustic est née d’une amitié entre trois jeunes de backgrounds différents (musique, cirque et photographie). Nous avons démarré en tant que studio d’enregistrement avant de prendre cette orientation de production de contenu.

Justement pourquoi avez-vous choisi ce créneau ?

Nous vivons dans un contexte particulier où les Marocains consomment beaucoup de contenu digital. Un contenu qui malheureusement de nos jours est dévalorisant mais qui plaît à une large cible. Le pari qu’a réussi Artcoustic est d’imposer le contenu digital d’utilité publique. Les institutionnels suivent ce trend et se montrent beaucoup plus en avance sur ce créneau par rapport aux entreprises. Nous opérons aujourd’hui une nouvelle forme de communication dans laquelle le contenu est la principale matière. L’enjeu étant de simplifier le message pour qu’il soit bien assimilé par le grand public. D’où l’effort de la vulgarisation et de la sensibilisation. La production ne se fait pas aléatoirement, au contraire il y a un temps à l’investigation, à la rédaction et à la réalisation qui se fait sur le script.

Quelles sont les thématiques sur lesquelles vous avez travaillé ?

Nous avons commencé en 2014 avec l’Union européenne à travers des capsules qui expliquent sa mission au Maroc. Nous avons ainsi repris tout l’historique de l’Union européenne sous forme d’histoire attrayante. Les gens ont commencé à adhérer petit à petit. Nous avons été, également, les premiers  à communiquer sur le flottement du dirham. Après avoir sorti cet épisode, Bank Al-Maghrib nous a sollicités pour faire des capsules très cadrées par rapport au sujet. Nous avons également pour partenaires l’ambassade des Etats-Unis au Maroc, le Conseil supérieur de l’éducation et de la formation ainsi que les banques pour la partie e-learning mais cette fois-ci dans un format ludique avec une touche créative décalée. Nous avons traité une variété de sujets qui intéressent l’ensemble des Marocains, notamment la TVA, le boycott. Nous sommes  en train de préparer un épisode sur la retenue à la source. Il y a plusieurs thématiques à traiter et de choses à clarifier et c’est là que nous intervenons. Notre rôle est d’aplatir ces connaissances dans un format très court pour qu’il soit bien retenu par le citoyen marocain.

Quel impact a ce contenu sur le Marocain ?

Je vous raconte une anecdote. J’étais dans un patelin en train de faire quelques courses soudain j’observe un homme en train d’expliquer à son ami les principes du flottement du dirham. Je suis parti l’aborder et lui demander d’où il tient ces informations. à ma grande surprise il m’a dit que c’est de la capsule que nous avons faite. Cet exemple illustre clairement l’impact qu’a ce genre de contenu sur les citoyens. Il en est de même pour l’histoire de «We love Casablanca», objet d’un «bad buzz» à l’époque. En expliquant ce qui est une marque territoriale et en impliquant les gens dans ce processus les choses se sont calmées. Pour ce qui est du boycott, nous avons mené un travail d’investigation pour permettre aux gens de bien comprendre sur quelle base se fait le pricing de l’un des produits qui a été ciblé par ce mouvement. Ce que je peux vous dire c’est qu’il y a une grande réceptivité aussi bien de la part du public que des institutionnels. Conscients de l’impact de ce nouveau mode de communication, les institutionnels se sont montrés beaucoup plus matures et sont venus greffer la communication classique au contenu. Ce qui nous a motivés de nous développer davantage et de mettre en place des départements de production spécifiques à notre coeur de métier.

Qu’est-ce qui est le plus facile : Collaborer avec les institutionnels ou bien les marques ?

Nous avons la main de forcer un petit peu le client à nous suivre sur le sujet mais ce n’est pas toujours le cas pour la marque, et ce compte tenu du ton promotionnel à adopter. Du coup la prise de parole doit être un petit peu carrée et chartée. Mais n’empêche, nous avons atteint de bons résultats avec les entreprises. A titre d’exemple nous avons été primés à trois reprises pour le dispositif digital que nous avons conçu pour un acteur marocain de transfert d’argent. De même, nous avons eu en  2018 le maximum d’interactions avec toutes les marques du Maroc.

Les gens ont souvent tendance à lier Artcoustic à Aji Tefhem. Y a-t-il une corrélation entre les deux plateformes?

Artcoustic est une structure autonome avec ses partenaires et sa façon de faire. De même, Aji Tefhem est une plateforme de développement à part entière qui ne communique ni des marques ni des institutionnels. Artcoustic a développé un important  référentiel au fil des ans. Si l’on ne travaille pas avec l’annonceur directement, nous sous-traitons 90% des grandes agences de communication, soit parce que le client nous a recommandés ou bien lesdites agences n’ont pas la capacité de simplifier le sujet abordé comme nous le faisons. Il faut dire que personne au Maroc ne fait le type d’animation que nous présentons.

Que prévoyez-vous pour 2019 ?

Nous entamons cette année une nouvelle phase de notre développement. 2019 va être charnière en termes de nouveautés et d’annonces. Nous sommes actuellement sur toute la partie communication du Conseil de l’éducation et de la formation. Nous préparons également des capsules relatives au service militaire obligatoire ainsi que d’autres projets.

Comptez-vous à l’avenir encadrer les futurs influenceurs pour sortir un peu de la tendance actuelle que connaît le monde digital ?

A travers nos contenus dont certains ont atteint les 6 millions de vues, nous éduquons les influenceurs au côté créatif. Nous voulons qu’ils s’identifient à ce genre de produit. Nous recevons d’ailleurs énormément d’influenceurs chez nous. Notre porte leur est grande ouverte. Nous travaillons aujourd’hui sur un projet intéressant, à savoir la création de l’Association des créatifs communicants marocains qui inclut influenceurs et youtubeurs et dont la mission est d’éduquer au métier du digital. Notre ambition est que ces jeunes puissent s’aligner sur du bon contenu, un contenu «impactant» et non pas chercher le «buzz».

» Source de l'article: aujourdhui

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