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« Les Français c’est les autres », le docu d’Ulad Mohand qui fait un carton en France

04.03.2016 - 23:12

Mohamed Ulad Mohand a co-réalisé un documentaire sur les questions d’identité, de jeunesse et d’immigration qui fait couler de l’encre en France et a scotché de nombreux français devant leur poste.

750 000 téléspectateurs français, selon des chiffres encore inédits, étaient devant leur poste le 3 février pour regarder Les Français c’est les autres, coréalisé par le marocain Mohamed Ulad Mohand. La chaîne publique France 2, avec 10% des parts de marché, est passé lors de cette soirée, devant TF1, un fait rare. Pourtant, France 2, le déconseillait au moins de dix ans et le site d’informations français Rue89 remarque : « C’est un de ces documentaires programmés à 23h30 dont on se dit que la France entière devrait le voir. Sans doute le programmateur de France 2 a-t-il estimé qu’il était « trop dur » pour 20h30, quand c’est en fait la réalité filmée qui l’est. »

« Sans concession« , « un film qui montre la complexité« … La presse française a bien accueilli le documentaire Les Français c’est les autres, cosigné Isabelle Wekstein-Steig et Ulad Mohand, connu au Maroc pour son film Hercule contre Hermès. Ce film, diffusé sur 2M et Arte en 2012 avait défrayé la chronique en devenant un feuilleton judiciaire opposant le réalisateur et la chaîne marocaine au patron français Patrick Guerrand-Hermès.

Des paroles brutes

Ulad Mohand ne s’étonne pas tant du succès critique de Les Français c’est les autres. Le sujet, il faut le remarquer, est polémique. À l’écran, on voit de jeunes français, le plus souvent d’origine immigré, rejeter en bloc l’appartenance à la France et clamer d’autres appartenances identitaires. »Je pense que si ce film a eu un tel engouement c’est parce que nous avons décidé de donner la parole à ces jeunes français issus de l’immigration. On a l’habitude de regarder des films sur ces sujets portés par des sociologues, historiens, hommes politiques… Mais rarement, un film a laissé s’exprimer ces jeunes sur leur malaise identitaire. Bien sûr, leurs paroles sont brutes, choquantes, parfois antisémites mais aussi émouvantes. Et cela en dit beaucoup sur l’étendu de leur malaise » nous dit-il.

Le film est né d’interventions que Ulad Mohand menait dans des classes françaises avec Isabelle Wekstein-Steig, « pour lutter contre toutes les formes de racisme« . »Peu à peu, nous avons découvert que la question de la relation de ces jeunes à leurs pays pouvait faire un sujet de film intéressant« . Et de raconter cette scène, visible dans le documentaire, et que la chaîne France 2 narre pour présenter le film sur son site : « Quand nous demandons à ces jeunes « Qui est de nationalité française ? », tous lèvent alors la main. Puis nous ajoutons : « Et qui se sent français ? », et là aucune main ne se détache. » Ulad Mohand, concède avoir lui-même beaucoup appris lors du tournage. Et résume, lapidaire : »l’intégration à la française est en panne. La France est un pays très centralisé qui regarde ses immigrés avec méfiance et de haut« .

» Source de l'article: telquel

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