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La convention de Vienne bafouée à Madrid : Des petits calculs qui n’entravent pas les grandes ambitions

26.02.2014 - 13:02

Il doit exister un lien de cause à effet entre la gravité d’une crise socioéconomique dans un pays et le degré de respect des lois dans ce pays. La crise semble avoir eu un effet dévastateur sur la capacité des autorités françaises et espagnoles à tenir compte des engagements internationaux de leurs Etats. Après les policiers français qui ont débarqué, le jeudi 20 février, à l’ambassade du Maroc à Paris, à la recherche du patron des services de contre-espionnage marocain, pêchant par excès de zèle et court-circuitant les canaux judiciaires conventionnels déterminés entre les deux pays amis. C’est au tour des policiers espagnols, deux jours plus tard, de pêcher par laxiste passivité.
16 jeunes individus, qui seraient originaires des provinces du sud du Royaume, ont tenté, samedi 22 février, d’escalader le mur d’enceinte de l’ambassade du Maroc à Madrid, afin d’accéder aux locaux de la représentation diplomatique marocaine en Espagne et d’y accoler une banderole, d’après une information diffusée par le site d’information «andaluspress.com».
Les services de sécurité de la représentation ont été vigilants et ont paré efficacement à l’invasion des agents subversifs polisariens. Pendant ce temps, les agents de la police espagnole regardaient faire sans bouger le petit doigt ! Les motifs invoqués par la police du voisin ibérique pour justifier son inaction sont, franchement, une insulte à l’intelligence. La manifestation serait «spontanée» ! En conséquence de quoi, empêcher 16 intrus d’essayer de pénétrer dans l’enceinte de la représentation diplomatique du Royaume du Maroc aurait été une «entrave à la liberté d’expression» !
Mais ce n’est pas tout. La police espagnole a avancé un autre argument, tout aussi «massif» que le premier. A moins de vingt envahisseurs, les agents de la police espagnole ne seraient pas autorisés à intervenir.
Avis à tous les intéressés: à 19 assaillants, limite du seuil qui serait tolérable par la législation espagnole, toutes les ambassades à Madrid leurs sont accessibles à l’offensive. Compte non tenu, cependant, de la possibilité de se retrouver face à des agents de sécurité qui font vraiment leur travail pour mériter leurs salaires.
On aurait beau lire, dans tous les sens, les Convention de Vienne sur les relations diplomatiques de 1961 et celle sur les relations consulaires de 1963, pas un article ne fait mention d’un nombre minimum d’individus voulant pénétrer par effraction dans l’enceinte d’une représentation diplomatique pour que les autorités du pays accréditaire se sentent enfin dans l’obligation de faire respecter l’inviolabilité d’une mission diplomatique.
Le deuxième paragraphe du 22ème article de la Convention de Vienne de 1961 est pourtant clair comme de l’eau de roche: «L’État accréditaire a l’obligation spéciale de prendre toutes mesures appropriées afin d’empêcher que les locaux de la mission ne soient envahis ou endommagés, la paix de la mission troublée ou sa dignité amoindrie». Le troisième paragraphe de l’article 31 de la Convention de Vienne de 1963 n’en dit pas moins: «L’Etat de résidence a l’obligation spéciale de prendre toutes mesures appropriées pour empêcher que les locaux consulaires ne soient envahis ou endommagés et pour empêcher que la paix du poste consulaire ne soit troublée ou sa dignité amoindrie».
Tout aussi évident est le principe de la primauté des dispositions du Droit international sur les lois nationales.
Personne n’irait faire croire aux Marocains que les services de police espagnols ignorent la loi où ne savent pas l’interpréter. Qu’est-ce qui pourrait bien expliquer que les autorités espagnoles en arrivent à accepter de se comporter comme celles de l’Iran khomeyniste ? C’est, en effet, dans les annales de l’Histoire des relations internationales, le seul Etat dont les autorités ont fermé les yeux, en 1979, sur l’attaque de l’ambassade des Etats-Unis par un groupe de violents illuminés, qui ont pris des diplomates en otage.
Pour parvenir à se faire une idée sur les tenants et aboutissants de toutes ces provocations grossières à l’égard du Maroc, qui se sont succédées à un rythme cadencé ces derniers jours, il est indispensable de rassembler toutes les pièces du puzzle avant de les emboîter.
Pendant que les miliciens du Polisario tapaient sur les habitants révoltés des camps de la honte de Lahmada, en Algérie, pour les faire taire, et que les amazighs mozabites et les arabes chaâmbas s’entretuaient, à Ghardaïa, sur fond d’antagonismes ethnico- religieux, les dirigeants algériens, occupés à se battre entre eux pour le pouvoir et sa manne, dans la perspective des prochaines élections présidentielles, se sont sentis indisposés par les remontrances des organisations internationales de Droits de l’homme, qui leur reprochent d’être le seul pays de la région à ne pas avoir signé le Protocole facultatif à la Convention des Nations Unies contre la torture. Et de ne pas leur permettre d’enquêter sur le territoire du pays voisin de l’est.
Après la grosse déception causée aux dirigeants algériens par le récent retrait de la reconnaissance de la fantomatique RASD par le Panama, la vraie gifle est venue, cependant, de Bamako. Et il semblerait que les répercussions géopolitiques régionales du rapprochement maroco-malien, initié par SM le Roi Mohammed VI et le président M. Ibrahim Boubacar Keïta, aient eu un impact non seulement à l’est du Oued Isly, ce qui était tout à fait prévisible, mais également sur l’autre rive de la Méditerranée. Le marché, devenu très prometteur, des pays d’Afrique subsaharienne, fait désormais littéralement baver, même ceux qui n’y croyaient pas du tout quand les entreprises-fourmis marocaines s’y activaient.

» Source de l'article: lopinion

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