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International

Divisée, l’UE compte sur la Turquie pour stopper les migrants

06.03.2016 - 16:58

L’Union européenne, en quête d’unité, va faire pression lundi sur Ankara, consciente que la Turquie détient la clé pour l’aider à maîtriser la crise migratoire qui menace son existence même.

Les 28 doivent rencontrer lundi à Bruxelles le Premier ministre turc, Ahmet Davutoglu, alors que l’arrivée de 1,25 million de demandeurs d’asile divise comme jamais l’UE. Ce sommet, le deuxième en moins de quatre mois, survient dans un climat de frictions récurrentes entre l’UE et la Turquie, la première s’inquiétant de la répression contre les médias hostiles au Président Recep Tayyip Erdogan, comme l’a encore montré ce week-end la mise sous tutelle d’un quotidien d’opposition turc.

Fin novembre, l’UE avait déjà signé un «plan d’action» avec Ankara pour stopper les migrants quittant par milliers les côtes turques à destination des îles grecques. Après une tournée dans les Balkans, en Grèce et en Turquie, le président du Conseil européen, Donald Tusk, a cru déceler vendredi «un consensus européen (…) autour d’une stratégie globale, qui, si elle est mise en œuvre de façon loyale, peut aider à endiguer les flux» migratoires. Sa solution : appliquer à la lettre les accords de libre circulation de Schengen, en ne laissant entrer en Grèce que les personnes qui déposent une demande d’asile. Ce qui doit permettre de lever d’ici fin 2016 les contrôles frontaliers décidés unilatéralement à l’intérieur de l’UE pour arrêter l’avancée chaotique de migrants vers le nord de l’Europe, puis expulser en masse tous les «migrants économiques» vers la Turquie, qui les renverra vers leur pays d’origine. Reste à convaincre Ankara de tenir ses promesses de novembre, en mettant en œuvre dès le 1er juin un accord de réadmission en Turquie des migrants irréguliers. Les Européens veulent aussi que les Turcs renforcent la lutte contre les passeurs qui opèrent depuis ses côtes. En signe de bonne volonté, Ankara vient d’accepter de reprendre plus de 800 migrants originaires du Maghreb depuis la Grèce. La situation reste néanmoins préoccupante. 32.000 migrants sont bloqués en Grèce, dans des conditions misérables, depuis les fermetures successives des frontières des pays des Balkans et d’Europe centrale par lesquels ils ralliaient l’Allemagne et la Scandinavie. L’UE devrait rapidement débloquer une aide inédite (700 millions d’euros sur trois ans) pour aider Athènes, plongée dans une terrible crise économique.

» Source de l'article: lematin

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